Substances tampons pour lutter (...)



Substances tampons pour lutter contre les acides des muscles.

Un muscle acidifié se déchire et claque !

Pr A. CALLIS - Montpellier
Lutte contre la fatigue : rôle essentiel mais souvent oublié des substances tampons.
Résumé de l’intervention.

Les recherches actuelles font faire de grands progrès dans le domaine du sport et dans la lutte contre la fatigue. Mais cela ne doit pas faire oublier les données de base qui sont fondamentales.
Ce texte n’est pas la reproduction exacte de mon intervention orale pour laquelle je n’ai utilisé aucun document écrit. J’ai cependant essayé ici de retrouver, le plus fidèlement possible, le fil de mes propos.

La fatigue est provoquée par un grand nombre de facteurs parmi lesquels on trouve en premier lieu l’acidification tissulaire et sanguine due à l’apparition d’acide lactique, dont l’origine est liée à l’utilisation excessive du métabolisme anaérobie, c’est à dire à l’utilisation du glucose avec déficit cellulaire en oxygène.
Il faut fabriquer de l’ATP le plus vite possible, au risque même de provoquer la lésion cellulaire si le sportif n’obéit pas à la nécessité d’interrompre l’effort comme le lui " conseille " la sensation de fatigue.
L’apparition de cette acidose métabolique d’effort est due à une très importante augmentation des protons H+ qui perturbent le métabolisme cellulaire et inhibent les capacités de liaison actine-myosine des sarcomères. Il s’agit en partie d’une compétition entre H+ et le calcium ionisé. Les protons H+ augmentent d’abord dans les fibres puis dans le sang.
Si tous étaient actifs, le pH de la fibre musculaire passerait de 7,10 à 1,40 approximativement. Ce serait la mort de la fibre ! Heureusement, des substances dites " substances tampons " captent provisoirement ces protons H+ acides et les fixent sur leurs molécules. Ainsi captés, captifs, ils ne perturbent plus le métabolisme de la cellule.
Qui donc est capable de les capter pour les empêcher d’être nocifs ?
Qui sont les tampons cellulaires du muscle ?
Les tampons cellulaires des fibres sont, par ordre d’importance décroissante, les phosphates, les protéines et les bicarbonates.

Grâce aux tampons cellulaires, le pH (acidité) des fibres musculaires ne passe que de 7,10 à 6,40 environ. La vie de la cellule est préservée car l’intérêt des substances tampons est qu’elles exercent leur action sur le lieu même de la production d’acide lactique.
Puis les protons H+ non captés diffusent en partie dans le sang en sortant des fibres à travers les membranes et acidifient l’organisme entier, " accompagnés " dans leurs effets néfastes par l’ammonium, second coupable des perturbations métaboliques. Le sang les distribue partout.

Le pH du sang diminue alors à son tour de façon importante mais, sous contrôle des substances tampons sanguines, il ne passe que de 7,40 aux environs de 7,10, pendant un temps évidemment très court, avant que ne se déclenche une alcalose respiratoire de compensation. Une forte respiration va permettre d’éliminer des H+ sous forme de gaz carbonique CO2. Le gaz carbonique étant avec l’eau le résultat final de l’effet du tampon bicarbonate sanguin (CO3H- combiné à H+ —> CO2 + H2O)

L’effet tampon du sang est assuré à 60 % par les bicarbonates du plasma et à 30% par l’hémoglobine des globules rouges. Les phosphates sanguins et l’albumine du plasma n’ont ici qu’une importance minime.

On comprend l’intérêt qu’il y a à démarrer une épreuve avec un taux de bicarbonates sanguins et cellulaires élevés et une hémoglobine des globules rouges suffisante. Amener par exemple les bicarbonates plasmatiques sanguins de 23 à 26 mmol / litre, peut permettre de tamponner autant de protons en plus et de mieux résister à l’acidose métabolique.
Le dopage des sportifs par augmentation de leur hémoglobine sanguine par transfusion a donc deux effets : une augmentation du transport de l’oxygène et une meilleure lutte contre l’acide lactique musculaire d’effort.

En conclusion, il faut essayer chez le sportif d’augmenter naturellement les bicarbonates sanguins et cellulaires par une alimentation adaptée (le pH urinaire facile à mesurer par des bandelettes vendues en Pharmacie devrait arriver environ à 8) et avoir un taux d’hémoglobine maximal mais dans les normes pour les contrôles.
Concernant les aliments, il faut savoir qu’un aliment peut avoir un goût acide à la bouche, mais être alcalinisant et utile contre les acides pour l’organisme. C’est le cas par exemple du citron qui est riche en acide citrique donc acide en bouche mais riche aussi en anions citrates, anions dont la transformation dans l’organisme nécessite des protons H+ qui seront ainsi retirés de l’organisme et éliminés en CO2 et H2O.

Conseils de régimes pour lutter contre les acides formés dans les muscles des sportifs :

Aliments végétaux (fruits, légumes, lait et dérivés, abricot, carotte, épinard, salade, tomate, raisin sec, sucre et produits sucrés).
Eaux minérales (bicarbonatées sodiques Vichy, Vals, Le Boulou, / bicarbonatées sodico-calciques Lamalou, Alet, / chloro-bicarbonatées St Nectaire, Chatel Guyon).