Question Cardiologie



bonjour professeur Callis,

Comment allez vous ?Merci pour toutes les réponses que vous m’avez déjà donnée ;elles m’ont aidé à voir plus clair !Je viens à nouveau vous posez d’autres questions :
que veut dire vraiment"bradychardie sinusale" ?je suis à 40puls/min ;ai je un coeur fatigué ?
Comme je vous l’ai dit, je pratique depuis peu le shidokan ;ça se passe mieux,je crois avoir repoussé mes limites sans nuire à mon organisme(du moins je crois !)un problème subsiste cependant:contrairement à mes collègues de dojo, j’ai beaucoup de mal à trouver le sommeil après l’entrainement(3 fois/semaine, le soir 20h_21h)j’ai commencé à prendre des somnifères(je n’aime pas ça, mais j’ai trop de chose dans la tête au moment de dormir...)que me conseillez vous ?
Est il préférable de jeûner le soir ?

Merci d’avance, professeur et bonne journée à vous, à bientôt


REPONSE

Sylvie,
Pour comprendre ce qu’est une bradycardie sinusale, je dois essayer de vous expliquer comment se contracte le cœur. C’est un peu compliqué, je m’en excuse d’avance.
Il y a dans le cœur deux types de cellules :
Celles qui produisent des impulsions électriques, comme le courant, et qui conduisent ce courant vers d’autres cellules. Elles font comme ces boites électriques pour arbres de Noël qui produisent un courant une fois par seconde et le conduisent par des fils aux petites ampoules qui s’allument et s’éteignent sans arrêt.
Ce mouvement électrique (influx nerveux ou dépolarisation) est conduit au deuxième type de cellules qui, le recevant, se contractent. Ce deuxième type cellulaire constitue le muscle du cœur (myocarde) Les cellules qui se contractent obéissent aux ordres des cellules qui produisent et conduisent l’excitation électrique.
L’excitation électrique de départ prend naissance dans un paquet de cellules nommé nœud sinusal. C’est ce nœud, situé dans le cœur lui-même, qui entraîne les contractions du cœur. On dit que le nœud sinusal est le pacemaker. L’excitation de type électrique qui part de ce nœud va suivre plusieurs chemins. Une partie de l’excitation va faire contracter les oreillettes, et une autre va aller vers les ventricules, mais en faisant relais au passage par un deuxième nœud (nœud atrio ventriculaire)
Chaque impulsion électrique (potentiel d’action) qui part du nœud sinusal, produit un battement cardiaque. C’est donc le nœud sinusal qui impose son rythme de contractions. Grâce à lui, le cœur est autonome.
S’il en était uniquement ainsi, la fréquence cardiaque serait invariable. On sait pourtant qu‘elle est basse au repos et qu’elle augmente pendant l’activité physique. Comment notre corps peut il modifier les fréquences d’impulsions du nœud sinusal ? Tout simplement parce que des nerfs viennent de l’extérieur du cœur pour envoyer des influx modérateurs ou accélérateurs. Ces nerfs viennent de la moelle épinière et de ses ganglions. Les branches venant du “ nerf Vague ” ou parasympathique ralentissent la propagation des influx issus du nœud sinusal par les influx nerveux qu’elles envoient, et les branches nerveuses du système “ sympathique ” augmentent la fréquence cardiaque par les effets de l’adrénaline.
Dans certains cas la fréquence cardiaque peut être anormalement accélérée ou ralentie. Des médicaments, des excitants (thé, café) des drogues, des maladies, des modifications de certains composants sanguins (calcium, magnésium, potassium), la fièvre…
Par exemple, quand la fréquence cardiaque produite par le nœud sinusal dépasse 100 par minute, on parle de tachycardie sinusale. Le plus souvent la cause est simple : exercice physique du sportif, excitation psychique, fièvre, hyperthyroïdie…
Quand la fréquence cardiaque produite par le nœud sinusal est trop basse, en dessous de 50 par minute, on parle de bradycardie sinusale. Dans les deux cas, trop rapide ou trop lent, le rythme reste régulier, sans variations brutales, sans extrasystoles.
Vous avez par conséquent une bradycardie sinusale, votre cœur bat lentement parce que la nature vous a dotée d’un nœud sinusal qui donne ses signaux à plus basse fréquence que les autres. Ce n’est pas une maladie, vous êtes constituée ainsi, comme la plupart des grands sportifs. C’est même un avantage. D’autres peuvent avoir la même chose parce qu’ils prennent certains médicaments (digitale, bêtabloquants, réserpine)
Si la fréquence cardiaque tombe trop bas, on risque d’avoir des malaises, comme si on perdait connaissance. Les sportifs ne risquent rien car le cœur s’accélère à l’effort.
Pour le sommeil, c’est un autre problème. Il faudrait commencer votre décontraction physique et psychique immédiatement après l’effort et ne pas attendre le soir pour faire le vide. Je vous conseille de continuer à manger le soir, léger, et de prendre une douche ou mieux un bain tiède. Buvez une tisane, lisez si possible avant de vous endormir, en choisissant une lecture reposante et si possible distrayante, pas savante ni compliquée. Ce serait mieux d’essayer de renoncer aux somnifères.
Bonne nuit.
Cyber@lbert


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