Bonjour Professeur,
Pour raison de santé, mon médecin m’a prescrit une cure de 3 mois d’androtardyl 250 mg, et ce à raison d’un injection toutes les 3 semaines (j’ai donc une ordonnance). Pratiquant la musculation depuis de nombreuses années, j’ai toujours refusé de prendre des anabolisants (et même des compléments alimentaires ...).
Etant obligé de prendre ce traitement, je souhaiterais malgré tout savoir comment je peux faire profiter au mieux mon organisme de cet apport hormonal. Je pense principalement à la nutrition : quantité (et nombre de repas), moment des repas par rapport aux entraînements (musculation 2 midi par semaine, tennis 1 soir par semaine).
Merci.
REPONSE
Je doute que "vous soyez obligé de prendre".....personne n’est obligé !
Si les glucides sont des sucres, si les lipides sont des graisses, on peut dire que les protides sont des viandes. Si les viandes contiennent des graisses que l’on peut retirer avant ou après cuisson, elles ont aussi des graisses cachées que nos yeux sont incapables de voir.
Dans notre corps les protéines sont partout, notamment dans nos muscles dont elles constituent les fibres qui se contractent (les glucides et les lipides servent de carburant).
Elles servent à faire les hormones, les enzymes, les anticorps qui luttent contre les maladies, et, chez le sportif, elles sont utilisées pour réparer, pendant la récupération, les fibres musculaires détruites en cours de compétition.
Comme un collier serait composé de perles différentes et multiples, comme tous les mots ne sont écrits en français que grâce à la mise à la suite les unes des autres des 26 lettres de l’alphabet, les protéines correspondent à l’assemblage d’une vingtaine d’acides aminés parmi lesquels 8 doivent obligatoirement être apportés par la nutrition, car notre corps ne sait pas les fabriquer.
Les protéines sont par conséquent différentes les unes des autres selon l’ordre dans lequel leurs acides aminés sont accrochés entre eux.
Les protéines de la viande que nous mangeons sont décomposées dans notre tube digestif, et les acides aminés qui en proviennent passent dans notre sang. Le " collier " de perles d’acides aminés des viandes animales, est décomposé en perles plus ou moins séparées dans notre intestin, et accrochées à nouveau selon les besoins du corps humain. Avec ces " perles " absorbées séparément, nous ferons nos propres colliers.
Ceci signifie que les acides aminés qui arrivent dans notre corps serviront à construire nos propres protéines, nos propres muscles, notre propre viande.
Autrement dit, avec la viande des animaux, nous construisons notre propre viande ! Les protéines devraient constituer environ 12 % de notre apport énergétique total.
On les trouve dans la viande, le lait, le poisson et le fromage, mais les meilleures pour l’homme sont celles de l’oeuf. Il y en a aussi dans les céréales, surtout les céréales complètes.
La chair des animaux de boucherie contient 17 à 18 % de protéines. C\’est beaucoup.
Mais cette viande, même si on ne le voit pas, contient des graisses, de 10 à 20 % en moyenne, 2 % seulement chez le cheval.
Les viandes apportent aussi du fer, du cuivre, du phosphore, du soufre et des vitamines B1, B12 et PP.
Les abats, foie, rognons, langue, tripes, contiennent peu de graisses. Le foie est riche en protéines (21 %) et en vitamines B, PP et A.
Les produits de charcuterie sont également riches en protéines, mais aussi en graisses, jusqu’à 50 % pour les rillettes.
Les viandes de volaille, les produits de basse-cour et les gibiers contiennent entre 16 et 22 % de protéines tout en étant maigres (5 à 6 % de graisses) sauf le canard, oie et la dinde (16 à 33 % de graisses).
Les poissons sont également riches en protéines (10 à 20 %) mais certains sont gras (thon ,anguille, saumon 12 à 25 % de graisses). Les demi-gras (6 à 8 % de graisses) sont le hareng, la sardine et le maquereau.
Le merlan, le colin, le cabillaud, la limande, la sole, la plie, la raie constituent les poissons maigres.
Les poissons apportent de l’iode en plus des mêmes éléments que la viande de boucherie. Les poissons gras sont riches en vitamines A et D.
Les mollusques apportent à peu près la même chose que les poissons.
Les œufs contiennent 12 % de protéines dans le blanc et 15 % dans le jaune. L’intérêt des œufs vient du fait que leurs protéines contiennent tous les acides aminés dont notre corps a besoin, et ceci dans des proportions idéales. Un oeuf apporte environ 87 kcal.
Le lait et les produits laitiers contiennent environ 33 gr de protéines par litre, mais aussi des graisses (de 38 gr par litre dans le lait entier à 18 gr par litre dans le demi-écrémé et moins de 1 gr par litre dans le lait écrémé). Mais le lait et les fromages sont très riches en calcium qui manque dans les viandes.
Les protéines de l’alimentation ne sont pas uniquement d’origine animale. Les céréales, surtout complètes, et les légumes secs, constituent un excellent apport protéique. Contrairement aux œufs, certaines manquent de quelques acides aminés sur la vingtaine indispensables à la composition de nos protéines.
Si on sait les consommer intelligemment en associant au même repas des céréales apportant des acides aminés et des minéraux que les autres ne contiennent pas, on bénéficie d\’un apport protéique suffisant.
Ainsi, il faut manger au même repas du riz (que l’on sait pauvre en un acide aminé nommé lysine) avec des petits pois, des lentilles ou des haricots secs qui apportent de la lysine en quantité suffisante.
Il faut quand même savoir que si on arrive ainsi à remplacer les protéines de la viande par des protéines végétales, l’apport de fer sera inférieur, car la viande en apporte d’avantage et sous une forme plus facilement absorbable que le fer végétal.
Néanmoins les pays dits " pauvres " mangent moins de viande et plus de céréales quand ils le peuvent.
En effet, c’est triste à avouer, ils sont obligés souvent de vendre leurs céréales aux pays " riches " qui en nourrissent leurs troupeaux. Avec les protéines contenues dans les céréales des pays pauvres, le bétail des pays riches fabrique la viande des privilégiés.
Les céréales apportent 10 à 16 % de protéines et les légumes secs battent tous les records en atteignant jusqu’à 23 % !
Hélas il faut penser qu’ils ne contiennent pas forcément tous les acides aminés et qu’il faut réaliser dans la même assiette un mélange intelligent (légumes de paella sans viande, couscous aux légumes, riz avec nuoc-mâm)
Le soja, dont la farine et les graines sont très riches en protéines, (38 à 45 %) s’appauvrit pendant la germination pour n’atteindre que 6 % dans le soja germé, alors que le germe de blé en apporte plus de 25 %.
Les besoins en protéines et en acides aminés des sportifs seront décrits ultérieurement.
On peut remplacer 100 gr de viande par 2 œufs, 4 pots de yaourt nature ou au lait entier ou 1 / 2 litre de lait entier.
De toutes façons, il est bien connu que les Français mangent trop de viande !
Selon son activité, un adulte ne devrait pas dépasser 200 gr par jour.
Attention Christophe, demandez bien à votre médecin les effets secondaires de ce traitement. Ce n’est pas anodin.

Question du samedi 5 juillet 2014



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