Claquages ou déchirures.



Comprendre le sport avec Eureka Sport
Dans la même rubrique


Avez-vous trouvé cela utile ?

Pas de notes pour le moment

Claquages ou déchirures.

Claquage ou déchirure musculaire

Comme on utilise peu le mot de déchirure, nous gardons le mot claquage qui est plus utilisé dans le jargon des sportifs, surtout des footballeurs. Qui n’a pas entendu parler du claquage du muscle quadriceps du célèbre Zinedine Zidane ?
Accident très fréquent dans le milieu du sport, le claquage est une déchirure plus ou moins importante d’un groupe de fibres avec diffusion de sang (hémorragie) sur le lieu même de la lésion.
On ne dit pas “ rupture ” car ce mot est réservé pour le cas où le claquage est tellement important, qu’une partie entière du muscle est coupée.
Disons que le claquage est une déchirure provoquant une petite rupture de l’intérieur du muscle.

Il faut savoir qu’un muscle est un ensemble de faisceaux et que chaque faisceau est formé par un grand nombre de fibres.
- Section de plusieurs fibres = claquage musculaire.
- Section de quelques faisceaux de fibres = rupture musculaire..
- Section de tous les faisceaux = rupture musculaire totale.

Comment savoir qu’il y a claquage musculaire ?

C’est toujours pendant l’effort (démarrage, accélération) que l’accident se produit.
Il se peut que le sportif ressente, juste avant, comme des impressions bizarres de tiraillements. Mais il se peut aussi que le claquage arrive sans signe prémonitoire.
La première impression est décrite comme une déchirure brutale dans le muscle, un coup de poignard, un claquement de fouet, certains parlent de bruit de corde qui casse.
C’est donc une douleur bien localisée, extrêmement “ forte ”, parfois même atteignant la syncope. Le sportif est stoppé brutalement dans sa course. Après la douleur localisée en coup de poignard, tout le muscle devient douloureux, avec des paroxysmes. Il a du mal à marcher si c’est un muscle des membres inférieurs qui est atteint, et il boite en rejoignant la touche.
Que constate le médecin ?
Le claquage est souvent confirmé quand on voit que le muscle n’a pas la même forme, la peau présente comme un relief anormal, une sorte de petite encoche.
Plus tard, on verra l’œdème proche de la zone qui a souffert et, si le claquage est près de la surface du muscle, une ecchymose apparaîtra sous la peau, puisque du sang s’est répandu dans le muscle.
Si le médecin palpe avec attention le muscle, il réveillera la douleur là où est la lésion. Il peut même au début sentir sous ses doigts une sorte de “ manque de muscle ” au même endroit. Souvent le muscle a déjà réagi par une contracture généralisée qui gêne l’examen. Si on cherche à mobiliser le muscle dans sa masse, le ballottement est limité et douloureux.
Tous les mouvements sont devenus douloureux voire impossibles de même que les étirements passifs (exécutés par le médecin)

Que faire ?


- Obliger le sportif à arrêter le match ou la compétition.
- L’allonger de telle sorte que le membre lésé soit au repos, si possible surélevé.
- Appliquer de la glace ou faire des sprays réfrigérants.
- Comprimer par une bande large serrée une vingtaine de minutes, puis légèrement desserrée.
- Confier le sportif à un médecin le plus rapidement possible. Il fera pratiquer une échographie pour juger de l’importance de la lésion. Il prescrira un traitement, ordonnera le repos, suivra régulièrement l’évolution, une fois par semaine, et conseillera des séances de kinésithérapie. Le médecin et le kiné doivent se connaître parfaitement et rester au contact l’un de l’autre. C’est d’abord le repos qui prime car il est hors de question de rééduquer un muscle fragilisé.
En général on compte 7 à 10 jours de repos total, avec cannes canadiennes si c’est la jambe, avec soins de physiothérapie en douceur, et médicaments anti douleur.
Les médicaments anti inflammatoires et décontracturants viendront juste après, sur avis médical.
A partir de la troisième semaine on commencera à bouger le muscle sous la surveillance du kiné, et attention, il ne faut pas faire n’importe quoi ! C’est la récupération musculaire.
Un mois et demi après environ, selon l’importance du claquage, ce sera la reprise de l’entraînement en douceur. Ce serait plus long pour ce que l’on a appelé une rupture, stade de gravité supérieur. Le médecin, le kiné et l’entraîneur jugeront alors de ce qu’il faut faire avant de réintégrer le sportif dans l’équipe.
La cicatrisation est de bonne qualité et sans séquelles si le repos a été respecté et le traitement bien supporté.
Pourquoi surtout le quadriceps et le foot ?
Dans la préparation du shoot de tir violent au but, la cuisse est ramenée vers l’arrière (extension) jambe fléchie, puisque le genou est “ plié ”. Le quadriceps est alors totalement allongé. Puis, violemment , le genou se “ déplie ” par extension de la jambe et en même temps la cuisse revient vers l’avant.
Ramener la cuisse en avant et la jambe en extension (déplier le genou) sont des gestes dans lesquels le quadriceps ou droit antérieur, muscle antérieur de la cuisse, est brutalement contracté. Il diminue instantanément de longueur par contraction, alors qu’il était en totale extension (allongé) Cette contraction violente, voulue ou contrariée (quand la balle est contrée ou manquée en reprise de volée) aboutit souvent à la rupture. Le muscle se contracte et la cuisse ne peut pas suivre le mouvement. Ces explications peuvent paraître compliquées, mais il suffit de simuler soi-même un shoot pour comprendre.