La mémoire des cheveux.


Extraits d’une conférence du Docteur François Bluche


L’HISTOIRE DE LA SANTÉ DE VOS SPORTIFS EST ÉCRITE DANS LEURS CHEVEUX. MÉDECINS, ENTRAINEURS, DIRIGEANTS, PRESIDENTS DE CLUBS DE HAUT NIVEAU, FÉDÉRATIONS, LA SANTÉ DE VOS CHAMPIONS NE TIENT QU’A UN CHEVEU.
POUR VOUS, NOUS LES COUPONS EN QUATRE !

Nous avons le plaisir de vous communiquer quelques extraits du texte d’une conférence du docteur François-M. BLUCHE, à l’Académie des Arts et des Sciences de Carcassonne

DE SAMSON A ZATOPEK L’ANALYSE DES CHEVEUX AU SECOURS DES SPORTIFS

Les petits points dans le texte signalent des lignes qui ont été ôtées car considérées comme trop techniques pour nos lecteurs.

Tout débute, dans l’histoire de l’humanité, avec la légende de Samson, à ne pas confondre avec Charles-Henri, l’exécuteur de Louis XVI, Nicolas le géographe de Richelieu ou Justin le sculpteur de la cour du carrousel, tous s’écrivant avec un "n", alors que Samson vient de l’Hébreu Simson lui-même dérivé de Semes : soleil. Notre Samson, selon la légende, avait été pourvu par Dieu, d’une force extraordinaire, à une condition : qu’il fût "Nazir", c’est à dire qu’il vécut comme un ascète sans alcool, sans aliment impur et sans couper sa chevelure. Grâce à elle il put en de nombreuses occasions, réduire les Philistins, ennemis héréditaires des Juifs. Mais, Dalila une espionne à la solde des précédents, après l’avoir séduit, introduisit pendant son sommeil un barbier qui coupa sa chevelure et le livra ainsi à la merci de ses adversaires. La suite, vous la connaissez, Dieu lui rendit sa force et Samson écarta les colonnes en ensevelissant avec lui, le roi Philistin et ses sujets sous les ruines du temple.
Cette notion de force associée à la chevelure et de la soumission associée à leur coupe, est présente chez presque tous les peuples et au cours de toute l’histoire de l’humanité. Citons quelques exemples : les esclaves que l’on tondait, les scalps suspendus à la tente, dont le nombre indiquait la valeur du guerrier, les mandarins qui gardaient leur vie durant, la chevelure intacte alors que leurs esclaves étaient rasés, les bonzes et les moines, les femmes indignes que l’on tondait etc. Nous pourrions multiplier les exemples à l’infini. De nos jours encore, chevelure et beauté sont indissociables, sauf rares exceptions, cela fait d’ailleurs la fortune des capilliculteurs et autres marchands d’engrais capillaires !
En fait, en essayant d’être le plus rationaliste possible, que reste-t-il de ces légendes ? Une certitude : les cheveux sont avec les quelques poils qui nous restent, cramponnés en de rares endroits, les restes de la fourrure dont notre corps était probablement recouvert il y a cinq ou six millions d’années. Autre certitude, les phanères, ongles cheveux et poils, sont des tissus de composition fixée et ce sont les seuls tissus de l’organisme à posséder cette caractéristique.
Je m’explique : tous les tissus de l’organisme sont en perpétuel renouvellement, les cellules mortes sont remplacées par des nouvelles, la composition chimique est modifiée en permanence selon les apports du sang. Les neurones seuls, ne sont pas remplacés, mais la composition chimique de leur cytoplasme varie en permanence. Les phanères, au contraire, une fois fabriquées par leur manufacture, sont immuables comme un objet sorti d’usine qui peut s’user, se casser mais non se régénérer. Prenons l’exemple d’une femme qui tricote un cache- nez. Si elle change de laine ou se trompe de point à un moment donné, le défaut restera inscrit à jamais sur l’ouvrage. Il est donc possible de voir, en comptant les rangs et en connaissant sa vitesse de travail, de dater l’erreur. Un autre exemple est donné, vous le savez tous, par l’examen des carottes glaciaires qui gardent inscrites dans leur épaisseur, l’histoire du monde depuis des milliers d’années.
