Bonjour,
j’aimerai savoir d’où provient la phosphocréatine car j’ai lu dans un livre qu’elle provenait de l’alimentation et dans un autre qu’elle ne provenait pas de l’alimentation mais il ne précisait d’où elle est provenait. Qui dois je croire ?
En vous remerciant


REPONSE

Matthieu,
La Créatine

1) La Créatine

Ne pas confondre créatine et phosphocréatine.

La créatine est une petite molécule dérivée de plusieurs acides aminés (arginine, glycine, ornithine, guanidine et méthionine).

Elle est synthétisée par l’organisme en plusieurs étapes au niveau des reins, du pancréas et du foie et circule dans le flux sanguin.

Une partie de la créatine véhiculée par le sang est transférée dans les muscles, où elle est transformée en phosphocréatine, molécule à potentiel énergétique élevé qui sert de substrat énergétique lors des contractions musculaires. La phosphocréatine est utilisée pour la reconstitution de l’ATP dans les toutes premières secondes de l’effort violent, appelé anaérobie alactique.

2) Créatine : apports et soi disant effet.

L’alimentation courante, composée de viandes et de poissons, apporte la créatine en quantité suffisante.

Certains sportifs pensent qu’une supplémentation alimentaire en créatine permet une augmentation de la masse musculaire (chose qui est complètement fausse !), et développe une meilleure récupération à l’effort.

La prise de poids conséquente à la consommation de créatine est tout simplement due à une rétention d’eau, évaluée entre 3 et 4 kg.

Cependant, seule une très faible proportion de la créatine ingérée pénètre effectivement dans le muscle et peut être transformée en phosphocréatine.

On constate que les effets métaboliques découlant de la supplémentation en créatine sont négligeables, et qu’ils n’entraînent qu’une infime amélioration de la performance chez les sportifs déjà entraînés et portent uniquement sur les efforts très courts (explosifs) et répétés.

3) Dangers de la supplémentation en Créatine.

Toutefois, les risques d’effets secondaires sur l’organisme du sportif d’une supplémentation alimentaire en créatine sont réels, mais relativement limités dans la mesure où la plus grande partie de la créatine ingérée ne franchit pas la barrière intestinale ou est éliminée avec les urines et les selles.

En revanche, l’injection intraveineuse de créatine, qui élève très fortement le taux de créatine dans le sang, peut être à l’origine de graves maladies rénales et de déséquilibres métaboliques pouvant mettre en danger la vie même du sujet. Sans oublier les effets néfastes sur le long terme qui restent encore inconnus !

4) Créatine et dopage

Le débat médiatique relatif à l’efficacité de la créatine dans l’amélioration des performances sportives semble constituer un écran de fumée dissimulant la réalité de pratiques réellement dopantes. Les propriétés masquantes attribuées à la créatine dans le cadre des contrôles antidopage sont réelles, mais le procédé ne résiste pas à un examen sérieux et peut être facilement dénoncé.

Des recherches sont actuellement en cours sur les sujets dopés par la créatine. Les résultats actuels, s’ils sont confirmés, sont stupéfiants.

Il est probable que " le produit vendu sous le nom de créatine est parfois un mélange de substances dopantes (anabolisants en particulier comme la nandrolone) dans lequel la créatine elle-même ne joue qu’un rôle d’excipient. Ces préparations peuvent être utilisées, consciemment ou non par des sportifs, ce qui pourrait expliquer la franche augmentation de contrôles positifs mettant en évidence une prise d’anabolisants depuis 1998. On parle de plus de 70 % de créatine couplée aux anabolisants sur les achats effectués par internet ! "

5) Créatine et commerce.

Dans le contexte économique du sport " business " la créatine peut être une source de profits intéressants, à condition toutefois que la clientèle visée ne se limite pas à un petit nombre de sportifs de haut niveau. Il convient d’ouvrir le marché le plus largement possible en direction de la masse des pratiquants. En véhiculant, une fausse image sur la prise de masse musculaire, cette protéine donne des espoirs illusoires aux consommateurs.

Le développement et la médiatisation de cette polémique, notamment avec l’implication de grandes équipes de rugby de l’hémisphère sud qui prônent l’utilisation de la créatine, peuvent être considérés comme un excellent support publicitaire. La mise sur le marché de préparations à base de créatine, mais supplémentées en produits dopants, permet certainement de crédibiliser l’efficacité du produit.

Consultez https://medicaments.afld.fr/?search...
Jérome MANETTA. Albert Callis qui transmet

Question du mercredi 25 juin 2014



Avez-vous trouvé cela utile ?

Pas de notes pour le moment

Dans la même rubrique