Question Entraînement triathlon



Bonjour, comment peut-on faire pour developper efficacement la VMA en triathlon ?
Faut-il faire un cycle commun au trois disciplines ou faire trois cycles séparés de VMA, un par discipline ?
Quelle est la durée optimale d’un cycle de VMA et d’un cycle de temps de soutien ?
Et dernière question quelle est la fréquence des rappels dans la saison ?
Merci
Laurent

Réponse

  • Cher Laurent.

    Tout d’abord permettez moi de vous féliciter de la réflexion que vous
    menez. En effet, entraîner est un acte pratique qui nécessite toutefois au
    préalable toute une série d’opérations de natures théoriques. On ne fait pas
    n’importe quoi, n’importe quand, on doit savoir organiser, planifier les
    séances en fonction de leur répercutions métaboliques et des objectifs
    poursuivis. Bravo donc de vous soucier de la programmation d’une saison !

    En ce qui concerne la VMA (précisons : la Vitesse Maximale Aérobie) il
    convient tout d’abord de bien comprendre son fonctionnement. Je vais
    m’efforcer d’être simple et clair ! De manière schématique, il faut
    comprendre que lorsque l’organisme transite d’une phase de repos à la
    pratique d’une activité physique consommatrice d’oxygène (aérobie) la
    contraction des muscles striés squelettiques actifs (mis en jeu dans le
    mouvement) requiert de l’énergie. Cette énergie est fournit par les
    molécules d’ATP (adénosine triphosphate). Il va donc falloir répondre à la
    demande d’ATP par une voie d’ajustement / de fourniture aérobie. Se sont les
    modifications ventilatoires et circulatoires qui vont permettre ces
    adaptations. L’O2 de l’air ambiant est d’abord prélevé par l’inspiration
    puis diffuse à travers la barrière alvéolo-capillaire (poumon/compartiment
    sanguin) jusque dans le sang. Là, il est transporté via l’hémoglobine
    jusqu’au capillaires qui perfusent les fibres musculaires (tissu demandeur).
    Mais l’organisme ne peut pas consommer plus d’une certaine quantité d’O2.
    Lorsque le système de prélèvement fonctionne à son maximum, on dit que le
    sujet à atteint sa VO2max, sa consommation maximale d’oxygène. la Vitesse
    Maximale Aérobie n’est autre que la vitesse atteinte par le sujet lorsqu’il
    se situe à sa VO2max. c’est sa VVO2max (Vitesse à VO2max). Précisons que la
    VO2max est atteinte lorsque différents critères sont rassemblés : 1) La
    fréquence cardiaque maximale théorique est atteinte (220 - âge +/- 10%) 2)
    On observe un plateau de la consommation d’O2 3) Le quotient respiratoire
    (VCO2 sur VO2 est supérieur à 1). Tous ces paramètres sont évalués par
    analyse des échanges gazeux respiratoires et des FC (fréquences cardiaques)
    en laboratoire

    En ce qui vous concerne, sachez que la qualité de développement de
    VO2max est dite "transférable", c’est à dire que si vous faites un cycle de
    développement de la VMA par l’intermédiaire de la course à pied, celui ci
    aura une influence positive non seulement au niveau des performances sur la
    course à pied mais aussi en cyclisme et en natation. On comprend donc dans
    ces conditions, que point n’est besoin de mettre en place trois cycles pour
    développer les spécialités de votre activité. Un seul suffira. (A titre
    d’exemple sachez que les athlètes de longue distance en course à pied
    blessés peuvent entretenir leur VO2max en s’adonnant à la pratique de la
    natation...) Je vous conseille d’appliquer une forme de travail caractérisée
    comme étant intermittente. C’est à dire que vous allez privilégier des
    formes de travail de type fractionnée. Si vous avez déjà évalué votre VMA
    sur un test ergocycle ou tapis roulant en laboratoire (centre médico
    sportive / médecin du sport / UFR etc.), utilisez des intensités supra
    maximales (110/130% VMA) et alternez travail/récupération. Sachez deux
    choses essentielles, on ne peut développer sa VMA qu’en travaillant à des
    intensités égales à 100% ou plus de VMA !!! 2) En travail continue, on ne
    peut tenir à VMA que 7 à 8 mn . En conclusion, si 100% VMA = 6mn, mieux
    vaut faire 12mn de 1’/1’ (1mn course a 110% VMA, 1mn 70% VMA) ce qui fait un
    temps total de travail à VMA deux fois plus important qu’en travail
    continue... De manière générale on dit qu’une séance de développement de VMA
    est convenable lorsque on a soutenue cette dernière grâce au travail
    intermittent durant un laps de temps correspondant a 2.5 fois son temps de
    soutient en travail continue.

    En ce qui concerne la durée du cycle, sachez que pour développer VMA
    (encore appelée puissance aérobie) il faut au préalable travailler sa
    capacité aérobie
    (construire en quelque sorte les fondations de l’édifice). Un athlète qui
    peut soutenir pendant 20 minutes 90% d’une VMA a 20km/h fait montre d’une
    capacité aérobie inférieure à celui qui est capable de soutenir 90% d’une
    VMA de seulement 19Km/h mais pendant 30 minutes ! En effet le premier
    athlète à 90% de sa VMA court à 18km/h, le deuxième à 17.1 km/h. Mais le
    premier ne tiendra que 20 minutes, soit une distance totale parcourue de 6km
    tandis que le deuxième sujet (d’une VMA pourtant inférieure) pourra tenir 30
    mn soit une distance effective de 8.5km. (2.5 km de plus que le sujet 1).
    Cela devient un peu compliqué mais je souhaite simplement vous faire toucher
    du doigt le grand nombre de paramètres qui s’interconnectent pour développer
    convenablement le système aérobie. En résumé, pensez à travailler d’abord en
    capacité (travail en intensité submaximale de type endurance fondamentale
    continue lente) puis en puissance (travail à VMA ou >VMA avec la méthode des
    efforts intermittents).

    Programmez donc dans votre saison une place suffisamment large pour le
    développement de votre VO2max en respectant surtout la hiérarchie et le
    cheminement logique présenté ci dessus. La phase hivernale me semble
    convenir parfaitement pour réaliser un tel travail et un rappel éventuel en
    début d’été paraît envisageable sinon nécessaire.

    J’espère que ces quelques explications vous permettront de mettre en
    place un entraînement efficace dans l’optique d’améliorer vos performances.
    Cordialement,
    Jean-Marc BERTRAND.

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