Mort subite du sportif


Quelle sont les raisons qui cause la mort subite d’un sportif en plein action sur un terrain de foot ?


REPONSE

Qochari,
La mort subite du sportif est un sujet très important, que ce soit un footballeur ou autre.
Le plus souvent, dans environ 85 % des cas analysés, (car il faut une autopsie pour s’assurer de la cause du décès), il s’agit de la rupture d’une artère ou d’une veine qui était déjà fragile depuis la naissance, mais le sportif ne le savait pas. Vous comprenez qu’une artère ou une veine qui sont brutalement percées, vont laisser le sang se répandre dans le corps et que la région où le sang devait aller ne reçoit plus d’oxygène et meurt. Si ça « crève » dans une artère du cœur (coronaire) ou du cerveau, c’est souvent la mort brutale.
On voit donc que, très souvent, ce sont des causes congénitales, des anévrysmes, comme des hernies des vaisseaux sanguins comparables à ce que l’on voyait sur les chambres à air des roues des vélos, qu’on aurait quelques fois pu dépister auparavant. Ces anévrismes ont des parois fragilisées.
Il y a aussi des causes cardiaques, mais comment le savoir si on n’a pas de signes qui pourraient conduire à une consultation chez le cardiologue. C’est en fait l’énorme importance de ces examens effectués dans des centres de médecine sportive dont nous donnons la liste en France.
Les cardiologues peuvent dépister des rétrécissements de l’artère aorte, et toutes les maladies de l’aorte en général. Une autre maladie cardiaque congénitale, est nommée « myocardiopathie primitive hypertrophique » qui correspond à l’épaississement exagéré du muscle cardiaque (ventricule) qui crée un bourrelet sous une valve du cœur, et qui forme alors un passage rétréci par où le sang du cœur circule avec difficulté. Le rythme de contraction est perturbé et il se produit ce que l’on nome une fibrillation ventriculaire. C’est comme si chaque fibre se contractait sans tenir compte des autres et l’effet de pompe pour propulser le sang devient inefficace. On pourrait le comparer à quelqu’un qui vous serrerait la main doigt après doigt, au lieu de serrer avec toute la main d’un coup. L’efficacité de la première façon est nulle, par rapport à la seconde.
En cas de perte de connaissance et d’arrêt cardiaque et respiratoire, il faut vite appeler les secours médicaux. En tout cas il faut allonger le sportif tête basse et surélever les membres inférieurs.
Il existe aussi des syncopes à l’arrêt brutal de l’effort (ce qui montre qu’il ne faut pas arrêter brutalement les efforts violents) Le sportif tombe et dans sa chute il met sa tête plus bas et tout rentre vite dans l’ordre. On trouve souvent un cœur lent, une tension basse, des nausées, de la pâleur de la peau avec ou sans brève syncope. Impressionnant mais pas grave, ça s’arrangera peu à peu.
D’autres fois, pendant la récupération, le cœur va très vite, en dépassant 250 pulsations par minute. Il faudra alors consulter un cardiologue pour éliminer une maladie qui entraînerait un arrêt cardiaque plus tard.
Il faudra aussi se méfier du surentraînement et de ne pas autoriser un athlète qui a de la fièvre à pratiquer un sport.
Les épreuves d’efforts dans des centres spécialisées, répétons-le, insistons, que ce soit chez l’adulte et surtout chez l’enfant, avec enregistrement de l’électrocardiogramme, devraient éviter ces accidents. Certaines valves cardiaques sont anormales dès la naissance et des troubles peuvent également se produire si le taux de potassium sanguin est trop bas.
On sait aussi que certains infarctus peuvent apparaître à l’effort chez les jeunes sportifs. Mais ils entraînent rarement des risques mortels.
Les véritables risques sont le tabac, la suralimentation, et le surmenage sportif. Ces abus peuvent conduire à un spasme des artères coronaires (rétrécissement brutal du diamètre des artères qui nourrissent le cœur) Il ne faut pas sous estimer les facteurs climatiques comme la chaleur, l’humidité, l’altitude et surtout la déshydratation. Attention également aux risques encourus par ceux qui abusent de certains médicaments, notamment des dopants.
Il y a aussi des familles dans lesquelles il y a eu déjà des morts subites, il faut en parler au médecin.
Il y a des morts subites, bien sur rarissimes, mais quelques fois c’est moins grave, et heureusement le sujet ne meurt pas.
L’urgence vitale est appréciée par le fait que le sujet est inconscient, violacé et pâle à la fois, il transpire, il n’obéit pas à des ordres simples du type : « ouvrez les yeux, serrez-moi la main », il ne respire pas, ce que l’on constate en mettant la main à la base de son thorax, le cœur ne bat plus, il n’y a plus de pouls au poignet ni aux carotides, ni au pli de l’aine, et on n’entend pas le cœur battre, les pieds et les mains sont glacés.
Mais il y a maintenant des soigneurs, des kinés, des entraîneurs et des médecins qui sont sur les stades pour veiller à tout incident sportif. Ca rassure !
Mais gardez-vous bien d’oublier que les morts subites sont rarissimes, et que le sport fait du bien pour le cœur à 99,9 % de ceux qui le pratiquent.
Pour ceux qui ont des risques, il faut développer la visite médicale et l’épreuve en milieu spécialisé. Après 40 ans, une visite chez le cardiologue est indispensable chez les gens à risque et on doit la renouveler tous les 5 ans.
Allez, je vous souhaite beaucoup de sport, mais pas trop, de façon équilibrée.
Cyber@bert
On peut imaginer des cas où le cardiologue met en évidence un risque de mort subite et en informe le sportif. Comme c’est le secret médical, le sportif peut décider de ne pas en tenir compte et ne dit rien à personne pour continuer son sport dont dépend son avenir financier et son idéal de rester une vedette. Il continue le sport à ses risques et périls. Ce n’est pas toujours de sa faute s’il prend cette décision. C’est qu’il n’a pas été éduqué suffisamment pour analyser correctement ses risques.Ces cas sont réels.

Question du samedi 28 juin 2014



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