Cher docteur, voici ce que je pense de votre réponse précédente(merci d’avoir répondu vous me redonnez vraiment espoir) :
Je n’ai pas le taux de LDH, mais je vais m’empresser de le demander.
Je pense aussi qu’il y a des coïncidences fâcheuses qui peuvent mener à des diagnostics complètement tronqués.
A priori, le pariet 20 serait hépato-stimulant, dans la mesure où c’est une nouveau médicament.
De plus, j’ai vu dans de nombreux rapports médicaux sur internet que :
Selon que les ALAT sont > ou sont < aux ASAT alors l’origine de l’augmentation est soit musculaire, soit hépatique. Me tromperais-je ? Je ne me souviens plus du sens exact, mais je me rappelle que en ayant comparé avec mes analyses, en février, c’était une cause hépatique alors que récemment, se serait une cause musculaire. Disons que ce médicament est à éviter pour les patients présentant des troubles hépatiques. Comment expliquer cette inversion de l’origine de cette augmentation.
Je n’ai pris aucun "produit" dont vous faites référence d’aucune sorte. La seule alimentation que je pratique est "naturelle". Il est vrai que je bois uniquement des tisanes en dehors de l’eau, mais classiques "vendues en supermarché", pas de café pas de cigarette. Je mange des graisses en niveau raisonnable, pas de fringale, ni d’excès, je pense avoir une alimentation très saine. Il est vrai en revanche que manger de la dinde et des pâtes et du fromage blanc pendant plusieurs jours pourrait me nuire. Sinon, je prends toujours un produit laitier, et ma consommation en protéine n’est pas excessive, mais il est vrai que je mange souvent du thon en boîte, et de la dinde, ainsi que des escalopes de poulet. Beaucoup de légumes(à chaque repas). Et la pratique de la musculation doit être remise dans son contexte :
Je pratique des séances régulières, 2 fois par semaine mais très intenses. Mais je me demande si faire mes séances à 23H alors que je suis complètement fatigué, en manque de sommeil, est une bonne chose et ne multiplie pas les effets néfastes dont je vous ai fait référence. Je dors peu et suis toujours en état de fatigue, je pense que cette fatigue couplée au sport ne font pas que j’ai une bonne hygiène de vie. Mais je suis drogué, pratiquement, si je ne fais pas mes séances de natation ou de musculation, je me sens triste. Et cela me donne des forces mentales de faire du sport, mais je pense que cela m’affaiblit physiquement (c’est paradoxal, mais c’est tout à fait ça, j’ai besoin de faire du sport !).
C’est ainsi que l’hypothèse de l’intoxication non médicamenteuse, m’apparaît très improbable.
Un excès de protéine pour moi est à remettre dans un contexte global. Si je souffre déjà de problèmes digestifs et que je mange 4 tranches de dindes et un bon plat de pâtes, suivi de 300g de fromage blanc à 22H, et que je vais me coucher vers 2H du matin, après une séance de musculation intense, puis que je passe une mauvaise nuit à cause de l’acidité en passant plusieurs fois par la selle dans un état nauséeux, et que je me lève à 8H pour aller au travail je pense que oui, là comme vous l’expliquez effectivement tout mon appareil digestif, du foie aux intestins en passant par le pancréas et le duodénum vont être bouleversés !
Je vais donc demander le taux d’urée également. Puis-je faire un dosage d’urée ou d’azote urinaire, au vu de ma consommation en protéine qui se résume à "quantité un peu supérieure à la moyenne mais tous les jours et à chaque repas"
Je vais suivre vos trois conseils
1) pendant 1 mois revenir à une alimentation normale en suivant son traitement.
Questions : mon alimentation telle que je vous l’ai décrite n’est elle pas normale ?
ET je n’ai aucun traitement, justement pour ne pas influencer les troubles hépatiques. D’ailleurs le taux élevé d’enzyme ne peut pas être du aux médicaments, j’ai donc, en évitant la prise de médicaments(quitte à souffrir plus), éliminé un facteur de risque et une hypothèse quant à l’augmentation de mes enzymes : ce n’est pas une intoxication médicamenteuse ! C’était effectivement le premier diagnostic qui peut toujours être vrai(je ne sais pas à fortiori), mais qui ne peut être vrai dans ce cas.
