Odeurs en médecine.



Odeurs en médecine.

Médecine avant 1914.

Quand le nez du médecin servait à confirmer un diagnostic.
Texte extrait (et modifié partiellement) d’un Larousse Médical probablement publié avant 1914

Il n’est pas possible de rapporter tous les renseignements que les médecins du début du siècle dernier pouvaient retirer de l’analyse des odeurs. Mais nous en avons extrait l’essentiel pour vous montrer combien il fallait être observateur pour être médecin en ce temps-là. Il est vrai que les examens complémentaires, et notamment les analyses sanguines et urinaires, étaient pratiquement inexistantes. Nous nous excusons d’avance sur certaines parties du texte qui pourraient être considérées maintenant comme racistes. De tels propos étaient naturels en cette époque où le colonialisme était parfaitement admis en Europe. C’était évidemment moins naturel pour ceux qui en subissaient les dramatiques conséquences. Par respect pour eux nous avons modifié certains mots en les actualisant. L’important reste l’idée du texte, et non le détail.

Odeurs de la peau.
La peau de chaque individu, par suite de ses secrétions, notamment des sécrétions sébacées (glandes de la peau), exhale une odeur particulière sensible non seulement pour l’odorat des chiens, mais pour les personnes chez lesquelles le sens est bien aiguisé, comme les Indiens, les noirs, qui ont du reste eux-mêmes une odeur plus intense. Ceux qui prétendent avoir un bon odorat soutiennent et prouvent qu’ils peuvent les yeux bandés reconnaître à l’odeur les personnes d’une société sans les toucher. Les individus d’une même famille auraient un parfum analogue. Les nourrissons répandent une odeur aigrelette de beurre fort, plus intense pour ceux au biberon, le lait de vache contenant davantage de beurre. Après la puberté, les garçons exhalent une odeur peu prononcée de bouc due à la résorption de la liqueur séminale. La peau des hommes et des femmes, mais surtout celle des (censuré, propos raciste), des femmes rousses et grasses, puis des brunes, au moment où les sueurs sont abondantes, a une odeur soufrée. Dans la vieillesse, l’odeur devient celle des feuilles sèches….
Les régions génitales ont une odeur caractéristique (on dit sui generis) qui s’exalte chez les femmes au moment des époques (règles) Les surexcitations nerveuses, les accès de colère, accroissent l’odeur de la peau, alors que les dépressions morales la diminuent.
L’ingestion des substances très odorantes, oignon, ail, angélique, térébenthine, musc , soufre, phosphore, iode, donne à la peau une odeur analogue à cette substance ou tout à fait modifiée. La peau de l’alcoolique décèle ses habitudes ; il en est de même pour les enfants au régime quotidien de l’huile de foie de morue.
Il est plus difficile d’expliquer pourquoi le vagabond répand une odeur de hanneton….
L’odeur très désagréable de gruyère rance qui s’exhale de certains pieds, particulièrement chez les roux, les châtains, est due à la décomposition des acides gras, favorisée par l’absence d’écartement des orteils accolés les uns contre les autres (rôle néfaste des chaussures pointues)
Odeurs des malades.
La sueur des aliénés, des paralytiques et des déments a des émanations spéciales, pénétrantes et infectes, rappelant celles des mains continuellement fermées. Elles sont tenaces et résistent à tous les soins de propreté. L’odeur des selles des fous est épouvantable !
Hystériques : odeur de d’ananas, de cannelle, de musc, de vanille ou d’iris.
Choréiques (danse de Saint Guy) : odeur de pin.
Léthargiques : odeur de cadavre (d’où les enterrements prématurés !)
Goutteux : odeur de petit lait.
Maladies du foie : odeur de musc.
Maladies de la vessie : odeur urineuse.
Diabétiques : odeur de foin et d’acétone.
Dilatés de l’estomac : odeur de pain aigre.
Constipés et paralysie intestinale : odeur de matières fécales.
Typhoïde : odeur de sang et de souris. Les selles ont une odeur ammoniacale.
Rhumatisants : odeur aigrelette.
Amaigris par la famine : odeur putride.
Rubéole : odeur de plumes d’oie récemment arrachées.
Scarlatine : odeur de pain cuit.
Variole : odeur de bête fauve.
Erysipèle : odeur de colle de pâte moisie.
Teigne : odeur d’urine de chat.
Maladies nasales : odeur de marécage, de viande pourrie, de punaise écrasée.
C’est avec surprise que nous trouvons dans le texte, à la fin du chapitre des odeurs chez les malades, l’explication de l’expression " odeur de sainteté " Ainsi Sainte Thérèse répandait une odeur agréable parce qu’elle était malade. L’odeur de violette de Sainte Catherine était due au fait qu’elle absorbait de la térébenthine qui donne ce parfum.
Quelques odeurs d’urines.
Albumine dans les urines : odeur de bouillon de veau, de bouillon aigre, de benjoin.
Cristaux d’acide oxalique : odeur de mignonnette (chicorée sauvage)
Diabète : odeur de pomme, de violette, de foin coupé, d’alcool.
Selon la nutrition : odeurs d’ail, de violette, de jacinthe, de géranium, d’urine de chat.
Quelques odeurs de l’haleine.
Odeur aigre chez ceux qui ont des difficultés de digestion, chez les constipés, les femmes au moment des règles.
Odeur de cadavre dans certaines maladies de la bouche.
Odeur fétide et nauséeuse des angines, des amygdalites, de certaines caries dentaires et de certaines fièvres.
Odeur d’acétone chez les diabétiques, d’ammoniaque dans les maladies urinaires.
Odeur fade et de sang dans la tuberculose.
Odeur de plâtre récemment gâché dans la gangrène pulmonaire.
Odeurs variées selon l’alimentation et les médicaments (ail, chloral, eucalyptus, térébenthine, jasmin, œuf pourri, iodoforme)
Les renvois et les vomissements ont souvent l’odeur des aliments à digestion difficile (choucroute, radis, tomate crue) ou une odeur aigre par acidification des substances grasses ou des substances sucrées.
Quelques odeurs extérieures.
Odeurs de certaines fleurs : peuvent provoquer des maux de tête, des vertiges, des éblouissements, une certaine griserie, des nausées avec évanouissement et troubles semblables à l’hystérie. Certaines odeurs florales peuvent provoquer un enrouement chez les chanteurs, surtout quand les fleurs sont échauffées par le soleil dans un lieu clos.
Les mêmes inconvénients sont provoqués par les odeurs d’huiles provenant de ces fleurs et par d’autres odeurs désagréables (insectes, graisses, huiles, corne, pétrole, éther, térébenthine, odeurs de tannerie) Certaines odeurs peuvent déclencher des crises d’asthme.
Odeurs des navires : il semble que les diverses odeurs qui s’exhalent des navires peuvent provoquer le mal de mer, qui déclenche à son tour des vomissements dont les odeurs augmentent considérablement le malaise.