Bonjour Docteur CALLIS,
Je m’appelle Lucile, je vous avais déjà écrit il y a environ un mois, pour vous demander des renseignements sur l’augmentation des globules rouges qui favorisent l’oxygénation de l’organisme. Je vous remercie de m’avoir répondu aussi rapidement, votre aide m’a été bien utile. J’ai bien avancé dans mes recherches grâce à vous mais je me pose encore des questions. Tout d’abord, quels risques (avec l’altitude et l’EPO massive) l’augmentation des globules rouges peut-elle engendrer dans l’organisme ? Lorsque l’hyperventilation en altitude est limitée, que se passe-t-il ? Comment varie la pression partielle en dioxygène ? Comment se fixe le dioxygène sur les globules rouges ? Comment les alvéoles pulmonaires se dilatent-elles pour augmenter la pression partielle en dioxygène ? Je vous remercie d’avance pour votre réponse qui me fera progresser dans mon étude. Bisous. Lucile.


REPONSE

Lucile,

Les globules rouges qui augmentent permettent d’apporter plus d’oxygène aux muscles, c’est évident. Mais il y a un inconvénient, c’est que les globules rouges sont comme des petites cellules (sans noyau) et si leur nombre augmente (élévation de l’hématocrite) la viscosité du sang augmente en proportion. Vous savez que le sang doit circuler dans des petits vaisseaux sanguins nommés capillaires. Si le sang est trop visqueux, la circulation du sang se fera mal et pour maintenir un débit sanguin suffisant, le cœur qui est la pompe circulatoire, devra forcer d’avantage. Le cœur est un muscle, et en forçant, il se musclera trop, ce qui va gêner la dilatation de ses cavités.
D’autre part, le sang visqueux qui stagne par circulation difficile, favorisera la formation de petits bouchons(embols) et même de petits caillots par réunion de globules rouges en amas avec les plaquettes sanguines.
En altitude, la pression du dioxygène du sang diminue (on dit que la pO2 diminue) et c’est cette baisse de la pression d’O2 du sang qui entraîne l’hyperventilation. Par conséquent votre question de limiter l’hyperventilation en altitude n’a pas lieu d’être posée. Il faudrait respirer en altitude un mélange enrichi en O2 pour calmer l’hyperventilation.
O2 rentre dans les alvéoles avec l’air inspiré à chaque mouvement respiratoire. Les muscles inspiratoires “ tirent ” le grill costal en dehors et le muscle diaphragme s’abaisse. La cage thoracique augmente par conséquent de volume. Quand le volume d’un récipient augmente, les lois de la physique montrent que la pression diminue (Pression que multiplie Volume = Constante) Si la pression dans le thorax diminue, elle devient inférieure à la pression atmosphérique. L’air va du milieu où sa pression est élevée vers le milieu où sa pression est plus faible. Donc la pression étant plus faible dans le thorax, l’air rentre de l’extérieur dans les poumons et les alvéoles sont dilatées par l’entrée d’air. Comme l’alvéole n’était pas entièrement vidé, car il se serait collabé, l’air entrant avec son oxygène, se mélange au mélange gazeux qui restait et la pression partielle de l’oxygène dans l’alvéole augmente. O2 traverse la membrane alvéolaire car les gaz peuvent traverser certaines membranes vivantes et fines, la paroi de l’alvéole laisse passer O2, CO2 et N2 dans les deux sens selon les pressions de part et d’autre.
De l’autre côté de la paroi alvéolaire passe le sang. Une faible partie de l’O2 qui a traversé reste dissoute dans le plasma , mais la plus grande quantité de l’O2 venant de l’air alvéolaire rentre dans les globules rouges Les globules rouges contiennent un pigment nommé hémoglobine. L’hémoglobine contient du fer et l’oxygène a une forte affinité pour le fer. Ainsi fixé sur le fer de l’hémoglobine, dans une réaction réversible *, l’oxygène sera transporté par les globules rouges du sang jusqu’aux capillaires tout près des cellules. Arrivé là, comme la pO2 des cellules est presque nulle, O2 quittera l’hémoglobine, sortira des globules rouges, franchira par diffusion la paroi des capillaires et la membrane des cellules, et ira dans les mitochondries où il servira à faire de l’ATP dans le métabolisme aérobie. Mais vous savez aussi que ce ne sont que les fibres rouges, aérobies qui attendent cet oxygène pour brûler glucides et lipides avant tout. Ces fibres sont rouges car elles contiennent un pigment rouge avec du fer (nommé myoglobine). De l’oxygène du sang ira également se mettre en réserve provisoirement fixé à la myoglobine.
Je crois qu’il faut vous laisser revoir tout ça et nous en reparlerons plus tard

Bon travail

Cyber@lbert

* Remarque
Si la réaction de fixation de l’oxygène sur l’hémoglobine n’était pas réversible, O2 resterait fixé sur l’hémoglobine et ne pourrait pas quitter les globules rouges pour diffuser vers les cellules qui en ont besoin.

Question du mercredi 16 juillet 2014



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