Bonsoir Professeur,
Je voudrai d’abord vous dire mon admiration et remerciement par rapport au temps et au grand soin que vous prennez à répondre à tous ces messages, avec précision, on apprend beaucoup en lisant vos réponses sur toutes les autres questions et sujets de votre site, quel dommage que les pages soient si lentes !
Je pense que oui, dans mon cas, il devait y avoir une sur-hydradation : j’ai oublié de vous dire qu’après j’avais des bourdonnements dans les orielles et surtout la bizarre impression de "planner" complètement (sorte de perte de repère, des notions de temps, de faim etc.). Les deux jours suivant, avec le sentiment aussi d’être "gonflé", bizaremment. Petit à petit les sympômes sont parti en fait, . Quant aux quantités d’eau absorbée, elles sont....considérables (de 3 à 6 l en qq heures eau gazeuse et soda), c’est ça le problème : la course plus intense que d’habitude produit un phénomène (psychologique ?) de "besoin de boire", qu’on ne peut plus arrêter, comme une boulimie de boisson. J’imagine en fait que le tout doit perturber pas mal le système digestif qui est mis au relentit et qui se retrouve à rude épreuve...
Juste un tout bref truc de plus. Dans un message plus bas, j’ai vu qu’une personne demandait quelle alimentation était idéale pour "guérir" une tendinite. Je ne veux surtout pas dire que c’est une solution, mais j’avoue avoir fait une curieuse expérience, ayant une tendinite qui me revient régulièrement : une amie m’a dit "si tu as des petites cassures, prend des...bettraves rouges" ! Ce qui m’a carrément fait rire mais j’ai quand même tenté.
Hé bien, vrai ou faux, je n’ai pris aucune viande durant quelques jours, ni gras non plus, mais pas mal de laitage "ligth" et...des bettraves (pas que ça, heureusement ! mais beaucoup, par contre, ça c’est sûr). Et quatre jour après j’était très étonné non seulement d’avoir plus de douleur du côté de la tendinite mais aussi d’avoir à nouveau de vrais "ressorts" dans le corps, et ça, c’est super. Est-ce le printemps ? Je ne sais pas, en tout cas...Peut-être que le corps avait aussi besoin de se faire un "nettoyage" en profondeur pour chasser les trucs accumulé par le sport et une alimentation pas top et que rien ne vaut les légumes pour ça...!
Merci encore à vous et "tout de bon", comme on dit en Suisse !
D.
Merci de votre témoignage, j’espère que de nombreux lecteurs en tireront des conséquences et qu’ils testeront les bienfaits des betteraves.
Voici un extrait d’un article médical que je vous conseille de lire attentivement car il concerne l’excès d’hydratation.
Marathoniens, ne vous hydratez pas trop !Date de création : 14 avril 2005En septembre 490 avant J-C, le soldat Pheidippides fut sans doute la première victime du marathon. Il venait, selon la légende, de franchir en courant les quelque 40 kilomètres qui séparent Marathon d’Athènes, pour annoncer à ses concitoyens le résultat de la bataille livrée contre les Perses. Il n’eut que le temps de proclamer la victoire avant de s’effondrer mort. Selon certaines sources, Pheidippides avait d’ailleurs un peu forcé son talent, puisqu’il aurait accompli dans les deux jours précédents un aller retour rapide Marathon-Sparte pour demander de l’aide à la cité du Péloponnèse. De multiples étiologies ont été évoquées très rétrospectivement pour expliquer cette mort glorieuse : troubles du rythme ventriculaires, cardiomyopathie obstructive, infarctus du myocarde… Deux mille cinq cent ans plus tard, une autre cause possible de ce malaise létal peut être proposée : Pheidippides aurait pu être victime de l’hyponatrémie du marathonien.Depuis quelques années, avec l’engouement populaire pour le marathon, des cas d’hyponatrémies sévères, parfois mortelles, survenant en fin de marathon ont en effet été rapportés dans la littérature médicale et dans la presse sportive. Une équipe de Boston a donc voulu connaître de façon prospective la fréquence réelle de ce phénomène et déterminer ses facteurs favorisants. Quatre cent quatre-vingt-huit participants du marathon de Boston, ont accepté un prélèvement sanguin juste après l’arrivée de la course. Pour tous ces sujets on disposait d’informations démographiques et médicales succinctes, du niveau d’entraînement, du poids de départ et d’arrivée ainsi que de leur consommation de liquide et de la quantité d’urine émise durant la course. Treize pour cent des sujets avaient une hyponatrémie à l’arrivée (définie par un taux de sodium sérique inférieur à 135 mmol/l). Surtout, 3 des participants (0,6 %) présentaient une hyponatrémie sévère, inférieure à 120 mmol/l (114, 118 et 119 mmol/l). En analyse multivariée, une hyponatrémie était associée à un gain de poids durant la course (odds ratio [OR] : 4,2 avec un intervalle de confiance à 95 % [IC95] entre 2,2 et 8,2) une durée de course supérieure à 4 heures (OR : 7,4 ; IC95 : 2,9 à 23,1) et un indice de masse corporelle (IMC) extrême (inférieur à 20 ou supérieur à 25). Cette curieuse relation avec l’IMC, n’a pas d’explication satisfaisante. En pratique, le gain de poids étant corrélé à la consommation de liquide durant la course, une absorption de plus de trois litres durant le marathon parait être un facteur de risque déterminant d’hyponatrémie. En revanche, dans cette étude le type de boissons ingérées, le sexe féminin ou la prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens ne sont pas apparus comme des facteurs prédisposant à l’hyponatrémie. En extrapolant ces données à l’ensemble des participants d’un marathon comme celui de Boston (n=15 000), on peut estimer que 1900 sujets avaient une hyponatrémie modérée et que 90 souffraient d’une hyponatrémie grave. Les conséquences cliniques de ce trouble de l’hydratation n’ont pas été étudiées dans ce travail. On peut cependant faire le parallèle avec une lettre à l’éditeur publiée dans le même numéro du New England Journal of Medicine qui rapporte 11 cas d’hyponatrémie avec troubles de conscience hospitalisés au St Thomas Hospital après le marathon de Londres en 2003. Dans tous les cas les victimes ne se souvenaient plus du déroulement de la course et il semble que leur confusion ait débuté après le passage de la ligne d’arrivée. La prévention de ces hyponatrémies repose selon Christopher Almond et coll. sur une meilleure connaissance individuelle par chaque coureur de ses besoins en boisson. Ceux-ci peuvent être évalués, lors de l’entraînement, simplement en se pesant avant et après une course. Rappelons toutefois, qu’a côté de ce risque nouvellement mis en évidence, d’hyponatrémie, les marathoniens et autres coureurs de fond sont également menacés par l’hyperthermie et par la déshydratation qui sont, elles, liées à des apports hydriques insuffisants (dans ce travail certains sujets avaient d’ailleurs une natrémie supérieure à 150 mmol/l à l’arrivée, atteignant même 158 pour un coureur !). Des conseils de modération de l’hydratation pourraient donc conduire à accroître le risque d’hyperthermie et de déshydratation. Winston Churchill aurait sans doute résolu ce dilemme par sa célèbre recommandation à ceux qui lui demandaient de révéler son secret de longévité : « No Sport ». Dr Céline Dupin
Almond C et coll. : “ Hyponatremia among runners in the Boston marathon.” N Engl J Med 2005 ; 352 : 1550-6. Goudie A et coll : “Altered mental status after a marathon.” N Engl J Med 2005 ; 352:1613-14. © Copyright 2005 http://www.jim.fr