2) Pendant ce même mois, n’avoir aucune activité de musculation mais suivre jogging en douce.
Là c’est très difficile de me demander cela, je pense que mon corps forme un tout, et arrêter la musculation pendant 1 mois, m’est pratiquement impossible psychologiquement. Une alternative : aller faire les prises de sang loin des séances (je pourrai m’arrêter une semaine, d’après mes lectures, les pics enzymatiques se situent entre la 12e et la 24e heure après un effort important)
3) Ce mois étant passé, rester trois jours sans activité sportive et faire les analyses le matin à jeun du quatrième jour.
J’enlève "ce mois" et je mets "cette semaine"
Je suivrai vos conseils car au moins vous me demandez d’agir. Il est d’ailleurs étrange qu’on obtienne 100 fois plus d’informations ici qu’en payant 30 euros la visite chez le spécialiste (vous m’expliquerez ça quand même, je suis vraiment agacé par les médecins qui n’écoutent pas assez tout ce qu’on leur dit, ils écoutent mais n’arrivent pas à insérer les informations dans un contexte global on dirait..).Après tout quelle est la différence entre un médecin qui se fie aux chiffres des analyses, à ce qu’on lui dit ainsi qu’aux résultats des examens divers qu’il a sous les yeux et vous même, qui au moins prenez le temps d’analyser et d’émettre des hypothèses ?
Votre démarche est très bonne, bravo ! Mais il est vrai que nos questions peuvent aussi vous apporter beaucoup n’est-ce pas ?
Encore une question :
Vous parlez de grands sportifs. Mais qu’est ce qu’un grand sportif ?
Si vous me demandez de tenir 1H20 dans une salle de squash à 50 degrés en jouant à fond, je le ferai, mon cœur est solide et je suis capable de développer une force assez puissante dans un laps de temps très court(apport de la musculation).
Ma question est complexe mais j’aimerais avoir votre avis. Je prends mon exemple, mais on peut faire le raisonnement générique.
Si on se place sur le long terme. Quelqu’un qui dort peu, qui est fatigué mais qui quand même résiste à cette fatigue et pratique la musculation régulièrement ainsi que de la natation à un rythme intense 2 fois par semaine pendant 1H. Enfin vous m’avez compris. Cette personne aura plutôt tendance à détériorer son état général, baisse de la concentration, réserves énergétiques faibles, pouvant même toucher d’autres domaines médicaux, notamment le système digestif ou nerveux ?
ou bien alors,
cette personne va développer une résistance aux situations extrêmes et au contraire acquérir des réserves énergétiques, et se parer justement à un éventuel autre excès ? Vous comprenez ma question, la question est légitime, je me sens fort à pratiquer le sport tout en étant fatigué, mais en même temps j’ai la ferme conviction que la pratique du sport m’empoisonne (au niveau biologique et organique). Peut être que mon cœur se fatigue mais que ma résistance à la fatigue elle, augmente ?
Cordialement
Alexandre,
Dans les infarctus du myocarde les CPK augmentent les premiers, et disparaissent rapidement, puis les SGOT apparaissent ensuite et SGPT n’augmentent que plus tard. Les LDH sont également libérées par le muscle cardiaque altéré ou en situation d’anaérobie. En règle générale, l’expérience montre que les TGP sont plus le signe d’une atteinte hépatique et les TGO de l’atteinte cardiaque et musculaire. C’est ici que le problème se complique pour vous car si vous aviez un début d’hépatite médicamenteuse et un excès d’activité musculaire, vous pouvez selon le degré d’atteinte hépatique et l’importance de l’effort (avec la proximité du prélèvement sanguin par rapport à l’effort) selon les cas avoir un élévation des deux à des degrés variables,
Je persiste à penser que le problème est d’avantage musculaire depuis que vous avez arrêté le médicament incriminé. Souvent on apprend après un certain temps que les nouveaux médicaments sont hépatotoxiques chez certains sujets et pas chez d’autres.
