Véronique PAYARES, Secrétaire de M.Bernard MATTIVI.

Comme promis, je vous expose mon problème de genou.
J’ai actuellement 42 ans et j’ai pratiqué intensément depuis l’âge de 10 ans, le basket, la natation, le ski, le ski nautique, etc...
J’ai subi une première intervention (Dr BENICHOU) qui par artroscopie m’a enlevée une partie du ménisque. le résultat la stabilité de mon genou était pire qu’avant.
Je vais chez le Dr BOUSCAYRE, qui me dit que ce n’était pas un problème de ménisque, mais que c’était les ligaments croisés antérieurs. 2ème intervention KENETH CHO (en synthétique) en 1996. Deux ans après je souffrais de plus en plus. Je suis donc allée voir le Doc MAILLE (en 1998), qui ne savait plus quoi faire car mon genou était dans un état désespérant.
Après 5 heures d’opération il a tenté un Lemaire qui a bien stabilisé le genou mais malheureusement le cartilage était déjà très abîmé et au moindre faux pas, je peux souffrir attrocément pendant 10 jours. Je suis dans l’attente de 3 injections de Sinvic.
Je sais que je ne pourrai plus refaire de sport mais je souhaiterais seulement avec une vie normale et pouvoir me promener sans me plaindre de ces douleurs car ça agit sur mon moral.

Pouvez-vous me donner votre avis ou des conseils ? merci bien d’avance

Véronique PAYARES


REPONSE

Véronique,

Voici les remarques de notre spécialiste :
Ce genou est dégénératif et en instabilité chronique. Le cartilage doit
être en très mauvais état et l’arthrose s’est développée. Le SYNVISC est
effectivement indiqué et entraînera peut-être une amélioration. Le
pronostic sportif est assez sombre. Il faut savoir que vous pouvez porter
une orthèse de protection contre l’instabilité pour vos activités
"sportives" qui doivent demeurer limitées et orientées vers la marche et la
natation. Orthèses type LENOX HILL PL ou DONJOY qui protégeront le genou
en le stabilisant. Les médecins peuvent prescrire un traitement anti
arthrosique ( de type ART 50 et Piasclédine 300 en association pendant 6
mois à un an minimum pour obtenir un effet durable). Mais c’est au médecin
traitant de décider. Ne pas oublier les traditionnels antalgiques en cas de
crise douloureuse aiguë.
Voici quelques consignes de protection pour éviter de déclenchement d’une
crise douloureuse :
Ne pas s’accroupir, ni se mettre à genoux.
Pas de mouvements de torsion du genou.
Les cures thermales ont parfois un bon résultat sur les gonalgies
chroniques dégénératives.
Voici pour les remarques du docteur J. Bouzigues.
Je vais compléter ce courrier par quelques explications supplémentaires
concernant le Synvisc.
Les produits du type Synvisc sont composés par du Hyaluronate de sodium. Le
Synvisc lui-même est appelé Hylane GF 20 et il est extrait des crêtes de
coq. Certains autres sont issus de biofermentations bactériennes.
Les injections sont recommandées pour le traitement de l’arthrose du genou
(gonarthrose) en cas d’échec du traitement médical classique et en dehors
des poussées congestives. Il faut subir selon le produit de 3 à 6
injections, le Synvisc en nécessite 3 souvent à une semaine d’intervalle.
L’effet positif peut persister de 6 mois à plus d’un an selon les cas.
Pourquoi ces injections de viscosuppléments ?
Les articulations normales mettent en présence deux surfaces articulaires
avec une capsule, une membrane synoviale et un liquide nommé liquide
synovial. Ce liquide, à l’état normal, est sécrété par des cellules
spéciales articulaires de la synovie et du cartilage. Il est formé de
hyaluronate de sodium. Son rôle est de lubrifier l’intérieur de
l’articulation pour faciliter les mouvements articulaires simples (repos et
marche lente) mais aussi de d’absorber les chocs grâce à son élasticité
pour les mouvements rapides (course et tous sports) Il protège en même
temps les surfaces articulaires cartilagineuses.
Dans l’arthrose du genou, le hyaluronate du liquide synovial est dégradé
(on dit en termes savants qu’il se dépolymérise) sa concentration diminue
et par conséquent ses qualités visqueuses et élastiques se dégradent. Les
cartilages articulaires subissent directement les chocs et s’usent pour
finalement se dégrader et disparaître. Pensez aux secousses qui abîment la
voiture et que vous ressentez en conduisant vite sur une route accidentée
quand les amortisseurs sont inefficaces.
C’est pourquoi on réalise dans certains cas des injections de produits
viscoélastiques qui restituent un milieu favorable au mouvement
articulaire. La douleur et l’incapacité fonctionnelle diminuent et les
besoins en médicaments anti-douleur diminuent. On arrive à diminuer (ou
supprimer) les injections intra articulaires de cortisone.
Les indications sont limitées aux patients chez lesquels les autres
traitements ont échoué, le traitement est limité à un traitement par an et
par genou, les injections doivent être pratiquées par un rhumatologue, un
chirurgien orthopédique ou un médecin de médecine physique et de
réadaptation. La prise en charge actuelle en France rembourse 33 % du prix
du Synvisc injecté. Il y a 8 spécialités différentes, leur différence
portant surtout sur le poids moléculaire et la concentration, toutes
identiquement remboursées.
Une très nette amélioration de la qualité de vie a été notée dès le premier
mois ainsi qu’une diminution de l’utilisation des autres médicaments
antalgiques et une baisse significative des arrêts de travail et des
hospitalisations.
Bon courage
Cyber@lbert
Nouvel article 2016
http://www.inserm.fr/index.php/espa...

Question du samedi 5 juillet 2014



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