Bonjour, j’ai 20 ans et "victime" d’aménorrhée depuis bientôt 4 ans je voulais savoir où en étaient les recherches sur ce phénomène féminin encore tabou. En effet je ne suis ni anorexique et ma pratique sportive n’est pas poussée : je pratique la natation et le triathlon à un niveau modeste et même depuis l’arrivée de mon problème j’ai réduit la dose en ayant arreté le triathlon. On me parle d’un blocage hypophysaire mais moi je crains énormément pour mon capital osseux actuellement et sur la perspective d’avoir un jour des enfants...quels conseils ?...quelles sont les connaissances actuelles ?...les traitements ?...Je vous remercie d’avance.
Aurélie,
Je vous rassure tout de suite, le sujet n’est absolument pas tabou, loin de là. Voilà des années que les médecins du sport s’en inquiètent et que les endocrinologues cherchent les moyens de combattre cette pathologie.
Il y a plus de 10 ans déjà, j’assistais à un congrès à St Raphaël au cours duquel des gynécologues Lyonnais traitaient du sujet du point de vue de la danse, du patinage artistique, et de la gymnastique, car les jeunes filles sportives, désirant rester sveltes, se sous alimentaient et avaient des aménorrhées aggravées par l’intensité de l’entraînement.
Quelques années plus tard, j’ai écouté une conférence du professeur Jacques Bringer de la Fac de Montpellier dont le titre était « Prévention des déséquilibres hormonaux chez les sportifs »
C’était dans le cadre du VIIe Forum sport-santé Le sportif face à lui-même, le 19 janvier 1998.
Depuis, on a trouvé que le surentraînement se traduisait par des aménorrhées et des troubles de la libido.
Je cite Carl Foster dans le journal Insider de isostar fondation, mai 1999
« Déficit hypothalamique (c’est une partie du cerveau) L’observation répétée de troubles hormonaux chez les sportifs qui pratiquent un entraînement intensif et présentent un syndrome de sur entraînement, a amené à formuler l’hypothèse selon laquelle un trouble de la régulation hormonale au niveau hypothalamo–hypophysaire, pourrait être le facteur clé du syndrome de sur entraînement. On ne sait pas exactement pourquoi ni comment apparaissent ces troubles de la fonction hypothalamo-hypophysaire au cours du syndrome de sur entraînement, mais on pense que l’absence de menstruation chez les sportives et la baisse des taux de testostérone et de libido chez les sportifs pratiquant un entraînement intensif, sont un marqueur précoce du syndrome de sur entraînement »
D’après le professeur Bringer « L’hypothalamus (partie du cerveau qui produit des hormones) reçoit ou produit des neuro-hormones sécrétées pendant l’exercice : noradrénaline, adrénaline. …..Tout cela s’accompagne de perturbations de la sécrétion pulsatile intermittente de L.H et de FSH qui conduit à des anomalies ovariennes possibles. Mais il faut en même temps diminution sélective de la nutrition et exercices physiques intenses. Si l’alimentation est bien équilibrée, il n’y a pas de troubles du cycle, même dans des exercices intenses. Le type de sport pratiqué constitue un paramètre important. 3 types de sport entraînent beaucoup de troubles du cycle chez la femme :
1 Le jogging, le marathon, la course d’endurance
2 La danse.
3 La gymnastique.
Par contre, il n’y a pas de troubles du cycle chez les nageuses même avec 40 heures d’entraînement par semaine. Les nageuses mangent beaucoup globalement, ne sélectionnent pas leurs aliments, alors que les coureurs et les danseuses sélectionnent beaucoup. »
Je vous laisse conclure, et décider de votre santé, mais je constate que vous avez pris la bonne décision.
Diminuez votre activité physique, équilibrez votre alimentation, et si tout redevient normal dans quelques mois, c’est bien.
Si non il faudra faire des dosages hormonaux sang et urines chez un gynécologue, mais tout rentrera dans l’ordre probablement assez rapidement.
Pour être complet LH est la lutéinostimuline qui stimule la sécrétion des œstrogènes et de la progestérone par l’ovaire, l’ovulation et la formation du corps jaune.
FSH est la folliculostimuline hormone qui stimule la formation des follicules de l’ovaire.
Ces deux hormones LH et FSH sont produites par les cellules de la partie antérieure de l’hypophyse, en liaison avec le cerveau, hypothalamus. L’hypophyse est une glande d’origine neurologique située sous le cerveau.
Mon opinion est faite sur ce sujet. Il faut que le médecin dise à l’athlète surmenée : vous avez une aménorrhée parce que vous ne mangez pas assez et que vous faites trop de sport. Par conséquent, reposez-vous et mangez correctement.
L’erreur médicale serait de proposer un traitement hormonal et de laisser continuer la sportive dans ses erreurs alimentaires et de surmenage.
Sauf, bien entendu, si la sportive persiste dans sa préparation à des compétitions auxquelles elle ne veut pas se soustraire. C’est elle qui décide.
Mais il faut lui expliquer qu’elle fait le mauvais choix.
Confiance, mais prudence. Si vous trouvez que ça tarde trop à revenir, voyez votre médecin qui vous orientera sur Gynéco, endocrino, hormono…avec la solution positive dans 100 % des cas.
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