Cancer : Comment et pourquoi j’ai (...)



Cancer : Comment et pourquoi j’ai arrêté de fumer.

Confession personnelle : Pr Albert Callis.

Pourquoi j’ai arrêté de fumer.

Confession personnelle.

Je vais vous ramener très loin dans le temps.
C’était en 1962.
Je finissais mon service militaire dans la marine nationale à l’hôpital Sainte Anne à Toulon. J’étais parti pour deux ans.

La guerre d’Algérie venait de finir, je gagnais 6 mois !

J’étais médecin, j’avais passé ma Thèse avant le service , mais il me restait encore un stage à faire à l’hôpital pour tout terminer, c’était le stage de cancérologie. Je n’avais pas eu le temps de le faire...marié, deux enfants...
Avant le service militaire je fumais un paquet par jour.
Pendant le service j’avais eu la « chance » de tomber sur un copain qui ne fumait pas et me donnait sa part.
Nous avions en effet droit en tant qu’incorporés à un paquet de cigarettes par jour.
Cela me permettait grâce au copain d’en avoir deux et je fumais donc gratuitement deux paquets de « troupes » par jour.
Quel plaisir !

Le service fini je rentrai chez moi à Montpellier et continuai mon intoxication en restant à deux paquets par jour. Ils n’étaient plus gratuits.

C’est alors que je décidai de finir mes stages et de faire ce séjour de deux mois en « cancéro » à l’Hôpital St Eloi, Service Lamarque, pour être définitivement libre de toutes études médicales à Montpellier.

Les premiers jours je faisais la visite avec le Pr Henri Pujol, cancérologue bien connu alors à Montpellier puis plus tard nationalement et internationalement.
Je ne peux vous expliquer le choc !
Le cancer du poumon, je m’en « foutais », ça ne se voyait pas, les malades toussaient, crachaient, bof ! Rien de grave !
Je ne voyais rien. Cela m’était indifférent.

Mais le choc arriva lorsque je fus mis en présence des cancers des lèvres, de la langue et de la bouche !

Quelle horreur !

Voyant ces lésions suintantes sur les lèvres, la langue et la bouche, je m’imaginai rentrant chez moi le soir et m’approchant de ma femme et de mes enfants pour les embrasser.

J’imaginai les moments d’intimité avec ma femme qui aurait subi cette horreur contre sa bouche !

Je vous jure que le lendemain je décidai de ne plus fumer de ma vie.

Depuis, d’autres amis du village atteints de cancers des lèvres et de la langue et guéris dans le même service m’ont remis symboliquement leur « dernier paquet » après avoir subi, comme à l’époque, des implants de produits radio actifs dans les lèvres ou la langue.

Certains m’en parlent encore quand je les rencontre. Il ne leur reste qu’une cicatrice labiale que je suis seul à discerner.

Car je suis seul à savoir.

Je vous jure que mon histoire est authentique.
Et je vous supplie de me croire.
J’ai bientôt 82 ans, ce stage m’a sauvé la vie.

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Institut national de prévention et d’éducation pour la santé

Ce que j’ai vu ! Allez le voir !


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