LE GLYCOGENE MUSCULAIRE ETANT EPUISE, LE CORPS FABRIQUERA DU GLUCOSE A PARTIR DES MUSCLES (CATABOLISME) OU A PARTIR DES GRAISSES DE RESERVE (LIPOLYSE) ? DANS QUEL ORDRE ?


REPONSE

Elodie,
Nous avons beaucoup à dire, et ce sera trop court pour répondre en une seule fois, mais prenons notre temps et décidons que cette conversation à bâtons rompus risque de durer. Quand le glycogène musculaire s’épuise il reste encore heureusement du glycogène hépatique car nous ne pourrions plus continuer l’effort étant donné que la baisse du glucose sanguin provoquerait des malaises cérébraux avec fatigue extrême, perte de connaissance, chute et autres signes bien connus d’hypoglycémie.
Les acides gras sont consommés de plus en plus quand le glycogène musculaire diminue, mais pour brûler les acides gras il faut absolument du glucose.
Alors l’organisme va fabriquer du glucose à partir de plusieurs sources pour avoir ce précieux glucose qui ne servira plus de carburant (il n’y en aurait pas assez), mais qui servira d’étincelle pour tirer l’énergie des lipides et enfin des protides.
Il ne faut pas croire que les muscles consomment le glucose du glycogène d’abord, puis les lipides et enfin les protéines musculaires. Pas du tout, car toutes ces sources d’énergies sont utilisées en même temps, mais en quantités différentes. Par exemple, au repos, vous ne consommez presque pas d’énergie, mais dans ce peu en question, ce sont les graisses qui sont le plus sollicitées. Pendant l’effort d’endurance qui dure, alors l’énergie est surtout extraite en fort % des glucides et moins des graisses et presque pas des protéines, infiniment moins, disons négligeable, car les muscles doivent protéger leur structure. Ces protéines sanguines et musculaires ne seront utilisées qu’à l’extrême limite de l’effort et les fibres vont se détériorer, voyez les courbatures du lendemain !
Mais attention, certains acides aminés provenant des protéines peuvent servir directement d’énergie comme le glucose et les acides gras, et d’autres ne serviront qu’après avoir été transformés en glucose (voir ci-dessous)
Reprenons le problème. L’effort a été long, le glycogène s’épuise, les lipides consommés peu au début le sont de plus en plus, il faut assurer une glycémie suffisante pour le cerveau et les nerfs, le glycogène hépatique s’épuise à son tour, que faire ?
L’organisme va demander au foie de fabriquer du glucose d’urgence. Ce mécanisme est nommé néoglucogenèse hépatique. A partir de quoi ? De ce qui peut se transformer en glucose, c’est à dire de ce qui n’est pas glucose mais qui par transformations chimique hépatique peut le devenir.
Les acides gras ne peuvent pas devenir glucose. Par contre, une molécule qui les accompagne dans les triglycérides est utilisable, il s’agit du glycérol libéré par le tissu adipeux. Des substances issues du muscle comme le lactate déchet de la contraction. Lactate du muscle donne lactate du sang, passe dans le foie et devient glucose reversé dans le sang pour revenir au muscle, c’est le classique cycle de Cori.
Autre source importante de glucose pour la néoglucogenèse, certains acides aminés provenant du sang et de la destruction des protéines musculaires. Ce sont les acides aminés dits « glucoformateurs » L’alanine est un acide aminé très bien utilisé pour devenir du glucose.
Ainsi, alors que s’épuise le glycogène hépatique et que les acides gras sont de plus en plus utilisés en énergie, des acides aminés seront aussi utilisés comme source d’énergie, brûlés comme glucose et acides gras dans les cycles de Krebs.
Mais je le dis encore, brûler acides gras et certains acides aminés suppose qu’il y ait encore un peu de glucose. Avec du glycérol (lipolyse), certains acides aminés spéciaux (glucoformateurs) et du lactate, le foie est capable de fabriquer du glucose. Pas pour en faire de l’énergie, mais pour alimenter la flamme des acides gras et des quelques acides aminés consommables.
Le but est de fabriquer de l’ATP dans les mitochondries, mais il faut aussi de l’oxygène.
Le taux d’ATP est régulé dans les cellules, et elles cessent d’en synthétiser quand le besoin ne s’en fait pas sentir. Cette régulation est indépendante de la nourriture mais dépend des besoins cellulaires.
Pour la carnitine, elle sert à faciliter l’entrée de certains acides gras dans les mitochondries, et il y a eu un engouement pour cette molécule, mais les preuves de son efficacité n’ont jamais été formellement établies.
Quant au coenzyme Q10, il a été incriminé surtout dans la lutte contre les effets des radicaux libres, avec les mêmes restrictions que pour la carnitine. Beaucoup de recherches n’ont rien montré, et quelques rares résultats ont été favorables. Je ne pense pas que les connaissances actuelles permettent d’affirmer que ce soient des « produits miracle »
Voilà pour le moment.
Je ne répondrai pas aux autres questions déjà posées car vous allez peut-être les formuler autrement après la lecture de ma première réponse.
Et puis je suis épuisé !
A très bientôt
Bon travail. On va continuer ensemble.
AC

Question du samedi 28 juin 2014



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