bonjour, nous sommes 3 elesves de terminale S.Nous effectuons un tpe sur le syndrome du surentrainement.Nous aimerions que vous nous communiquiez des données sur des sportifs ayant connus ce syndrome,des statistiques...pour que l’on s’appuie sur des choses concretes.merci d’avance


REPONSE

Emma,
Il est difficile de trouver des sportifs en surentraînement car c’est un diagnostic difficile. C’est une notion très générale qui rassemble beaucoup de manifestations touchant le physique et le psychique. Il est dû à des erreurs d’entraînement qui sont trop intenses et / ou mal réparti selon les jours de la semaine et les époques de l’année sportive (compétitions)
Voici un exemple cité par Carl Foster dans « le syndrome de surentraînement » Insider, volume 7, N° 1, Mai 1999, page 4. Cet exemple précis décrit 2 types d’entraînements dont un, le varié, donnera des résultats meilleurs.
« Figure 2- exemple sous forme de schéma, d’un programme d’entraînement d’une semaine avec la même charge d’entraînement quotidienne mais un programme plus ou moins varié.
Dans le programme monotone, les sportifs effectuent 80-90 minutes d’exercice soutenu par jour à un niveau subjectif de difficulté évalué à 4,5 (assez difficile à difficile) et 55 minutes d’entraînement intermittent à un degré noté 8 (très-très difficile) Le sportif dispose d’un jour de repos par semaine.
Dans le programme varié, les sportifs effectuent deux jours d’entraînement intermittent de 60 minutes à un degré de 8 (très-très difficile) une journée comportant 2,5 heures d’entraînement à degré 4 (assez difficile) suivie de trois jours de récupération comportant 40 minutes à un degré 3 (exercice modéré) . Le sportif dispose d’un jour de repos par semaine. Bien que les charges d’entraînement journalière moyenne et hebdomadaire soient égales, (de même que le nombre de séances par semaine), et devraient théoriquement permettre d’obtenir les mêmes améliorations de performances, la monotonie des programmes, exprimée par la moyenne / écart type, apparaît au moins deux fois plus importante dans le programme monotone. (Je ne comprends pas ce que signifie cette phrase)
La probabilité d’effets négatifs liés à la contrainte de l’entraînement est ainsi de deux fois plus élevée dans le programme d’entraînement monotone.
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Cet exemple difficile à se représenter sans un schéma, permet de comprendre que les meilleurs résultats sont obtenus en ayant trois journées difficiles par semaine et des journées faciles, plutôt qu’un entraînement monotone (qui ne signifie pas ennuyeux)
Si l’on souhaite augmenter la charge d’entraînement, il vaut mieux augmenter son intensité les jours difficiles, que de réduire les journées faciles ou de les intensifier.
Un autre exemple différent mais statistique :
Un travail « augmentation paradoxale de l’insuline chez des sportifs surentraînés » de P. Pilardeau Cinésiologie 2001, N° 197-198, Page 79, sélectionne des sportifs sur interrogatoire. Les questions posées concernaient une baisse de performance, une asthénie physique et/ou psychique pendant la compétition, des sensations de lourdeurs ou de crampes musculaires, l’impression d’être dans l’incapacité d’accélérer. Sur 12 sujets détectés, 7 venaient du marathon, 2 du semi marathon, 3 du triathlon.
Vous pourriez prendre l’interrogatoire spécial de détection du surentraînement et le faire remplir par des sportifs d’un club de votre ville, avec la complicité du médecin du club et de l’entraîneur. Jamais sans eux !
Voici enfin un résumé sur le surentraînement qui peut vous aider

SURENTRAÎNEMENT
DEFINITION

Il ne faut pas confondre le surentraînement, avec la fatigue ressentie après un entraînement trop fatiguant. Dans ce cas, on parle plutôt de surmenage.

Les médecins et les entraîneurs disent syndrome de surentraînement (un syndrome étant défini comme un "ensemble de signes, de symptômes, de troubles dont les causes sont inconnues ou multiples").
On parle de surentraînement quand on constate une baisse inexpliquée des performances chez un sportif qui ne souffre d’aucune maladie particulière et qui a une activité physique habituellement très importante. La diminution de ses capacités n’est pas améliorée par quelques jours de repos.
Les sportifs ayant un entraînement modéré ne présentent jamais ces signes.
Le surentraînement comporte un ensemble de signes et de symptômes décrits par le sportif ou observés par le médecin. Il s’agit en fait d’une sorte de fatigue chronique, difficile à expliquer et à définir, d’un état qui dure et qui retentit sur le corps et sur le psychisme.
Tous les sportifs peuvent en être atteints un jour ou l’autre, mais les pratiquants de l’endurance semblent être plus nombreux à en souffrir que ceux qui réalisent des efforts de puissance et vitesse.
Il n’existe pas de traitement du syndrome de surentraînement car ce n’est pas une vraie maladie La seule issue est le repos prolongé avec entretien physique et soutien psychique sous surveillance de l’entraîneur et du médecin. Le sportif doit renoncer provisoirement à la compétition de haut niveau. Tout rentrera dans l’ordre après un temps qui peut être variable d’un sujet à un autre.

