Fractures de fatigue.



Fractures de fatigue.

On a mal, la radio ne montre rien, il suffit d’une scintigraphie osseuse.

Fracture de fatigue

Il est difficile de faire admettre à certains sportifs qu’ils peuvent avoir une fracture sans être tombés ni avoir reçu de coups. Et pourtant, la fracture de fatigue en est l’exemple le plus formel.

Les premiers signes

Le sportif va ressentir une douleur très bien localisée, souvent au membre inférieur et surtout au pied, pendant ou après un long effort du type marche pénible ou course de longue durée.
Il ne fait pas trop attention à cette douleur, vu qu’il n’y a pas ressenti de choc, en pensant que la douleur est passagère et qu’elle disparaîtra avec le repos, ce qui ne sera malheureusement pas le cas.

Le sportifs les plus exposés

C’est plus fréquent chez ceux qui ont peu de pratique sportive. Il faut aussi que les efforts soient également inhabituels et répétés, avec par exemple une modification des conditions d’entraînement chez les sportifs, la progression de l’entraînement étant mal gérée par surmenage.
Les chaussures inadaptées peuvent être incriminées ainsi que la dureté du sol sur lequel se déroule la marche ou la course.
On a également remarqué la fréquence de ces fractures chez les sportives qui ont un entraînement intensif, qui soignent l’esthétique dans le sens de la minceur et qui suivent pour cela des régimes alimentaires restrictifs (gymnastes, danseuses, patineuses). Leur alimentation insuffisante en calories est également déficiente en laitages, donc en calcium.
Elles perturbent ainsi leur équilibre hormonal, leurs règles disparaissent car leurs œstrogènes diminuent dans le sang (comme chez les femmes ménopausées)
Ces conditions font le lit de l’ostéoporose qui prédispose à la fracture de fatigue.
Le diagnostic médical
Il faut comparer une fracture de fatigue à une fissure de l’os comme une trace apparaît sur le pare brise d’une voiture qui a reçu le choc violent d’un petit caillou.
On voit un trait, on en déduit que le verre est fendu, mais la glace n’est pas brisée en deux ou plusieurs morceaux.
Ceci provoque une vive douleur qui est le plus souvent localisée à un pied , près de la racine des orteils.
Le sportif boite, évite d’appuyer le pied, prend toutes les positions d’équilibre pour ne pas augmenter la douleur.
Si le médecin touche avec le doigt le point précis signalé comme douloureux, le sportif ressent une violente douleur au niveau de l’os, à l’endroit précis où l’os est fissuré.
On peut voir à l’examen une zone un peu enflée sur l’endroit où l’os est douloureux (œdème local)
Il ne faut pas croire que le pied soit le seul menacé de fracture de fatigue. Tous les os peuvent être atteints, en fonction des sports pratiqués, mais il est vrai que les membres inférieurs sont les localisations les plus fréquentes, avec le tibia, le calcanéum (talon) et la base des orteils (métatarsiens)
Les examens complémentaires
Si on fait une radiographie tout de suite, ou dans les premiers jours, elle n’apporte la plupart du temps aucun indice.
Elle peut être strictement normale !
La radiographie ne montrera la fissure et son début de réparation que 2 à 3 semaines plus tard, quand l’os se répare lui même en déposant du calcium sur la fêlure.
On arrive seulement alors à distinguer sur la radio le trajet calcifié (cal)
Si la première radiographie montre par chance la trace de la fracture, il est évidemment inutile de réaliser d’autre radiographies par la suite.
Un examen complémentaire très utile est la “ scintigraphie osseuse ” qui peut confirmer le diagnostic 48 h après l’apparition de la douleur, car on voit le calcium radio actif se fixer sur la fissure.
Le scanner et l’IRM ne sont justifiés que dans des cas exceptionnels où la fracture de fatigue est suspectée en un lieu dangereux (vertèbres) et si on hésite entre fracture de fatigue et une maladie osseuse très grave.
Les causes
L’effort physique a des conséquences sur les os trop sollicités par les contraintes de la course et fatigués par les tractions musculaires.
En général le sang du sportif sortant des muscles fatigués est très acide et cette acidité fragilise l’os qui perd des phosphates et du calcium.
Le remodelage osseux (destruction et reconstruction de l’os) qui correspond à un phénomène normal mais réduit au repos, est tellement exagéré en destruction sur l’os fatigué, que quelques travées osseuses sont rompues et, si l’effort est poursuivi, il existe une fissure invisible aux rayons X, puis une fracture sans déplacement des deux parties.
Les sportifs dont les os sont fragiles ou chez lesquels existent des problèmes de statique des pieds y sont naturellement plus sensibles.
On rappelle que les plus exposés sont : militaires, marcheurs, randonneurs, marathoniens, et ceux qui pratiquent l’athlétisme de fond, demi fond, haies, ainsi que football, danse, et patinage.
Le traitement
Arrêt obligatoire et immédiat du sport.
Certains médecins proposent de mettre pendant un mois ou plus un plâtre de marche (immobilisation plâtrée).
D’autres préconisent au contraire, pendant le repos total, l’utilisation de cannes anglaises et de chaussures spéciales (si c’est le pied qui est atteint) pour soulager l’avant pied, sans mettre de plâtre. Si le sportif respecte le repos, il n’a pas besoin de médicaments.

La reprise du sport se fera en douceur dès que le repos prescrit sera passé et que la douleur aura disparue.

La prévention consiste en surveiller l’entraînement des sportifs qui doit être doux et régulier, sans à coup dans la progression. Il faut savoir limiter sa fatigue et inclure des moments de repos dans les randonnées, exiger des non habitués aux longues marches une période de préparation suffisante surtout pour adapter les pieds aux chaussures de marche.
L’intervention chirurgicale est rarissime dans les fractures de fatigue.


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On peut se demander pourquoi les phosphates de l’os sont fragilisés quand l’effort est exagéré. En réalité les excès de sport apportent de l’acide lactique au sang. L’ion H+ provenant de l’acide lactique est en excès et doit être capté par des substances dites "tampons". Il y a les tampons du sang, l’hémoglobine, les bicarbonates et les phosphates, Les phosphates de l’os sont aussi des substances tampons qui captent H+ et qui sont ainsi fragilisés. L’os est donc un organe impliqué dans la lutte contre les acidoses lactiques d’effort. La déformation des structures osseuses par contrainte est également en cause.