Question Endorphine



merci pour votre précedente réponse sur le sur-entraînement.

J’ai une nouvelle intérrogation :
De nombreux sportifs de haut niveau ont témoigné, dans certaines conditions d’une sorte d’état de grâce qui tend à faire disparaître la douleur, ressentir une sensation agréable de plénitude, qui se rapproche de certains états modifiés de conscience.

Cet état particulier est-il dû à la sécrétion d’endorphines ?
Dans quelles conditions précises sont-elles sécrétées ?
Quelles sont leurs effets précis sur le psy et sur le traitement de l’information, en particulier sur la réponse motrice ?

Il semble plus difficile de reproduire ces sécrétions (cet état), que les sécrétions d’adrénaline par exemple (qui peuvent être assez facilement déclenchées par un réflexe mental conditionné.
Est-ce exact ? Pourquoi ? Avez-vous des infos et témoignage sur cet état particulier et trés intéressant semble t-il pour des sports à dominante informationnelle ?

Excusez-moi de vous poser dix questions en une seule, mais vos réponses sont salvatrices et alimentent une étude sur la pratique de l’enduro, qui se voudra un premier jet puisqu’aucune archive écrite n’existe dans notre sport.

Elles influencent également mon discours de terrain avec mes pilotes.

Merci par avance.

Fred.L


REPONSE

Fred,
Ce sujet a été déjà débattu sur le site. On ne sait pas encore avec précision comment elles sont libérées et comment elles agissent. Le lobe antérieur de l’hypophyse est la source principale des bêta endorphines, qui sont libérées dans le sang en même temps que les hormones nécessaires à exciter la corticosurrénale (ACTH) On trouve aussi les endorphines dans le liquide céphalorachidien.
C’est une réponse au stress que représente l’exercice musculaire correspondant à l’activation de ce que l’on appelle l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien. Ainsi les endorphines apparaissent avec l’ACTH, le cortisol. Mais il y a en même temps une activation de tout le système nerveux sympathique avec adrénaline, noradrénaline c’est à dire des neurotransmetteurs et des hormones provenant des neurones et de la glande médullosurrénale.
Alors que les endorphines sont produites surtout par le cerveau, l’adrénaline est produite par un glande périphérique la surrénale. Ces catécholamines libérées par le sport et le stress par exemple, répondent à un ordre nerveux qui a été élaboré dans le cerveau, dans l’hypothalamus.
En quelque sorte, suite à des stimulations externes de stress, c’est le cerveau intérieur et profond qui a déjà intégré des situations difficiles antérieures, qui déclenche dans l’hypothalamus des réactions hormonales. Dans les produits qui apparaissent se trouvent les endorphines, et d’autres qui iront exciter par exemple le centre de la surrénale en passant par le sang. L’adrénaline produite par la médullosurrénale est donc une réaction secondaire et périphérique, son action est physique motrice, musculaire, stimulant la glycolyse, la glycogénolyse, alors que les endorphines restent cérébrales dans leur production et n’agissent apparemment pas dans l’acte moteur lui même. Leur action serait plus modulatrice, antalgique, comportementale, thermorégulatrice, stimulante de l’appétit, avec éventuellement une action sur la ventilation, et en même temps les endorphines vont moduler les effets des autres hormones, par exemple en diminuant l’effet de l’ACTH et de l’adrénaline.
Voici la copie de ma réponse à un autre sportif que nous avons publiée déjà sur le site.
« Votre deuxième question porte sur l’existence d’une hormone qui ferait du bien et qui serait produite pendant certains efforts. Je suppose que vous voulez parler des endomorphines. On a en effet découvert en 1970 que notre corps synthétisait des produits du type hormones qui avaient des effets semblables à la morphine, effets soporifiques et sédatifs. On les a appelés endomorphines (ou endorphines) et on a vu que le stress en produisait, de même que l’exercice musculaire. Certains auteurs assurent que les épreuves de type course à pied de longue durée, ski de fond en produisent beaucoup, mais à 70 et 80 % de la VO2 max. Il faut aussi des durées de l’ordre de 60 minutes. D’autres auteurs ont dosé des augmentations des endorphines du 1500 m au 10000 m. Le stress de la pré compétition a aussi augmenté le taux d’endorphines, et le simple fait de prendre le train pour se déplacer peut être à l’origine d’augmentations. Mon confrère et ami le professeur Orsetti (†) avait cherché à savoir si les bienfaits des cures thermales à Balaruc les bains étaient dus à l’élévation des endorphines, et quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’il constata que les concentrations d’endorphines augmentaient dès l’arrivée à la station, avant toute thérapeutique balnéaire.
Un des effets les plus utiles des endorphines est d’augmenter le seuil de perception de la douleur, de diminuer la tension musculaire et l’anxiété, effet antidépresseur, effet euphorisant, stimulant de l’appétit et peut être de dépression immunitaire. Action également sur les hormones sexuelles.
Ceci montre que les muscles et le cerveau sont liés par des systèmes encore mal connus de telle sorte qu’ils sont en contact permanent. Les endorphines à action favorables sont une sorte de drogue naturelle qui récompense le cerveau d’avoir laissé l’effort physique se réaliser jusqu’à un certain degré de fatigue, sans décider d’interrompre. Le corps n’est pas fait que de muscles. »
Restant à votre disposition, je vous félicite pour le travail que vous avez entrepris et vous souhaite de le mener à bien.
AC

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