SIGNES

Les signes du surentraînement sont les mêmes que ceux que nous avons décrit dans le chapitre de fatigue chronique :

baisse des performances
perte de l’esprit de compétition
fatigue précoce pour des efforts raisonnables
excitation anormale ou indifférence et détachement peut-être même dépression
isolement volontaire dans les sports d’équipe
sommeil difficile ou trop facile
diminution des besoins sexuels et chez les femmes possibilité d’absence des règles
troubles de l’appétit avec ou sans modification de poids
fragilité vis à vis des maladies saisonnières de type infectieux
fréquence cardiaque de repos souvent légèrement augmentée (de 4 ou plus)
tension artérielle de repos souvent légèrement augmentée (surtout la minimale)
sensation de malaise en passant de la position couchée à la position debout
signes d’hypoglycémie d’effort, fringale
après effort, retour plus long à la normale de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle
modifications des résultats physiques et biologiques aux épreuves d’effort
certaines analyses de sang peuvent apporter des résultats anormaux
une enzyme du muscle (CPK) passe d’avantage dans le sang
le taux de fer du sang est plus bas
des dosages hormonaux, difficiles à réaliser, peuvent être anormaux. On comprend cela puisque le désir sexuel diminue et que les règles sont parfois perturbées

CAUSES

Pour atteindre le niveau de l’élite, certains sportifs sont amenés à subir des charges d’entraînement insupportables. Il n’est pas question pour eux de prendre du temps de récupération. Des heures de repos avec des activités d’entretien ne sont pas intégrées pour créer des coupures. Les seules activités extra-sportives qui devraient détendre l’athlète, sont souvent consacrées à des obligations pénibles mais incontournables de la vie de tous les jours !
Les taux d’hormones perturbés peuvent expliquer certains signes, mais pas tous. On parle de mauvaise régulation des récepteurs de l’adrénaline, de mauvais fonctionnement de la glande hypophysaire, et d’une zone du cerveau appelée hypothalamus, d’un épuisement relatif des glandes surrénales, d’une perturbation de la fabrication d’un produit servant de messager entre les cellules nerveuses (sérotonine), et enfin d’une dégradation du système responsable de la consommation des graisses quand les glucides sont presque épuisés. Ce dernier point pourrait entraîner une anomalie dans l’utilisation de certains acides aminés.

PREVENTION

L’entraîneur doit en connaître les causes et être assez attentif pour ne pas le déclencher. Il doit en tout cas en détecter les premiers signes, tant que c’est rattrapable. Cela passe par un suivi total de l’athlète, tant sous l’aspect de ses performances que de son comportement en dehors de l’entraînement et de la compétition.
Les charges d’entraînement sont souvent bien programmées par les entraîneurs et les divers conseillers responsables du suivi physique. Pourtant ce n’est qu’en parlant longuement avec le sportif que l’on saura comment il a ressenti cette contrainte et s’il analyse les résultats de ses progrès de la même façon que ceux qui sont chargés de l’amener au "top niveau".
De plus, ce n’est pas tellement la charge d’entraînement qui est la cause de cet état, mais d’avantage la progression de cette charge d’une semaine à l’autre. Ceci implique qu’il faut être assez souple dans la planification de la préparation à la performance en ayant des solutions de rechange, si certains signes apparaissent.
Il est impossible de donner des exemples puisque chaque sport et chaque sportif sont des cas différents. De plus, seuls les entraîneurs sont aptes à gérer l’entraînement et il serait prétentieux de se substituer à eux et de leur donner des conseils précis. Nous ne pouvons leur donner que des règles générales de prudence.
Pour éviter la monotonie dans la préparation à la performance, certains entraîneurs conseillent d’intégrer trois jours d’entraînement difficile par semaine. Les journées de repos doivent être de vrai repos et non des journées consacrées au retard professionnel à rattraper ni a certaines contraintes pénibles mais portant obligatoires de la vie extra sportive et surtout familiale.
Il est bien entendu que l’alimentation doit être bien équilibrée en quantité et en qualité, en fonction du sport pratiqué et des charges d’entraînement.
Le médecin s’est assuré, par un examen complet et quelques analyses, que le sportif n’est pas malade. Compte tenu de la diversité des causes, il est difficile pour lui de proposer quoi que ce soit pour aider l’athlète à mieux supporter les contraintes de son entraînement de sportif de compétition.
Comme on a constaté que le syndrome de surentraînement est accompagné de signes mettant en évidence une perturbation dans la façon dont les fibres utilisent les glucides, les lipides et quelques acides aminés, et que ces signes sont semblables à ceux de la fatigue chronique, le médecin peut conseiller certains médicaments connus comme défatigants. Ils relancent les réactions chimiques de transformation de matière et d’énergie, qui s’accomplissent dans les fibres musculaires, (métabolisme) et permettent une meilleure élimination de l’ammonium qui est une substance toxique dont la concentration augmente dans le sang lors de la fatigue musculaire.
Texte Albert Callis

Question du samedi 5 juillet 2014