Le cheveu est donc un peu la mémoire de la personne. Il garde enregistré dans sa longueur, les carences ou les maladies, les excès ou les intoxications. En cela il est un élément extrêmement précieux de la connaissance de la physiologie ou de la pathologie du sujet qu’on analyse.
En pratique, qu’est-ce qu’un cheveu ?
Un tissu cylindrique formé de cellules externes protectrices imbriquées comme les écailles d’un reptile : la cuticule, et d’une partie interne nourricière : le canal médullaire. Toutes les cellules composant cet ensemble, sont produites dans une centrale très active appelée follicule. Le cheveu, ou le poil, fabriqué, sort des chaînes à la vitesse de 10 à 12 millimètres par mois. Il est donc facile de dater de l’année précédente un échantillon se trouvant à l’extrémité d’une chevelure de 120 mm. Il est possible également en coupant tranche après tranche la même chevelure, de connaître certains éléments de la vie du sujet au cours des douze derniers mois. Les plus anciens étant à l’extrémité, les plus récents à la racine. Il était donc particulièrement séduisant d’essayer de découvrir certains empoisonnements ou intoxications et de les rapporter à un fait extérieur connu.
Les exemples les plus célèbres sont l’empoisonnement de Napoléon par les Anglais à Sainte Hélène et l’affaire Marie Besnard dont j’ai eu personnellement à m’occuper.
Mais c’est surtout dans le sport que cette idée fit son chemin. On sait en effet, qu’il est très difficile de suivre l’alimentation des sportifs, surtout ceux d’endurance. Tous ont une diététique extrêmement poussée et surveillée, mais il est impossible d’en vérifier le résultat par des examens sanguins, le sang ne donnant qu’un instantané du taux des éléments et permettant seulement d’ajuster la dose. Pour connaître facilement l’état des réserves de l’organisme, les médecins du sport fondèrent de grands espoirs sur l’analyse des cheveux. Il y a une trentaine d’années il y eut un engouement immense, ce qui motiva aux USA où la Drugs and Food Association réglemente tout ce qui se fait en matière de santé, une enquête nationale. La D.F.A préleva dix-sept échantillons d’une même chevelure et les confia à autant de laboratoires. Elle reçut en retour. dix-sept résultats différents ! Ce qui l’amena à interdire cet examen, comme peu fiable.
Pourquoi ?
Nous allons le voir avec l’étude de la partie analytique.
L’analyse de la chevelure comporte quatre étapes principales où les règles de travail doivent être suivies de façon draconienne. 1.Le prélèvement, 2.La décontamination externe, 3.La solubilisation, 4.L’analyse. Voyons les difficultés et les règles essentielles de ces différentes étapes.
1.PRELEVEMENT.
Le prélèvement doit satisfaire à trois impératifs :
Mesure de la longueur totale de la chevelure, mesure exacte de la partie coupée qui, de plus, doit être répartie de façon homogène dans toute la chevelure, Recueil d’une quantité suffisante que nous avons définie par expérience à 500 milligrammes, ce qui représente environ 300 mg de matière sèche. En dessous de ce poids, les erreurs de mesure sont affectées d’un coefficient multiplicatif trop grand et l’analyse n’est plus reproductible. …..La mesure de longueur, elle, nous l’avons vue plus haut, sert à dater l’échantillon.
2.DECONTAMINATION EXTERNE.
Les cheveux, surtout féminins, sont toujours contaminés par un grand nombre de choses : Teintures, brillantines et produits capillaires divers, sueur et sa grande quantité de sels et de métaux, poussière et émanations de la rue les produits de combustion des véhicules, vapeurs de cuisine etc. Il faut donc enlever tout cela avec le plus de soin possible……
