BONJOUR !!!dans le cadre des T.P.E,nous avions choisi de traiter les effets de l’alimentation chez un coureur.Nous souhaiterions etre orienté dans notre démarche:choix de la problématique et éventuellement un plan.MERCI d’avance.
P.S:une réponse rapide serait la bien venue étant donné le peu de temps qui nous est accordé !
Réponse
Chère Annette.
Lorsque vous mentionnez l’alimentation du coureur, je pense que vous faites allusion au coureur de fond et non au sprinter. La différenciation revêt une importance déterminante dans la mesure où l’alimentation des deux athlètes n’est pas similaire. Dans mes propos, je ne vais aborder que l’aspect nutritionnel de la course d’endurance. Si vous souhaitez un complément d’information sur les courses brèves et intenses, faite le moi savoir ultérieurement.
Je vous conseille dans un premier temps d’effectuer un bref récapitulatif qui concernera les notions générales relatives à l’alimentation :
Il s’agit du topo classique sur les trois grandes familles de macronutriments : les glucides, les protides et les lipides (pour votre dossier, une brève description s’impose avec les aliments concernés (exemple de protéines animales avec la viande et les volailles, et de protéines végétales avec le soja etc.). Précisez que l’organisme trouve dans l’alimentation l’ensemble des ces divers macronutriments et qu’il va pouvoir les dégrader afin de les utiliser pour différentes missions (réplétion des réserves énergétiques suite à une déperdition due à un exercice physique, régulation du bon fonctionnement des grandes fonctions de l’organisme, construction ou reconstruction de néo-cellules ou d’un néo-tissu cicatriciel etc.).
Nous avons vu que l’alimentation fournit les substrats dont la transformation apporte l’énergie nécessaire à l’organisme. En ce qui concerne le sportif, beaucoup de travaux suggèrent que son alimentation habituelle présente un certain risque de défaillances : d’abord au niveau des vitamines en tant que cofacteurs du métabolisme énergétique, ensuite au niveau des oligo éléments (comme le magnésium, le fer, le zinc et le sélénium), enfin, au niveau des apports en glucides qui seraient régulièrement insuffisants pour des efforts de type aérobies. En effet, ce qu’il me semble important de bien retenir, pour le coureur de fond, c’est que la disponibilité en carburant du muscle revêt une importance déterminante pour la performance. En l’occurrence, se sont les niveaux de réserve des glucides sous forme de glycogène et éventuellement des lipides qui me paraissent essentiels (contraintes énergétiques) D’autre part, une analyse des contraintes mécaniques imposées par l’activité permet de mettre en évidence le fait que durant les courses de longues distances, le sujet effectue un nombre impressionnants de foulées, et donc subit une répétition importante d’impacts au sol. Cela à pour incidence directe la propagation au niveau des membres inférieurs de véritables ondes de chocs, donc de micro traumatismes répétés qui entraînent nécessairement des micro lésions au niveau des fibres musculaires. Dans ces conditions, on peut dire que les protéines sont aussi nécessaires et jouent un rôle essentiel dans l’optique de reconstruire les lyses occasionnées. Il faut aussi savoir que l’organisme produit à l’effort des substances toxiques qui font chuter le pH (acidification) et perturbent les mécanismes cellulaires(différents radicaux libres, de l’ammonium, l’ion H+, les lactates). Il convient donc de "tamponner" au maximum ces substances grâce par exemple à la vitamine B6, au magnésium ou aux bicarbonates etc. Précisons enfin que les acteurs nutritionnels essentiels dans la récupération sont les protéines et les glucides. Une combinaison de glucides/protéines (pour resynthétiser le glycogène hépatique et intramusculaire et pour favoriser les phénomènes myogéniques) dans un créneau proche de la fin de l’effort physique paraît idéale. En effet, prenez conscience du fait que les processus de fabrication ou de reconstruction des protéines tissulaires culminent durant une courte période qui fait suite à l’exercice (c’est ce qu’on appelle le concept de "fenêtre métabolique" qu’il faut veiller à ne pas dépasser pour une absorption et une récupération optimales). Enfin, notez que la simple absence de diversité alimentaire suffit à installer chez le sportif un certain nombre de déficiences en micronutriments indispensables comme les vitamines, les oligo-éléments, les acides gras poly-insaturés et les acides aminés essentiels. Je pense que vous disposez maintenant de pistes de travail intéressantes. Bon courage et tenez moi informé de l’avancement de vos travaux.
Cordialement
Jean-Marc BERTRAND