Electrostimulation


bonjours, que pensez vous de l’électrostimulation. Peut on gagner en densité musculaire avec cette méthode ?
peut-on l’utiliser en la combinant avec un entraînement. merci


REPONSE

Oneyser,
Je n’ai aucune pratique personnelle de l’électro-stimulation, et les médecins ne devraient l’utiliser que pour pratiquer des soins et éviter l’atrophie musculaire après une longue immobilisation.
Certains sportifs l’utilisent pour augmenter leur masse musculaire et leur force, en dehors des prescriptions médicales. De nombreux appareils sont utilisés. Je ne ferai que rappeler ce que j’ai pu lire sur ce sujet. Je cite Cometti G. UFR Staps, Université de Bourgogne, 21004 Dijon in Muscle et sport, Bonnel, Terme et Sol, Springer-Verlag éditeur, 26 rue des Carmes, 75005 Paris, 1992.
Cometti : « pour être efficace, le travail en électro-stimulation doit s’effectuer avec l’intensité de travail maximum supportée par l’athlète / les progrès en force mesurés (sur l’appareil cité) sont de l’ordre de 30 % pour 3 semaines de travail à raison de 3 séances de 10 minutes par semaine pour un quadriceps.
Masse et détente
La masse musculaire mesurée par scanner informatisé évolue de manière très significative en 9 séances sur 3 semaines pour le biceps brachial et le quadriceps. Pour la détente, chez les sauteurs en hauteur de niveau moyen, nous avons effectué 3 semaines d’entraînement avec 2 groupes : un groupe s’entraînait de façon classique, un groupe s’entraînait de la même façon avec en plus 3 séances de 10 minutes de stimulation du quadriceps par semaine. On constate des progrès significatifs en force et en performance au squat jump. Par contre, le contre mouvement jump a tendance à baisser. L’élasticité musculaire a tendance à diminuer au cours d’un travail d’électro-stimulation, il faut donc compenser avec des exercices de pliométrie.
Nous considérons que l’électro-stimulation est une méthode intéressante :
Comme méthode principale pour remplacer la musculation lourde
Comme méthode complémentaire
Pour maintenir le niveau de force en période de compétition
Pour repousser le seuil de fatigue musculaire dans le cas des disciplines d’endurance
Pour augmenter la masse musculaire
Mais il faut intégrer cette méthode dans le programme des athlètes avec les autres régimes de contraction.
Voici à présent l’avis de Jean-Yves Cochand
Eureka-sport : Que pensez-vous de l’electrostimulation ?
Réponse : J’aimerais avoir des éclairages médicaux sur ces pratiques, parce que je pense que autant en rééducation cela peut avoir une utilité, autant en méthode systématique de développement de la force, voire même de récupération systématique, je suis persuadé que l’on va vers de graves ennuis. J’ai questionné des neurologues, je suis persuadé que l’on va vers une dépolarisation du muscle, voir une déprogrammation de l’étage supérieur, puisqu’on induit sans arrêt des courants court-circuitant l’influx nerveux. On perd ainsi l’harmonie du geste entre muscles agonistes et antagonistes.
Eureka-sport : Le geste doit être pensé et non imposé ?
Réponse : J’en suis persuadé mais je voudrais bien aujourd’hui avoir des cautions scientifiques parce que ça devient de pire en pire. Il y a des gens qui sont tous les jours sous electrostimulation soit en méthode de musculation (alors qu’il n’est pas prouvé que ce soit efficace scientifiquement parlant), soit en récupération, mais moi je suis sûr que l’on introduit en plus une dépendance.
Eureka-sport : C’est réservé normalement à la rééducation sur blessure pour ne pas que le muscle s’atrophie trop.
Réponse : Tout à fait, il s’agit d’un acte local et ponctuel. Et statistiquement si je fais un bilan sur 2 à 3 ans, tous ceux qui ont des problèmes récidivants, comme par hasard 75% étaient sous electrostimulation 2 à 3 fois ou plus par semaine.
Eureka-sport : Il y a des façons de procéder, des courants, des points d’applications différents...
Réponse : En effet. De plus, j’ai été un des premier à tester. Je suis de Dijon comme Gilles COMETTI qui à introduit l’electrostimulation en France, et quand on met un courant vraiment à haute dose sur un quadriceps, on remarque que les ischios, les adducteurs, tout se contracte. Donc à un moment donné le jeu agonistes/antagonistes est perturbé. En plus, il s’agit là du côté physiologique, médical, mais sur le plan personnel je ne conçois pas cela ! J’ai souvent dit à toutes les rentrées scolaires du centre d’entraînement de Montpellier que philosophiquement parlant, personnellement je ne peux pas l’accepter, car c’est introduire une dépendance d’une machine. Se mettre sous une barre de musculation, c’est moi qui décide si je la pousse ou si je ne la pousse pas. Le courant ce n’est pas moi qui décide ! Imaginez que quelqu’un crée un courant capable de provoquer un geste, alors les entraîneurs ou l’homme ne seront plus maître d’eux.

Question du samedi 28 juin 2014



Avez-vous trouvé cela utile ?

Pas de notes pour le moment

Dans la même rubrique