Bonjour, je voudrais savoir où je pourrais obtenir des informations sur le rôle des minéraux et des oligo-élément pendant et après l’effort, et des études comparatives concernant l’appareil locomoteur et cardio-vasculaire d’ individus sédentaires, d’autres entraînés spécifiquement en aérobie, d’autres en anaérobie, et d’autres ayant suivi une entraînement anaérobie et anaérobie, type fractionné.
Aussi je voudrais savoir s’il est possible de prévoir précisément l’effet d’un entraînement à l’aide de formules mathématiques.
Est-il vrai qu’un entraînement en aérobie n’augmente pas la masse musculaire et qu’au contraire le diamètre des fibres peut même diminuer ?
Connaît on actuellement les raisons de l’accroissement de la masse musculaire, ... les raisons exactes qui conduisent tout l’organisme à s’adapter après l’entraînement ?
Je vous prie d’agréer mes salutations les plus sincères.
Réponse
Cher Jérôme.
En ce qui concerne les études comparatives concernant l’appareil cardio
vasculaire et locomoteur du sédentaire versus le sportif, je ne possède pas
de références scientifiques précises, mais je peux en revanche vous faire
part d’un élément très simple et pour le moins intéressant : de manière
générale, l’entraînement permet d’améliorer toutes les grandes fonctions de
l’organisme non seulement à l’exercice sous max mais aussi à l’effort
maximal !
Nous pouvons citer à titre d’exemple l’amélioration de la fonction
cardio-vasculaire par une augmentation du volume total sanguin et donc par
une amélioration du retour veineux et de la pompe cardiaque (loi de F.
Starling) avec une meilleure contractilité myocardique. En exercice sous
maximal, on note une diminution de la fréquence cardiaque (BPM) et une
augmentation du volume d’éjection systolique (VES) pour une intensité
donnée. A l’exercice maximal, on remarque une hausse du débit cardiaque max
et du VES max.
Si on s’intéresse au compartiment sanguin on remarque que l’augmentation
du volume plasmatique s’accompagne d’une hausse du nombre et de la taille
des globules rouges (transporteurs de l’O2) qui permettra au final une
hausse de VO2Max (volume d’oxygène maximal consommé par l’organisme) doublé
d’une meilleure convection circulatoire et donc d’un meilleur
approvisionnement des territoires actifs. De plus, l’angiogénèse des fibres
musculaires provoque une meilleure diffusion au niveau de l’interface
sang/muscle.
D’autre part, les possibilités fonctionnelles ventilatoires sont
améliorées. Lors de l’exercice sous maximal, l’individu entraîné à un débit
ventilatoire plus bas. Lors de l’exercice maximal, la ventilation est
supérieure à celle observée avant entraînement.
Nous pouvons encore citer la consolidation du capital osseux par un
turn-over optimal des ostéoblastes et des ostéoclastes
Au niveau de l’influence d’un entraînement anaérobie sur la composition
du muscle, on notera principalement les modifications typologiques,
histochimiques et enzymiologiques des fibres de type intermédiaire vers
celles dites "rapides, blanches, peu oxydatives". Leur concentration en ATP
de 5 mmol par kilos de muscle frais ne changera pas mais on pourra jouer
légèrement sur le stock de phosphocréatine en tendant vers une déplétion
plus complète (20 mmol au départ jusqu’ 3/4 mmol au final au lieu de 6/7.)
L’entraînement anaérobie déterminera une croissance transversale du muscle à
cause d’une hypertrophie cellulaire (épaississement des fibres).
On pourrai développer le sujet à l’infini. Je vous conseille simplement
si vous souhaitez des renseignements plus complets et plus précis de vous
référer à des ouvrages de physiologie sportive tels que "physiologie du
sport" de Monod et Flandrois - ed MASSON - 2000 ou encore "biologie de
l’exercice musculaire" de Lacour - Ed. MASSON - 1992.
Pour répondre à votre question concernant l’existence éventuelle de
formules mathématiques prédictives de la performance, je vais être
catégorique : on ne peut pas prédire avec certitude un résultat suite à un
entraînement pour la simple raison que chaque organisme répond de manière
individuelle et personnalisé à une sollicitation physique. Le corps peut
s’apparenter à un organe de transfert aléatoire qui peut s’avérer être un
bon répondeur à une méthode ou un moins bon répondeur ! Certains sportifs
ont rendez-vous quotidiennement avec la fonte et ne prennent pas beaucoup de
muscles, d’autres "gonflent" à vue d’oeil, simplement après avoir développé
une seule barre. Pour bien comprendre ce phénomène, je vais imager mon
propos par l’exemple de l’amplificateur d’une chaîne HI-FI. Lorsqu’un signal
entre dans l’appareil, il peut être amplifié en 2 fois 60 watts ou bien 2
fois 200 watts. Chaque amplificateur est particulier et bien ca qu’il faut
comprendre c’est qu’il en va de même du sportif. De plus, la performance est
multi-factorielle et fait intervenir de manière non négligeable l’aspect
psychologique qui, par essence est difficilement maîtrisable, quantifiable
et ajustable. Sans compter les conditions extérieures qui peuvent venir
polluer le modèle prédictif (climat, blessures, nutrition, conditions
environnementales etc.)
Pour ce qui est de l’entraînement aérobie, vous avez tout à fait raison.
Ce dernier ne peut servir à développer la masse musculaire. On l’utilise
éventuellement en body building pour "sécher" dans l’optique d’obtenir une
meilleure "définition musculaire" grâce au phénomène de lipolyse, mais en
aucun cas cette méthode ne peut servir à prendre du muscle (sauf en cas de
rééducation douce après un alitement prolongé suite à une maladie ou à une
hospitalisation). Le diamètre des fibres quant-à-lui est déterminé par la
nature de celles-ci (elle même déterminé par son innervation...). On sait
qu’une fibre lente est moins épaisse qu’une fibre rapide, or, l’entraînement
aérobie à tendance à transformer les fibres glycolytiques en fibres
oxydatives donc on peut effectivement assister à une fonte musculaire.
Les raisons de l’accroissement musculaire sont parfaitement connues. Il
s’agit d’une resynthèse protéique suite à une sollicitation mécanique.
L’activité physique entraîne des micro-traumatismes et des micro-lésions
répétés sur la fibre. Lors du phénomène de surcompensation qui fait suite à
l’effort, des cellules spécialisées (les myoblastes) vont reconstruire un
néo tissu cicatriciel grâce aux acides aminés, aux phénomènes de
chimiotactismes et de migrations cellulaires. La fibre musculaire étant
multinucléée et entourée d’une trame conjonctive nourricière, elle peut
s’épaissir et se développer facilement.
Enfin, de manière générale, il me semble que le processus principal qui
fait que l’organisme progresse suite à un entraînement est "l’adaptation".
La fonction première de tout être vivant est l’adaptation ! En terme
d’entraînement sportif, le corps s’adapte à des charges, des volumes, des
durées, des intensités qui le font progresser. Un organisme soumis à une
activité physique va se développer de telle manière à répondre efficacement
face aux exigences (logiques internes) de cette activité (développer des
muscles puissants pour pouvoir soulever des barres de plus en plus lourdes
en musculation, optimiser son système d’échanges gazeux pour pouvoir courir
des distances de plus en plus longues en cyclisme ou en course à pied etc.)
J’espère avoir répondu convenablement à vos attentes
Sportivement
JM.