Anaérobiose



On dit que l’effort en résistance :

  • est anaérobie (pas besoin d’oxygène)
  • est d’abord anaérobie *alactique (puisque la formation d’ATP par la phosphocréatine ne produit pas d’acide lactique).
  • est ensuite anaérobie lactique (puisque la combustion partielle du glucose par le muscle produit alors cet acide dangereux) .

On appelle métabolisme anaérobie les réactions chimiques qui se déroulent sans avoir besoin d’oxygène. Par exemple, les cellules musculaires blanches, rapides et fatigables, synthétisent l’ATP en partant du glucose (ou du glycogène) sans oxygène et par conséquent sans avoir besoin des mitochondries. Les globules rouges du sang réalisent la même chose avec le glucose car ils n’ont pas de mitochondries. Ils se procurent leur énergie vitale avec la transformation de glucose en acide lactique. Les lipides ne sont pas utilisables en anaérobie.
On décrit classiquement dans les premières secondes et minutes d’un effort violent deux sortes de métabolismes :

  1. / Le métabolisme anaérobie alactique, qui produit de l’ATP sans production d’acide lactique. Dans ce cas, la réaction ADP + P —> ATP utilise l’énergie fournie par la phosphocréatine qui se transforme alors en créatine. (Il existe un autre système anaérobie alactique bien connu mais dont on parle moins. Il permet le déroulement de la réaction suivante : ADP + ADP —> ATP + AMP. La transformation de l’AMP produira une substance toxique pour les fibres : l’ammonium NH4+) Il s’agit des premières secondes de l’effort.
  2. / Le métabolisme anaérobie lactique, qui permet la formation d’ATP en tirant l’énergie de la transformation du glucose qui devient acide pyruvique qui se transforme partiellement en acide lactique. On constate alors la diminution du pH cellulaire. Il s’agit des premières minutes de l’effort. Le glucose est gaspillé avec un rendement ridicule (2 ATP pour un glucose et 3 si ce glucose vient du glycogène). Si ce métabolisme se poursuivait trop longuement, les réserves de glycogène diminueraient rapidement et la forte acidité détruirait les protéines musculaires. La respiration et la circulation sanguine n’ont pas encore eu le temps d’apporter l’oxygène aux cellules.
    Les sports de résistance incriminés sont ceux qui ne durent qu’un temps très court, les courses de100 m par exemple, l’haltérophilie, le lancement du poids, du disque, le saut en longueur, en hauteur, la boxe.
    Les entraînements modernes essaient de faire travailler les fibres musculaires en anaérobie alactique et lactique, mais il vaut mieux compter sur le fait que tous les deux sont intriqués et seulement séparables en théorie. Des tests souvent discutés mais bien utiles, permettent d’évaluer les puissances disponibles dans ces métabolismes, par exemple la détente verticale du test de Sargent, et la bicyclette ergométrique avec différents protocoles.
    Pour restituer aux fibres l’ATP et cette énergie lactique et alactique utilisée au départ, on utilisera une partie de la dette en oxygène.

"Alactique" signifie sans acide lactique, comme amoral signifie sans morale. Le "a" est ici dit "privatif".

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