bonjour, je voudrais savoir de manière assez précise : quel est le mode d’action de l’EPO sur l’organisme ? et savoir si pour un sport d’endurance c’est la substance la mieux adaptée ?
merci


REPONSE

Eleonore,
Bien entendu, l’EPO est la substance la mieux adaptée à l’apport en oxygène des cellules, donc aux efforts d’endurance. Mais c’est une substance dopante et si on prouve que le sportif en a pris, il sera disqualifié et puni.<br /
Voici un texte écrit depuis quelque temps pour d’autres étudiants :
“ Il est bien entendu au préalable que l’EPO n’a pas d’action musculaire. Cette hormone produite surtout par le rein va agir sur la moelle des os longs productrice des globules rouges. C’est de l’action sur l’EPO sur les cellules spéciales qui précèdent les érythroblastes dont vous parlez. C‘est par l’effet de l’augmentation des globules rouges (hématocrite et hémoglobine augmentés) qui sont responsables de l’apport de plus grandes quantités d’oxygène musculaire, que l’EPO agit.
L’EPO est une hormone qui contrôle la concentration en globules rouges.
Le gène humain est localisé sur le chromosome 7, région q 21. La protéine possède 166 acides aminés et M = 18 000 daltons. Cette molécule est fortement glycosylée, ce qui est indispensable à son activité biologique, ce qui l’amène à M = de 32000 à 40000 daltons après glycolysation.(environ 34000)
Concentration circulante estimée à 10 à 20 m U / ml. Sa demi-vie est estimée à 4 heures chez l’homme normal.
Elle est synthétisée en majorité (80 à 90 %) par certaines cellules du rein hypoxique. (cellules mésangiales du pôle glomérulaire et dans le peloton des capillaires glomérulaires ?) Comme elles sont situées au contact des capillaires glomérulaires, elles baignent dans du sang artériel, et perçoivent la concentration artérielle en oxygène (c’est un détail important)
Les cellules épithéliales du tube rénal sécréteraient aussi de l’EPO quand la pO2 serait trop basse dans le sang qui arrive à leur niveau.
Une faible quantité est synthétisée par le foie.
Il n’y a pas de stock d’EPO, mais l’hypoxie entraîne la synthèse des ARN messagers en 2 heures, et après 4 heures, le taux de l’hormone augmente.
Il est possible que l’hypoxie agisse par l’intermédiaire d’une protéine héminique qui stimulerait le gène en se fixant sur lui. (hypoxia induced factor)
L’EPO agit in vivo sur des cellules morphologiquement indifférenciées. La cible principale de l’EPO est la cellule CFU-E qui est strictement dépendante de l’EPO, et elle déclenche la production de proérythroblastes, son effet continue tout au long de la lignée en accélérant la prolifération et en diminuant le temps de transit médullaire. L’EPO accélère la synthèse des ARN et donc celle de l’hémoglobine et elle favorise la sortie des réticulocytes de la moelle.
On sait que les érythroblastes ont des récepteurs à l’EPO, entre 1000 et 2000 par cellule. Le complexe récepteur-EPO rentre dans la cellule où l’EPO sera dégradée. Le reste est encore mal connu, sauf erreur de ma part
Il y a ainsi augmentation des globules rouges et polyglobulie qui permet d’améliorer la capacité de transport d’oxygène du sang.
Alors ici commence la deuxième partie de l’exposé : comment un apport plus important d’oxygène aux cellules musculaires peut-il accroître l’efficacité des fibres. C’est évidemment tout le problème de l’effort aérobie des fibres rouges lentes aérobies qu’il faut développer avec le travail mitochondrial et la production d’énergie de la phosphorylation oxydative.