Pour les tisanes, j’ai retrouvé un article dans « la revue du praticien » 13 mai 2002 N° 575 page 776 dans lequel les herbes chinoises incriminées sont la chélidoine, l’hémoluol, qui dérive du séneçon (?) et le Kawa-kawa. On parle aussi de quelques nouveaux médicaments et d’excipients comme le saccharinate de sodium et autres.
Je comprends que le sport est devenu pour vous comme une véritable drogue, c’est un besoin incontournable, vous ne pouvez pas vous en passer et je vous félicite d’essayer sur une semaine, mais il faut peut-être penser qu’il y a d’autres choses dans la vie qui méritent qu’on s’y intéresse. En prenant de l’âge vous modifierez peut-être un peu votre vision des choses, mais ce qui m’inquiète c’est que vous persistez à faire du sport intensif alors que vous êtes fatigué. Le seul traitement de la fatigue c’est la diminution d’activité, le repos. Essayez de diminuer un peu, et soyez raisonnable car forcer musculairement avec de la fatigue risque de vous conduire à des accidents musculaires de type déchirure ou rupture. Alors ce sera pour vous une catastrophe !
Pour votre nutrition, vous reconnaissez qu’elle est déséquilibrée et mal répartie. Quand vous avez avalé vos tranches de dinde, vos pâtes et votre fromage, votre estomac est KO et en pleine digestion vous allez travailler vos muscles de façon intensive pour vous coucher à toutes les heures et vous lever à 8 heures ! Vous devez savoir que pendant que vos aliments sont dans l’estomac, si vous commencez l’activité musculaire, le débit sanguin vers le tube digestif est presque diminué de moitié. Imaginez ce que doit subir votre intestin avec tous ces nutriments en début de digestion et pas assez de sang pour les prendre en charge. C’est en partie pour cela que l’on conseille d’attendre 3 heures après un repas pour faire du sport. D’autre part, voyez les arrivées de glucose dans le sang après un repas et l’insuline que produit le pancréas. Au moment précis où le glucose de votre repas arrive dans le sang, l’insuline pour le gérer arrive afin de diminuer la glycémie. A cette diminution de glycémie provoquée par l’insuline, vous additionnez l’entrée de glucose dans les muscles en activité. Alors il se produit une hypoglycémie qui donne une fatigue musculaire et provoque aussi une fatigue et lassitude cérébrale car le cerveau consomme du glucose. C’est la classique hypoglycémie. Je vous confirme que vos troubles digestifs sont en grande partie si ce n’est en totalité explicables par ce comportement. Nausées et diarrhées peuvent provenir de là. Et en plus, vous surmenez le foie qui doit gérer tout ça. Vérifiez l’urée sanguine et urinaire, ça suffira, et vous comprendrez qu’il est urgent de modifier l’alimentation, et de faire de la musculation dans une optique qui ne vous amène pas à l’accident digestif et musculaire. Le foie utilise les transaminases dans le cycle de l’urée. Mais il doit aussi éliminer l’ammonium libre qui est toxique.
Dans ce cadre alimentaire, j’ai assisté à des conférences il y a quelques années, et j’ai participé à la rédaction d’un ouvrage qui doit être épuisé « Muscle et sport » de F. Bonnel, A. Terme et G. Sol. Springer – Verlag éditeur, 1992. Dans ce livre, un culturiste international nommé A. Thomas, signe un article page 52 qui est intitulé Culturisme et diététique. Il écrit : « pour les protéines et les repas, le rythme est de 4 à 5 repas légers par jour et absorber les protéines après l’entraînement. » (je le comprends dans la mesure où il veut réparer ce qui a été consommé) Il continue en disant qu’une recharge glucidique est à envisager aussitôt après l’entraînement. Il me semble que c’est l’inverse que vous faites. Il préconisait deux types de régimes selon la période de séchage ou de préparation. Il prenait des vitamines B,E,C des enzymes pour aider la digestion et du potassium.