4. ANALYSE.
L’analyse de la solution de cheveux ne pose aucun problème particulier et tout laboratoire équipé d’un spectrophotomètre d’absorption atomique avec four graphite ou d’une ICP (torche à plasma), peut, à condition d’avoir un personnel très bien formé, effectuer des mesures satisfaisantes
5. INTERPRETATION
……………..
L’utilisation médico-sportive nous parut intéressante et nous obtînmes rapidement des résultats significatifs sans que nous puissions pour l’instant en tirer des règles générales. Nous avions, il y a quelques années, analysé le sang des triathloniens de Carcassonne après leur arrivée. Rien de bien significatif ni qui ne soit connu, n’avait été trouvé. Sur cent coureurs analysés et qui ont fait l’objet de trois publications médicales, nous avions mis en évidence des signes de souffrance musculaire (Augmentation de l’enzyme de lyse musculaire et du fer libéré par la rupture traumatique des globules rouges). Trois coureurs, victimes de malaises graves et hospitalisés n’avaient pas montré comme on s’y attendait, d’hypoglycémie ou de chute du magnésium. Le mystère restait entier. Ce n’est que l’année dernière que nous eûmes l’occasion d’apporter un élément de réponse à ces effondrements brutaux.
Un mois après un abandon dans un marathon, les cheveux de repousse ont montré une disparition presque totale du sélénium. Nous avons eu en surveillance des athlètes de fond de l’équipe olympique suisse. Une d’entre elles soignée par un traitement martial (fer) pour une déperdition d’origine gynécologique compensée depuis plusieurs mois, n’avait pas retrouvé ses performances. Les cheveux ont montré une disparition complète du cobalt, indispensable pour la synthèse de la Vitamine B-12. Le fer, lui, était remonté à la normale. Explication de la faculté de Nice : Le traitement intensif au fer, peut donner un défaut d’absorption du cobalt ! La supplémentation en cobalt instaurée, entraînera une amélioration immédiate des performances.
Il nous reste, et c’est notre but, à étendre à un plus grand nombre, ce contrôle systématique. Malheureusement pour l’instant, même si nous avons publié, si nous avons eu les honneurs du "Reader Digest" et des citations dans quelques ouvrages de diététique, nous n’avons pas encore pu décrocher un tel contrat. La méfiance envers les travaux de province, même publiés avec la co-signature du Professeur Callis de Montpellier, est encore une règle difficile à transgresser en France. Alors quelles sont les perspectives d’avenir ?
Le futur nous semble très prometteur dans trois directions : La surveillance diététique des sportifs, les chutes de cheveux, secteur où nous avons obtenu des résultats spectaculaires et l’orientation diagnostique de fatigues inexpliquées ou de mauvais état général. Pour affiner les résultats, il nous faudra quelques années car ces analyses sont relativement chères et non remboursées par la Sécurité Sociale. Le coût élevé de l’appareillage, des réactifs et des consommables ne permet pas d’en abaisser le prix, un prix de revient qui ne tient pas compte de la main d’œuvre hautement spécialisée nécessaire à sa bonne réalisation. De plus, chaque échantillon doit être traité individuellement "à l’ancienne" ! Seule la partie analytique pouvant être semi-automatisée.
L’analyse des cheveux restera donc pour quelque temps encore, un examen de haute technicité, réservé à quelques cas de sportifs de haut niveau ou à des femmes soucieuses de leur chevelure, car dans ce domaine cela ne représente même pas le prix d’une permanente !
François M. BLUCHE
ECOMARINE-TECHNISCIENCE
35 Bd Jean Jaurès 11000
CARCASSONNE Tel : 04.68.71.32.32


Voir en ligne :

Les cheveux de Napoléon.
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