Question Protéines



cher professeur,

A 31 ans, passionnée de sport, je pratique différentes disciplines sportives. Je m’entraine de manière régulière en course à pied et en squah avec une recherche d’amélioration de mes performances (pour mes compétitions). J’ai récemment voulu perdre des kilos pour me déplacer plus rapidement sur le terrain et en course. cependant, je ne parviens pas à me discipliner et m’équilibrer. J’ai entendu parler de repas proteinés par une amie kiné qui en a consommé pendant deux mois avec une perte de poids sigificative et un gain d’énergie (notamment au niveau sportif). Il s’agit de produits PROTEE LINE achetés en magasin diététique. Pensez-vous que cela soit nefaste pour l’organisme ? J’ai quelques craintes ? Merci de votre réponse et de vos bons conseils. Sportivement, Laeticia.


REPONSE

Laeticia,
J’ai deux réponses à donner à votre question mais elles se contredisent. Car il y a deux vérités, une scientifique et une physiologique, c’est à dire humaine.
Réponse scientifique :
D’abord je ne connais pas ces produits car je ne pratique pas ce genre de nutrition, mais là n’est pas le problème. On peut supposer que ce sont des produits de bonne qualité et que ce qui figure dans les repas protéinés correspond à la composition imprimée sur l’emballage.
Ceci dit, il est vrai que l’apport de protéines, en général sous forme d’acides aminés en équilibre valable (comme dans les œufs), est utilisé de plus en plus dans le milieu féminin pour mincir et perdre des graisses.
Le principe est le suivant : si le muscle reçoit peu de glucides et très peu de lipides, il faut quand même lui apporter de l’énergie, et il ne reste pour cela que les protides. Dans les acides aminés, certains sont directement utilisés en carburant, d’autres sont transformés en glucose par le foie. La théorie dit que l’apport en protéines ne déclenche pas la production d’insuline (comme le ferait le glucose) et que sans augmentation de l’insuline, l’effort musculaire brûlera mieux les graisses.
La théorie scientifique est donc indiscutable. Moins de glucides consommés et exercice physique équivaut à plus de graisses utilisées par les muscles. Vrai.
Réponse physiologique :
La théorie, c’est bien beau, mais entre la théorie chimique et la pratique, il y a souvent une grande différence.
D’abord, est ce que votre amie kiné fait autant de sport que vous ? Est elle sur le terrain ou passe t ‘elle sa journée à son cabinet ?
Il faut savoir que l’aliment normal du muscle c’est le glucose, qu’il le brûle pour en faire de l’énergie (ATP) et qu’ainsi consommé, le glucose a pour déchets le gaz carbonique (qui est immédiatement expulsé par les poumons) et l’eau dont notre corps se sert pour diminuer la chaleur et maintenir les réactions chimiques.
Au fur et à mesure que l’effort dure, et par conséquent que les glucides s’épuisent, les muscles brûlent de plus en plus les graisses. On doit faire de longs efforts aérobies pour mincir.
Enfin, quand il commence à ne plus y avoir presque plus de glucose, alors quelques acides aminés sont transformés en glucose car il faut toujours un peu de glucose pour consommer les lipides et éviter l’hypoglycémie.
Quand ces acides aminés entrent en jeu, de façon limitée, en tant que troisième et ultime carburant, les déchets de ces produits sont des toxiques. Les acides aminés transformés donnent naissance à de l’ammonium qui est un toxique musculaire et nerveux. L’ammonium, l’urée et l’acide urique augmentent dans le sang et seront lentement éliminés par l’urine, mais ils sont facteurs de fatigue, de fragilité cellulaire, de tendinite. Les viandes et leurs acides aminés, comme leur nom l’indique, sont aussi des acidifiants. Certains acides aminés sont plus acidifiants que les autres. Il n’est pas bon pour les muscles d’être trop acidifiés.
Je ne sais pas si vous avez déjà essayé, mais il se peut que ce déséquilibre alimentaire entraîne chez certains des troubles digestifs. Nous sommes dotés d’un estomac, d’un pancréas et d’un foie qui sont faits pour recevoir une alimentation équilibrée et variée, les enzymes digestives ont chacune leur fonction, chacune à leur tour. Nos cellules attendent ce dont elles ont besoin au moment de l’effort, des glucides, alors pourquoi les en priver ? Si vous ne faisiez pas de sport, à la limite, je comprendrais que vous ayez envie de faire un régime sans trop de glucides, mais alors en diminuant les calories, mais pas en prenant des protéines à la place des glucides.
J’avoue que je doute du gain d’énergie de votre amie kiné. Sur quoi a t elle basée ses gains ? A t elle testé ses performances ? Il n’est pas concevable que ses muscles soient plus aptes à supporter l’effort sans fatigue si elle remplace les glucides par des acides aminés.
Je terminerai en vous rappelant que les carburants des muscles sont différents selon la durée et l’intensité de l’exercice, le niveau d’entraînement du sportif, le sexe…Pour la performance, le substrat énergétique du muscle est le glucose, mais il est vrai que quand le muscle consomme du glucose, il consomme moins d’acides gras.
Si vous faites de l’exercice physique à jeun, sans apport préalable de glucides, votre corps ira puiser dans ses propres protéines et ce seront les protéines de vos muscles qui seront utilisées.
Dans ce cas, pour éviter que les muscles ne détruisent leurs propres protéines, il peut être utile de prendre des protéines dans votre alimentation d’avant effort. Mais vous n’échapperez pas à l’hypoglycémie !
Je doute personnellement que vos muscles aillent préférentiellement chercher les protéines ingérées, alors qu’ils sont eux mêmes formés par des protéines. Je suppose qu’ils se détruiront pour trouver leur énergie et que les acides aminés ingérés serviront à les reconstruire plus vite.
Si votre but n’est pas la performance mais la perte de poids, vous pouvez essayer, mais réfléchissez bien avant. Moi, je ne trouve pas ça logique du tout.
Vos muscles ont impérativement besoin de glucose. Si vous voulez brûler vos graisses un peu plus, faites des efforts aérobie plus longs en modifiant votre entraînement. Deux heures ou plus de jogging aérobie par semaine, à 75 ou 80 % de votre VO2 max., avec un régime bien équilibré et varié, voilà mon conseil. Sachez aussi ne pas épuiser vos réserves, car justement votre fatigue proviendrait en partie de l’ammonium de vos protéines musculaires.
Toutes ces théories sont biochimiquement valables, mais pas pour ceux qui se servent beaucoup de leurs muscles et qui veulent améliorer leurs performances.
L’alimentation fait partie de la culture humaine, d’un plaisir partagé. Les modifications d’alimentation de ce type auront tôt ou tard des répercussions sur l’équilibre physique et surtout psychique de ceux qui ont privilégié la chimie des savants à la raison et au bon sens. Il y a une magie de l’alimentation, un impact presque ésotérique…
Mais tout le monde a le droit de ne pas partager mon avis !
Où en êtes vous de votre indice de masse corporelle ?
Amitiés sportives et alimentaires.
Cyber@lbert

Cet article vous a plu ? Dites le nous !

0 vote

Le bienfait des Algues

Inscrivez-vous à notre NEWSLETTER, recevez nos CONSEILS et restez en BONNE SANTÉ

Votre adresse de messagerie est uniquement utilisée pour vous envoyer notre lettre d'information ainsi que des informations concernant nos activités. Vous pouvez à tout moment utiliser le lien de désabonnement intégré dans chacun de nos mails.