Contre-indication à la pratique (...)


Bonjour Professeur,

Je voudrais savoir ce que vous pensez de la visite médicale de non contre-indication à la pratique sportive qui est réalisée en général en début de saison sportive par les sportifs de tous niveaux ? Est-elle efficace pour déceler des comportements à risques chez les jeunes par exemple ?

Question du mercredi 9 juillet 2014

Réponse

Un article du site qui a été en page d’accueil a porté sur ce fameux certificat de non contre indication, et toutes les revues médicales ont insisté récemment sur sa valeur et sur la responsabilité que prend le médecin en le signant, vu que les médecins peuvent être plus facilement être amenés à comparaître en justice s’il y a des problèmes.
Si vous ne le trouvez pas sur le site sachez que la revue Cinésiologie N° 205 Septembre Octobre 2002 y a consacré quelques pages.
Il s’agit de protéger la santé du sportif et de définir les responsabilités de l’encadrement du sportif.
Le médecin doit procéder à un examen avant d’établir ce fameux certificat, mais de quel examen s’agit-il ? Pour certains sportifs, ce certificat doit être fait par un médecin qualifié « médecin du sport » Ceci est indispensable pour les sportifs de haut niveau et le sportif inscrit dans un centre régional d’entraînement et de formation pour le sport de haut niveau.
Par contre, tout médecin (du sport ou non) qui décèle des signes évoquant une pratique du dopage, doit refuser de délivrer ce certificat. Ce ne sont pas des signes de dopage, mais des signes évocateurs de dopage. Et c’est certainement là que la difficulté que vous évoquez est réelle ; Quels sont les signes évocateurs de dopage ? Comment sur un examen avec interrogatoire limité dans le temps, peut-on prévoir qu’un jeune sportif s’est dopé ou va se doper ?
Un examen médical ,plus approfondi est nécessaire pour certains sports comme les sports utilisant des armes à feu, des sports mécaniques, l’alpinisme, certains sports aériens et sous-marins.
Je pense que la responsabilité médicale est « colossale » et que chaque médecin est devant une situation délicate. Je pense que les médecins sont limités dans leur examen et qu’une petite enquête psychologique serait indispensable pour mieux évaluer le jeune. Il serait bon d’avoir aussi un entretien avec la famille, il serait bon de stipuler que ce certificat est provisoire, qu’il pourrait être annulé en cas de comportement anormal signalé par les entraîneurs, les formateurs, les médecins de clubs. A mon avis, pour les jeunes sportifs, il serait bon de faire comme pour le permis de conduire une période probatoire qui serait une sorte de surveillance.
Ceci est à considérer dans le cadre d’une formation obligatoire de base concernant le danger des comportements à risque. Mais vous savez que certaines personnes sont incapables de gérer leur santé. Nous allons voir des fumeurs acheter des cigarettes dans des paquets où il est écrit que le tabac donne le cancer, des gens abuser de l’alcool dont l’abus est néfaste pour la santé ; Il y a une perturbation psychologique spéciale à certains sportifs. Certains échapperont à tous les contrôles, et il restera heureusement les contrôles anti-dopage classiques.
Je pense qu’un médecin, du sport ou non, doit faire un examen physique sérieux, cœur, poumons, tension artérielle, respiration, analyses sang et urines, épreuve d’effort s’il le faut, mais ne pas omettre de rechercher par quelques tests psychologiques de rechercher une fragilité sous-jacente du psychisme de l’enfant.
Mais les médecins ont-ils le temps ?
En quelque sorte je pense comme vous que cet examen n’est pas toujours efficace, et qu’il serait plus efficace si le médecin qui le rédige connaissait le jeune depuis longtemps. Le bon médecin de famille, avec lequel le médecin du sport pourrait entrer en contact pour signer plus sereinement son certificat.
Mais il y a le fameux secret médical ! Mon Dieu que la médecine est compliquée !
Amicalement
AC

9 juillet 2014 par Le Professeur Albert Callis


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