bonjour,nous sommes élèves de 1er S et nous faisons un TPE sur le surentrainement,nous aurions cette question à vous poser :
Quelles sont les limites avant d’atteindre,d’entrer dans le surentrainement ?
merci de nous répondre


REPONSE

Joana,
Il n’y a pas de limites fixes pour l’arrivée du surentraînement car cela varie d’un sportif à l’autre selon son état de santé et son environnement. Comment prévoir à l’avance que tel ou tel sportif qui a supporté pendant des mois une charge de travail va soudain ne plus être capable de maintenir cet effort ? En réalité c’est à chaque entraîneur, à chaque staff médical de suivre attentivement le comportement de l’athlète, tous, du masseur et du kiné au médecin du club, entraîneur, responsable de la condition physique…Le vrai problème c’est d’avoir l’intelligence de détecter les symptômes de son installation. Or ces premiers symptômes sont très discrets.
Voici des extraits d’une réponse déjà donnée par Jean-Marc.
« Les symptômes du surentraînement sont variés mais on note surtout des signes cliniques (fatigue, insomnie, anorexie, état dépressif). Se détache donc l’importance de la composante comportementale. Au total, il s’agit d’un champ de détection vaste avec un retentissement certain tant sur la sphère physiologique que psychologique mais sans aucun signe pathognomonique certain. En conclusion, l’expression la plus évidente du syndrome est un ensemble hétérogène de signes psycho-comportementaux s’accompagnant d’une diminution des performances et d’une perturbation de l’homéostasie.
Il existe dans la littérature plusieurs questionnaires de type auto-évaluatifs dédiés à la détection du syndrome, qui cherchent à mettre en évidence non seulement une baisse du niveau des performances mais aussi des modifications du comportement habituel pouvant notamment affecter les sphères somatiques (altération de l’état général, amaigrissement, pâleur, troubles digestifs, appétit, transit, ballonnements, gastralgies, troubles du sommeil, perturbation de l’activité sexuelle, fatigue musculaire et sensorielle, courbatures, crampes, céphalées, vertiges), intellectuelles (troubles perceptifs, fatigabilité intellectuelle), psychoaffectives (contact difficile, hostilité, retrait, modifications de l’état émotionnel, modifications de l’humeur, modifications de l’état d’anxiété) et volitionnelles (diminution de la volonté, troubles du caractère).
La recherche a démontré que lorsque survient un déséquilibre entre exercice et récupération, la perturbation de l’homéostasie est difficilement restaurée, les désordres cellulaires, organiques, musculaires et métaboliques ont du mal à se réguler. S’il est difficile de dégager des marqueurs biologiques spécifiques, on peut cependant en sélectionner certains qui peuvent contribuer à l’orientation du diagnostic. Quatre grands pôles d’exploration peuvent ainsi être envisagés :
a. Le système de transport de l’oxygène
Au niveau du compartiment sanguin, le surentraînement peut s’assimiler à une sorte « d’anémie du sportif » s’exprimant par des modifications au niveau du bilan du fer. Celle-ci est suspectée dès lors qu’un des paramètres suivants descend au-dessous d’une valeur seuil (Williamson, 1981) :- Ferritine < 12 ng.ml-1
- Fer sérique < 50 µg.dl-1
- Saturation sidérophyline < 16 %
- Hémoglobine < 14 mg.dl-1 chez l’homme et < 12 mg.dl-1 chez la femme.
b. La fonction immunitaire
La recherche s’est orientée vers un marqueur dénommé IGA salivaire (immunoglobuline A). Un excès d’entraînement provoquerait son immuno-dépression ce qui favoriserait l’apparition de troubles au niveau du tractus respiratoire et expliquerait les infections de la sphère ORL signalées dans le tableau 1. Mais le suivi de ce marqueur reste pour l’ instant réservé au domaine scientifique car il nécessite un matériel complexe et coûteux (appareil centrifuge, étuves, micro-plaques, lecteur spécifique etc.).
c. Les conséquences métaboliques de l’activité musculaire
D’une part, la prise en compte de la variation du taux de base d’acide urique comme index du surentraînement paraît judicieuse dans la mesure où une augmentation importante de la charge de travail stimule le catabolisme protidique, ce qui amène une négativisation de la balance azotée. Il en résulte une augmentation de la production d’ammoniaque stimulant l’ uréogénèse hépatique et la production d’acide urique. (Kirwan et coll,1990).
D’autre part, une charge intensive d’entraînement provoque la mobilisation excessive des protéines contractiles, entraînant un phénomène de rhabdomyolyse (altérations structurales musculaires / micro lésions traumatiques). Cela est mis en évidence par l’élévation plasmatique de créatine phosphokinase (CPK) et de lactate déshydrogénase (LDH) qui peuvent présenter des variations persistant plus longtemps en période de surentraînement (U. Hartmann, J. Mester, training and overtraining markers in selected sport events, Med Sci Sports Exerc, 2000-1, p209-215). (Les CPK sont des enzymes résultant de la dégradation des cellules musculaires suite à un effort physique traumatisant. Lorsqu’on effectue un entraînement intensif, les CPK dégradés passent dans le compartiment sanguin devenant ainsi de véritables marqueurs de la fatigue musculaire).
d. La fonction hormonale
Les contraintes tant physiologiques que psychologiques d’un entraînement intense sont liées à l’élévation d’endorphines résultant du stress. Une augmentation des endorphines au niveau du système nerveux central entraîne la perturbation de l’homéostasie neuro-endocrinienne en diminuant la libération des gonadotrophines hypophysaires (l’hormone lutéinisante, LH) qui régule la production de testostérone par les cellules de Leydig. Un suivi de l’involution de la testostérone est donc pertinent et envisageable (Guézennec et al, 1984). ». signé Jean-Marc
La bêta-endorphine est également incriminée dans la mesure où elle est sécrétée par l’hypophyse chez le sujet soumis au stress. Elle stimule l’ouverture des canaux potassiques et inhibe celle des canaux calciques

Question du samedi 5 juillet 2014