Capacité aérobie


Bonjour, je souhaiterais savoir en quoi consistent la capacité aérobie et la puissance aérobie, comment les développer, et quelle est l’utilité de les développer (essentiellement du point de vue de la course à pieds) ?

Merci d’avance
Jérôme


REPONSE

Jérôme,
Il est certain que les modes changent et que les définitions sont différentes entre les physiologistes et les sportifs. Je vais vous donner la définition du physiologiste :
L’endurance musculaire d’un muscle aérobie dynamique concerne les sports de longue durée. Pour améliorer les performances il faut se préoccuper des facteurs qui interviennent dans la performance, sans en sous estimer aucun.
La capacité aérobie correspond à la capacité maximale d’énergie qui peut être fournie pendant une heure et plus sur un effort aérobie. Elle dépend de plusieurs facteurs de performance. On peut la détecter par l’apparition du seuil anaérobie qui voit augmenter les lactates et arriver l’acidose lactique. On peut parler d’endurance aérobie du sportif comme aptitude à maintenir un pourcentage élevé de VO2 max. (85 % par ex.)
Ces facteurs de performance adaptables par l’entraînement sont les suivants :
Le type de fibres musculaires modifiable par l’entraînement endurance (type ST)
L’apport d’oxygène qui dépend de la vascularisation, des artères collatérales ouvertes, de la répartition du sang dans les muscles, de la concentration en myoglobine des fibres rouges. Tous ces paramètres sont améliorés par l’entraînement endurance.
Les réserves en glycogène et en acides gras dans le muscle. Plus l’entraînement est efficace et plus les acides gras libres sont transportés dans les muscles où ils seront consommés en énergie.
La capacité aérobie dont vous parlez, désigne la capacité métabolique des mitochondries à oxyder les glucides et les lipides. Cette capacité à fournir de l’énergie est améliorée par l’entraînement en endurance qui augmente le nombre des mitochondries, leur volume et leur surface d’échange. Dans ces mitochondries, la charge enzymatique augmente ce qui favorise le déroulement des cycles de Krebs et de la chaîne respiratoire de transport d’électrons.
Enfin, la performance sera améliorée par la coordination entre les muscles par entraînement des gestes spécifiques à chaque sport et à l’activité physique en général.
Quant à la puissance aérobie, vous comprenez facilement qu’elle dépend de la totalité des facteurs ci-dessus. Une puissance se mesure en watts, mais on préfère dire que c’est la puissance maximale développée quand l’organisme consomme le maximum d’oxygène. Elle se détermine par la consommation maximale d’oxygène et la capacité maximale aérobie (VO2 max. réel) se manifeste par un plateau ou un sommet de consommation d’oxygène sur des appareils selon des méthodes standardisées. On peut aussi faire des estimations à partir de la mesure de la fréquence cardiaque.
L’intérêt de développer cette VO2 et de la tenir le plus longtemps possible me semblent être la meilleure façon d’améliorer les performances aérobies en course de longue distance.
La meilleure méthode est l’entraînement par intervalles, mais en ne négligeant pas la préparation des sprints d’arrivée.
Voici ci-dessous un extrait de réponse fournie par Jean-Marc à un cycliste.
« Il faut d’abord incontestablement posséder une bonne VO2max d’où la nécessité de travailler en efforts fractionnés de type "puissance aérobie". (100/110% des BPM à VMA en interval-training).
Il faut ensuite être capable de maintenir un fort pourcentage de cette dernière sur une durée prolongée. C’est là que le travail en "capacité aérobie" du genre endurance continue est impératif.
Il faut de surcroît pouvoir tolérer convenablement des efforts en acidose en fin de course. Des séries de "travail lactique" sont donc indispensables.
Il faut enfin posséder une réserve de vitesse anaérobie (VRA=Vitesse max - vitesse à VO2max) dans l’optique de disputer les sprints intermédiaires et les arrivées. Cela passe par un travail de puissance vitesse.
En fonction de vos points forts et faibles on va pouvoir orienter l’entraînement dans telle ou telle direction. Rappelons que la résistance et l’intégrité d’une chaîne sont toujours limités par son maillon le plus faible. Il en va de même de votre capacité de performance.
Je vous conseille d’organiser toujours le travail de force/vitesse sur un organisme frais, reposé, et bien échauffé (en début de semaine par exemple) puis d’enchaîner le jour suivant sur le lactique et de terminer votre cycle par l’aérobie, ce qui aura pour effet non seulement de drainer les impuretés accumulées mais aussi de resynthétiser les réserves énergétiques par le jeu du recyclage du lactate.

Bon entraînement
JMarc
AC

Question du mercredi 25 juin 2014



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