bonjour,

je suis responsable de l’entraînement de tous les jeunes de mon club de football.jaimerai savoir à partir de quel âge un test de Cooper peut être utile (on trouve de tout à ce sujet dans la littérature !!) et si il existe des équivalences de durée pour comparer les jeunes des catégories inférieures (car ils seraient peut être trop jeunes)aux plus vieux (et ainsi déterminer une progression ou non dans le cadre d’un suivi longitudinal).

j’ai également remarqué que les enfants (très jeunes)qui "courent vite" sont souvent ceux qui courent beaucoup (en match par exemple).peut on y voir l’action du développement des connexions neuronales ?(l’automatisation du geste de course aura fait que celui-ci pourra être réalisé plus efficacement et plus rapidement).
Merci d’avance et bravo pour votre site.
Cyril


REPONSE

Cyril,
Merci de vos encouragements pour notre site. C’est un travail considérable qui est passionnant et je suis particulièrement heureux de pouvoir répondre à vos questions bien que ce ne soit pas toujours facile.
Si je prend l’avis d’une personnalité du monde médical, qui n’est pas un homme de terrain, je lis « le test de Cooper ou de distance maximale parcourue en 12 minutes, est bien corrélé à la valeur de la VO2 max. mesurée en laboratoire, mais il doit être évité dans la mesure du possible car il demande un effort maximum qui s’effectue sans contrôle médical. »
Cet auteur, qui a rédigé un ouvrage sur la médecine du sport, demande que le test de Cooper ne soit effectué que chez des sujets qui ont été contrôlés du point de vue cardio vasculaire pour éviter des incidents et des accidents.
Un jeune médecin militaire d’une unité d’élite a rédigé un mémoire de médecine du sport à Montpellier sur le danger réel du test accompli par des jeunes recrues. Ce travail fait état d’accidents mortels imprévisibles avec ce type de test. J’ai rencontré ce médecin et lu son travail et j’avoue que je préfère renoncer à ce test si la visite médicale n’a pas été réalisée avec grande attention.
Comme vous surveillez un club, vous faites le test avec des jeunes qui ont subi un examen médical, ce qui fait tomber les réticences médicales bien justifiées.
D’après quelques références que je peux vous communiquer, le coefficient de corrélation trouvé par Cooper était de 0,90 donc excellent entre VO2 max. et distance parcourue en 12 minutes en courant et marchant s’il le faut pour terminer, mais sur 47 hommes de 17 à 54 ans avec des masses corporelles très différentes entre eux et des valeurs de VO2 max. dispersées entre 31 et 59 ml / kg / mn.
En 1968, Doolittle et Bigbee trouvèrent la même corrélation avec des garçons de 9 ans.
Par contre, Maksud et Coutts en 1971 ont travaillé sur des garçons de 11 à 14 ans et n’ont trouvé qu’une corrélation moins bonne voisine de 0,65, ce qui à mon avis est déjà pas mal.
En 1973, Katch a travaillé avec 36 collégiennes et a trouvé une corrélation à 0,70.
Sans être savant, on comprend que l’âge et le sexe ainsi que la masse corporelle interviennent dans l’interprétation des résultats, et qu’il faudrait avoir des tables multiples pour ne pas juger les enfants sur des tables d’adultes.
Par conséquent, si vous utilisez le Cooper avec des jeunes, sachez que vous n’aurez que des résultats approximatifs, d’autant plus que des sujets inexpérimentés ont du mal à trouver un rythme de course efficace au maximum. En partant trop vite ils peuvent fabriquer vite de l’acide lactique et se retrouver forcés de ralentir très tôt, d’autres peuvent partir trop lentement et perdre du temps.
Dans ce cas, le mieux pour les juger sur le Cooper est de leur faire faire plusieurs fois et surtout de leur avoir montré des camarades le faire avant eux, ou faire expliquer à ceux qui l’ont déjà fait, les erreurs à ne pas commettre.
On lui reproche aussi sa trop longue durée et le fait que les sujets doivent être motivés.
Honnêtement, même si les jeunes ont eu la visite médicale, je vous déconseille ce test surtout chez les enfants.
On ne sait jamais. Car tout accident retombera sur vous, même si vous n’y êtes pour rien.
Quant à ceux qui courent vite et beaucoup, il y a plusieurs causes possibles. La motivation est l’une d’entre elles. Il faut aussi penser à la maturation musculaire qui diffère d’un sujet à l’autre surtout chez les garçons, certains ayant une bonne année d’avance du point de vue musculation par rapport à d’autres du même âge.
Comme vous le dites, ceux qui ont acquis une bonne coordination neuro-musculaire et de bons récepteurs tendineux et articulaires, ont un sens de l’effort très pointu. En réalité, pour eux, la pratique d’un sport les comble de joie car en eux se réalise le miracle de la facilité quand les autres qui sont à la période de l’apprentissage du geste, restent au stade sport = épreuve.
Avec mes amitiés sportives.
Cyber@lbert

Question du samedi 28 juin 2014



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