Régime dissocié



Régime dissocié

C’est le fameux régime dit "scandinave"

On parle en général du régime dissocié scandinave qui est un régime alimentaire qui précède la compétition.

L’idée est d’améliorer la performance des efforts importants (supérieurs à 75 % de la VO2 max.) et longs, en rechargeant au maximum les muscles en glycogène, ce qui apportera des quantités supérieures de glucose pour l’énergie musculaire.

Le régime dissocié s’appuie sur le fait qu’un muscle vidé de son glycogène, devient avide de glucose dès qu’on lui en redonne, de telle sorte qu’il en accumule beaucoup plus que d’habitude. On pourrait comparer le comportement du muscle à celui d’un homme qui, ayant souffert d’une très grande soif, boirait plus que ses besoins dès qu’il retrouverait de l’eau. En pratique, on commence par vider les muscles de leur glycogène par une activité physique intense les trois premiers jours de la semaine, en ne s’alimentant que de graisses et de viandes avec le moins possible de glucides.

Puis, les trois jours suivants, les muscles sont mis au repos par une activité physique légère, en les suralimentant en glucides, avec très peu de lipides et de protides. Ils se gorgent de glucose qui est stocké en glycogène, ce qui les sature d’énergie potentielle glucidique. Le 7ème et dernier jour, c’est la compétition. Les muscles ont plus de réserves qu’un sujet normal et le sportif peut courir plus longtemps que les autres.

Mais ce n’est pas un régime alimentaire normal, les trois premiers jours on se fatigue et on risque d’avoir des accidents musculaires en faisant des efforts avec des réserves en glycogène épuisées, et on gonfle trop les muscles les trois derniers jours ce qui fait perdre la coordination et la souplesse. De plus, il n’est pas bon de diminuer l’entraînement trois jours avant la compétition.

Certains athlètes peuvent être perturbés et le résultat, peut-être valable une ou deux fois par an sur un coureur de fond, peut déstabiliser un footballeur habitué à un autre régime alimentaire qu’il aime et qu’il suit depuis de nombreuses années.
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Voici un complément pour les spécialistes, écrit il y a quelques années et rertrouvé dans les archives :

Régime dissocié scandinave.

On en a beaucoup parlé, depuis 1967, date à laquelle deux spécialistes (Saltin et Hermansen) l’ont en quelque sorte inventé.

SUITE

Il a eu beaucoup de succès, pas mal de critiques, et finalement il n’est plus pratiqué tel qu’on l’avait préconisé. Sagement, les entraîneurs l’ont édulcoré pour en prendre l’idée sans en garder la rigueur.
Comment le présentait-on ?
Le principe est simple, mais, une fois de plus, il fallait y penser !

Principe :

Ce qu’il faut d’abord savoir

Les muscles consomment des quantités importantes de glucose. Ce glucose (carburant) est stocké dans les fibres elles-mêmes, mais sous forme de glycogène, c’est à dire d’un très grand nombre de glucoses accrochés entre eux, qu’il a fallu relier les uns aux autres, et qu’il faudra libérer un par un quand les muscles en auront besoin.
(Pour ceux qui auraient des difficultés à comprendre la relation glycogène / glucose, il suffit de comparer le glucose à une perle et le glycogène à une réserve de perles unies entre elles sous forme d’un collier. Il faut fabriquer le collier en enfilant les perles dont on n’a pas besoin tout de suite, puis couper le fil du collier pour récupérer des perles l’une après l’autre dès que cela devient nécessaire. Chaque perle est un glucose et le collier, réserve de perles, est le glycogène musculaire. Il y a aussi une réserve de glycogène en quantité moins importante dans le foie.)
Pour transformer le glucose en glycogène, il faut d’abord qu’il y ait du glucose disponible en quantité suffisante et même excédentaire dans les muscles, et il faut aussi que des enzymes musculaires entrent en action avec la stimulation de certaines hormones naturelles du corps, apportées aux muscles par le sang (sans avoir besoin de dopage)
Pour transformer inversement le glycogène stocké en glucose utilisable, il faut que les muscles aient besoin de glucose. Cette transformation nécessite de façon naturelle comme dans le cas précédent, des enzymes musculaires et des hormones sanguines.
Pour un sportif, on peut dire de façon simple qu’au repos une quantité importante de glucose apporté par l’alimentation est transformée en glycogène, et qu’au moment de l’effort c’est l’inverse qui se produit.