Autre réponse :
On sait que les sportifs auxquels on injecte de l’érythropoïétine désirent augmenter le nombre des globules rouges de leur sang pour que leurs muscles reçoivent d’avantage d’oxygène à l’effort.
Le produit injecté est difficile à doser car il n’est plus présent dans le corps du sportif le jour de la compétition, si l’injection a été faite une semaine avant. Mais le produit a fait son effet et le résultat est là, l’hématocrite est augmenté et l’effet persiste de 15 jours à 1 mois !
On peut alors maintenir un hématocrite élevé en injectant régulièrement des doses minimes et indécelables.
La détection de l’érythropoïétine injectée jusqu’à présent était facilitée par le fait qu’elle était suffisamment différente de l’humaine pour que les appareils de mesure puissent faire la différence (puisque notre corps fabrique sa propre érythropoïétine dont il a normalement besoin) Ainsi, aux récents Jeux de Salt Lake City, des sportives ont été disqualifiées car on a détecté facilement une nouvelle érythropoïétine like retard, très différente de la forme humaine qui reste plus longtemps dans le sang et l’urine. Dans ce cas particulier, le Laboratoire qui commercialise ce produit, avait donné des échantillons aux Laboratoires de dépistage du dopage pour que le produit soit connu avant les jeux et que les tests de dépistage soient au point juste à temps.
Mais, (car dans le dopage il y a toujours un mais), une nouvelle forme d’érythropoïétine vient d’arriver. Elle porte le nom d’érythro delta. On la fait fabriquer par action génétique sur des cellules humaines, ce qui fait qu’elle ressemble de très près à l’érythro humaine normale et devient ainsi particulièrement difficile à détecter par les appareils de Laboratoire. Pratiquement indétectable, du moins pour le moment.
Mais nos savants chercheurs se sont déjà mis au travail !
Dans le but d’informer nos fidèles lecteurs qui désirent en savoir toujours plus sur l’érythropoïétine, voici quelque extraits choisis dans le Vidal, (livre rouge des médecins, véritable Bible des médicaments), concernant une érythropoïétine commercialisée depuis longtemps pour traiter les anémies de véritables malades, notamment les insuffisants rénaux qui subissent des dialyses.
Par discrétion, nous avons remplacé le nom du produit commercialisé par “ érythropoïétine ” et nous avons ajouté quelques commentaires personnels.
“ Chez tous les patients traités par l’érythropoïétine, la tension artérielle doit être suivie étroitement et contrôlée de façon appropriée. L’érythropoïétine doit être utilisée avec précaution en présence d’une hypertension non ou insuffisamment traitée ou difficilement contrôlable. Il peut être nécessaire d’instaurer ou d’augmenter le traitement antihypertenseur. Si la pression artérielle ne peut être contrôlée, le traitement par l’érythropoïétine doit être interrompu.
L’érythropoïétine doit également être utilisée avec précaution en présence d’épilepsie et d’insuffisance hépatique chronique.
Pour obtenir une réponse optimale au traitement par l’érythropoïétine, il faut assurer des réserves en fer appropriées et exclure les déficits en acide folique et en vitamine B avant le début du traitement.
En cas d’augmentation du potassium sanguin, l’arrêt de l’érythropoïétine jusqu’à correction de l’hyperkaliémie peut être envisagé.
Lors d’un traitement par l’érythropoïétine, on peut également observer une augmentation modeste, mais dose-dépendante, du chiffre des plaquettes, dans les limites de la normale. Celle-ci régresse avec la poursuite du traitement.
Il est conseillé de surveiller le chiffre des plaquettes à intervalles réguliers pendant les 8 premières semaines de traitement.
Les événements thromboemboliques peuvent être un risque éventuel (caillots dans le sang) et des précautions particulières doivent être prises chez les patients qui ont un risque de développer des thromboses veineuses profondes (caillots dans les veines)
L’érythropoïétine ne doit pas être utilisée chez les patients qui ont un taux d’hémoglobine initial supérieur à 13 g/dl. (8,07 mmol / litre)
Effet potentiel en tant que facteur de croissance :
L’érythropoïétine est un facteur de croissance qui stimule essentiellement la production de globules rouges. Cependant, la possibilité que l’érythropoïétine puisse agir comme facteur de croissance de tout type de tumeur, en particulier des tumeurs myéloïdes, ne peut pas être exclue.
Effets indésirables.
Des rashs cutanés (peau devenant rouge pendant un temps assez court) ont été décrits lors de l’utilisation d’érythropoïétine.
Des symptômes grippaux tels que céphalées, douleurs articulaires, sensation de faiblesse, vertiges et asthénie peuvent survenir, en particulier en début de traitement.
Les réactions suivantes peuvent également survenir chez certains patients normaux ou hypotensifs : crise hypertensive avec symptômes à type d’encéphalopathie (c’est-à-dire céphalée et confusion mentale) et crises tonicocloniques (contractures st spasmes musculaires) généralisées, nécessitant un traitement médical immédiat et la prise en charge en soins intensifs. Des céphalées à type de migraines violentes et à début brutal peuvent être un signal d’alarme. ”

De nombreuses autres précautions et contre-indications ont été volontairement exclues car elles étaient destinées à des malades en anémie et ne concernaient pas les sportifs qui sont, jusqu’à preuve du contraire, des sujets normaux.
En espérant avoir été utile.
Rendez-vous à l’apparition de la prochaine érythro…et de son test de dépistage.
Cyber@lbert

Question du samedi 5 juillet 2014



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