Dette en oxygène du sportif



Dette en oxygène du sportif

Dès que l’effort violent, explosif et court est terminé, les sportifs sont au repos. Pourtant on les voit respirer très fort. C’est donc qu’ils ont besoin d’oxygène, malgré que le travail des muscles soit terminé. Ceci s’explique simplement. En effet, les muscles doivent reconstituer les réserves d’ATP et de phosphocréatine qui ont été utilisées. Cette reconstitution presque totale des réserves, pendant le repos qui suit immédiatement l’effort, est assurée en deux à trois minutes, (70 % en 30 secondes). Mais il faut de l’oxygène, d’où la respiration accélérée.
C’est pourquoi je m’insurge quand je vois que les reporters radio ou télé dérangent cette récupération en posant des questions aux sportifs immédiatement après l’effort. Cette pratique devrait être interdite.
Pourtant ils voient bien que le sportif a du mal à répondre ! Vous allez observer au prochain Tour de France que je vous dis la vérité !
Cet oxygène supplémentaire sert aussi à assurer l’apport d’énergie pour l’effort cardiaque et pour les muscles utilisés dans la respiration. On sait aussi que la température du corps augmente pendant l’effort. Les fibres musculaires dont la température est passée de 37° à 40° ont un besoin en oxygène bien plus important. Comme l’effort anaérobie s’est déroulé sans oxygène, on dit que le muscle a une dette en oxygène et qu’il la paie en début de récupération. Le glucose consommé et transformé en acide lactique, sera rapidement remplacé à partir du glycogène déjà présent dans le muscle. Le sang peut aussi apporter du glucose aux muscles. Il le prend au glycogène stocké dans le foie. On comprend alors que certains entraînements soient conçus de telle sorte que les efforts violents soient séparés par de courtes périodes de récupération pour payer à chaque fois la dette en oxygène précédente. C’est l’exercice intermittent ou l’entraînement par intervalle.

On a mesuré la concentration des lactates du sang quand un sportif accomplissait un certain travail intermittent pendant 30 minutes. Les résultats sont très parlants :
10 secondes de travail suivies de 20 secondes de repos. Après 30 minutes de ce rythme, les lactates du sang n’ont pas varié. Ceci signifie que les réserves du muscle ont eu le temps de se reconstituer pendant le repos
30 secondes de travail suivies de 60 secondes de repos. Après 30 minutes, les lactates du sang ont plus que triplé.
1 minute de travail suivie de 2 minutes de repos. Après 30 minutes, les lactates du sang atteignent 16 mmol / l, c’est à dire près de 10 fois la valeur de repos Dans les deux derniers cas, le temps de repos n’a pas été suffisant pour nettoyer le muscle et refaire les réserves avant l’arrivée de l’effort suivant. Ces deux cas mettent le muscle à rude épreuve et peuvent nuire à son fonctionnement.

Dans le cas de la pratique de sports violents mais qui durent beaucoup plus longtemps que ceux que nous venons de décrire (que nous avons limités à environ 2 minutes), le glycogène du muscle peut servir à fournir du glucose. La dette en oxygène servira alors également à reconstruire ce glycogène à partir des lactates.
C’est la fin d’un cycle que nous pouvons schématiser de la façon suivante :

Glycogène → Glucose → Acide lactique → Lactates → Glucose → Glycogène .