Même si psychiquement vous ressentez le besoin impérieux de vous défoncer musculairement en dépit de la fatigue, demandez à votre médecin de vous aider par des conseils avant que « ça casse » Je ne connais personne capable de tenir longtemps un tel rythme.
Je me demande s’il ne serait pas nécessaire de rechercher avec lui quelles sont les raisons profondes de ce besoin. Il y a probablement là une des clés de vos troubles digestifs qui peuvent se révéler à l’occasion d’une sorte d’angoisse profonde mais que vous cernez mal.
Si vous arrivez à contrôler intelligemment un mois de nutrition normale et que vous arrivez à tenir une semaine sans musculation, on aura déjà fait des progrès et vous verrez que vos nausées et diarrhées seront atténuées. Pour les enzymes, on verra. La prudence médicale fait qu’il ne faut jamais trop s’avancer car personne ne peut prévoir vu la complexité de l’être humain.
Je ne pense pas que votre résistance personnelle vous permette d’améliorer éventuellement vos capacités, car les miracles sont rares en ce domaine. J’ai appris que le travail amène la fatigue et que le repos arrange tout. Mais je sais aussi que certains ont essayé d’aller au-delà de leurs forces et ils ont dépassé les limites que l’excitation ne leur a pas permis de sentir arriver. Il est bon d’arriver au maximum de soi-même, mais il est dangereux d’aller au delà. Dangereux pour le corps et l’esprit. Tendinites, hématomes, déchirures, arthrose banale, surmenage d’articulations avec interventions chirurgicales indispensables vers la soixantaine sur des coudes, des hanches, des genoux…
Soyez prudent. Votre médecin est u n professionnel en qui vous devez avoir confiance, il vous examine, vous interroge et demande des examens complémentaires. Il n’a peut-être pas le temps de suivre la psychologie de chaque patient car l’aspect psychologique demande des entretiens de très longue durée et qu’il n’a pas cette vocation ni le temps à lui accorder. Il sent qu’il y a besoin de ce contact, mais il attend que vous fassiez le premier pas pour ne pas modifier ce relationnel. Vous allez le consulter pour une fatigue et des douleurs digestives. Il explore. S’il trouve quelque chose il donne un traitement. Si plusieurs facteurs sont en jeu, vous devez l’aider à mieux comprendre. Par exemple, la prochaine fois, marquez sur une feuille que vous lui donnerez le type de menu que vous avez suivi dans une semaine et la réalité de votre activité physique chiffrée en clair qu’il comprenne enfin que ce n’est pas qu’un petit bacille qui est seul responsable. Ne lui dites pas « je veux telle ou telle analyse » parce que nous avons échangé ensemble des idées. Moi je ne vous ai jamais examiné, je partage vos soucis, je vous donne des pistes, mais c’est votre médecin qui vous tirera d’affaire. Et puis j’ai choisi pour ma retraite de ne pas plonger dans la mélancolie et de me maintenir en activité intellectuelle. Si un jour ça rapporte, tant mieux, mais pour l’instant je passe des heures à écrire des articles et à donner des conseils, par pur plaisir, mais en vous mettant toujours en garde. Internet c’est un contact, un avis, ce n’est pas un médecin.
Pourquoi ai-je passé tant d’heures avec vous ? Parce que j’ai senti que vous aviez besoin de parler, parce que votre cas est excessivement intéressant, parce que d’autres nous liront, partout dans le monde, et qu’ils seront enrichis par une partie de notre dialogue, et qu’un jour ils en tireront profit.
Je tiens encore à vous féliciter de ne pas avoir viré vers les produits comme la créatine et les hormones.
Là est l’essentiel de votre cas.
Il faut maintenant que je m’occupe un peu des autres
PS Les valeurs de SGOT et CPK citées dans ma première réponse sont dans « Médecine du sport » prévention traitements homéopathie et nutrition an 2000, préface d Aimé Jacquet, (pages 11 à 19) de Jean Marcel Ferret et Henri Koleckar éditions Boiron. Ce livre et les résultats énoncés sont pour les footballeurs.
Rendez-vous dans un mois pour les résultats.
Cordialement
Cyber@bert