je suis étudiant en médecine et dans le cadre de mon option sport, je dois réaliser un dossier sur les luxations de l’épaule dans la pratique du badminton. J’aimerais réaliser un paragraphe sur la prévention des luxations : pour cela je voudrais avoir des renseignements sur l’efficacité de l’échauffement et de l’étirement pour ce type de pathologie ; quelle est l’importance de l’alimentation et de l’hydratation contre la survenue d’une luxation ? merci d’avance pour votre réponse.


REPONSE

Matthieu,
Le contrôle musculaire de l’épaule la stabilise en assurant le centrage actif de la tête dans la glène et en neutralisant les mouvements extrêmes qui décentreraient cette tête, mouvements trop puissants et trop rapides, comme celui du smash qui est le sujet de votre travail.
Les luxations de l’épaule sont le plus souvent antéro-internes et rencontrées dans les chocs directs postéro-antérieurs, avec chute sur l’épaule, sur le coude, le bras étant en rotation externe et abduction. Mais le badminton n’est pas le rugby où les luxations peuvent devenir récidivantes avec installation d’une instabilité chronique. S’il n’y a pas de malformation congénitale de la tête humérale et de la glène, il faudra s’attarder sur la distension de la capsule, les lésions du bourrelet glénoïdien et forcément des lésions musculaires associées favorisantes, notamment du muscle sous-scapulaire qui est accolé à la capsule.
L’échauffement doit permettre effectivement de régler la circulation sanguine et l’oxygénation des muscles tout en faisant des mouvements des bras qui coordonnent les mouvement des agonistes et antagonistes des épaules. Il peut être précédé massages à type d’effleurages rapides et de pétrissage.
L’alimentation doit forcément rester classique, peut-être en évitant les aliments riches en purines, mais cela reste classique ; par contre l’hydratation en assurant une élasticité et une souplesse musculaires maximales doit agir favorablement, mais pas plus dans un sport que dans un autre.
Chez les joueurs de badminton avec problèmes de l’épaule on peut penser qu’il existe un déséquilibre musculaire entre les agonistes et les antagonistes, causé par le développement trop important des rotateurs internes, des extenseurs et des adducteurs. Il est possible que dans ces pathologies il n’y ait pas de freination suffisante exercée par les rotateurs externes.
Je pense que la place des étirements doit être soulignée comme bienfaisante sur un programme général, mais j’insisterai d’avantage sur un entraînement de la force des muscles de l’épaule en régimes concentrique et isométrique, et, comme le dit Claire Egret * plus particulièrement en stato-dynamique (concentrique et excentrique) ou pliométrique.
*effets d’une pratique sportive intensive sur les ratio musculaires agonistes/antagonistes de l’épaule. Egret Claire et coll. Cinésiologie 1999, N° 189, 39ème année, p 11 à 15.
La prévention, pour conclure, doit intéresser l’apprentissage du geste sportif de la façon la moins traumatisante possible. Il ne faut pas dépasser les amplitudes au-delà de leur maximum, et pour cela utiliser, comme vous l’évoquez, les systèmes d’étirements qui sollicitent les récepteurs proprioceptifs pour une coordination adaptable avec souplesse. Les étirements musculaires et l’entretien articulaire avec mobilisation douce sont un moyen efficace de lutte contre les déséquilibres qui entraînent des pathologies.
La musculation doit être de type force/vitesse.
Je n’ai pas tout à fait répondu à votre question, mais j’espère avoir contribué un peu à votre recherche.
Bon travail.
AC

Question du mercredi 25 juin 2014



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