L’astuce des scandinaves

Si on oblige un sportif à faire des efforts longs et épuisants, il utilise le glycogène musculaire dont les réserves diminuent. Si on l’alimente en même temps de telle sorte qu’il y ait très peu de glucose dans ses repas, il ne peut pas refaire les réserves de glycogène faute de glucose. Au bout de quelques jours il n’y a plus de glycogène dans ses muscles, et le sportif est épuisé rapidement, il ne peut plus s’entraîner. Il est littéralement affamé.
C’est à ce moment-là que l’entraîneur intervient en soumettant le sportif à un entraînement modeste et doux, et en l’alimentant avec des quantités très importantes de glucides. Les muscles vidés de glycogène par manque de glucose, se trouvent d’un coup en situation inverse. Ils reçoivent des quantités énormes de glucose et ils vont se mettre alors à fabriquer du glycogène, mais de façon exagérée, car les enzymes favorables sont devenues hyper actives. C’est comme une éponge pressée au maximum que l’on plonge dans l’eau. Elle se gorge d’eau plus que son précédent contenu. Par conséquent, en quelques jours, travaillant peu et se “ goinfrant ” de calories glucidiques, les muscles du sportif (ceux dont il se sert) arrivent à emmagasiner jusqu’à soi disant 40 grammes de glycogène par kilo de muscle pour certains auteurs, alors qu’il y en a environ 20 gr par kilo chez le sujet normal. Sans pouvoir affirmer ces valeurs énormes, il est certain en tout cas que le muscle du sportif qui a subi ce régime est beaucoup plus riche en glycogène qu’avant. Et qui dit plus de réserves en glycogène, dit plus de glucose disponible et par conséquent effort plus facile en endurance pour les courses de longue durée. Le muscle ne consommera les graisses que bien plus tard, et la fatigue apparaîtra moins vite.

En pratique

Nous prendrons un exemple qui est proposé pour un marathonien (Thèse Médecine Frédéric Delalonde, Montpellier 1986) Le marathonien “ vaut ” 2 h 45 mn. Son dernier entraînement a été réalisé 8 jours avant l’épreuve. A partir de là, les 7ème, 6ème et 5ème jours avant, il continue son entraînement de 15 km par jour avec un régime contenant uniquement des lipides et des protides apportant peu de calories. Il fait enfin une dernière sortie de 25 km à allure modérée pour finir d’épuiser le glycogène qui pourrait encore rester dans ses muscles.
On le met alors au régime hyper glucidique et hyper calorique jusqu’à l’épreuve. Il est alimenté avec 75 % environ de sucres lents. Comme effort, il ne fera qu’une sortie de 30 minutes une fois par jour jusqu’au jour de son marathon.

Remarques

Un tel régime ne pouvait être proposé qu’à des sportifs restant au dessus de 70 % de leur VO2 max. pendant plus de 90 minutes. C’était un régime pour les sports de fond. D’autre part, seuls des athlètes d’un bon niveau peuvent en tirer profit puisque pour des durées moins longues et des efforts moins intenses de sportifs amateurs, sans nécessité de performance, les lipides prennent en temps voulu le relais énergétique des glucides.
Pendant la partie épuisante sans apport de glucides, les athlètes ne se sentent pas bien, soufrent de malaises de type faiblesse hypoglycémique, stress psychologique, crampes d’estomac, acidité gastrique et insomnies. Ce régime privatif avec efforts importants est stressant et démoralisant.
Pendant la deuxième partie avec apport considérable de calories glucidiques, des troubles digestifs de surcharge alimentaire apparaissent : ballonnements, digestion difficile, pesanteurs abdominales.
Comme le glycogène ne peut se stocker qu’avec de l’eau, il faudra conseiller une hydratation importante.
L’hypertrophie musculaire par surcharge de glycogène peut provoquer aussi une certaine maladresse dans la coordination musculaire.

En réalité, la simple logique permet de comprendre que celui qui a eu toute sa vie un régime alimentaire équilibré, va difficilement supporter de réaliser des efforts sans recevoir de glucides, et juste après ingurgiter des glucides en grande quantité en diminuant les efforts.
Un sportif de très haut niveau n’a pas besoin de tels excès et peut très bien se contenter de réduire un peu son entraînement et augmenter la part glucidique de son alimentation trois jours avant la compétition.
Pas de régime dissocié scandinave sans surveillance médicale.