bonjour étant amateur de sport et tout particulièrement de football, j’aurais souhaiter vous poser une question dont la réponse n’est pas souhaitées immédiate mais pas trop tard non plus.je traite actuellement un travail sur les rapports entre le sport et les différents types d’alimentation ; ma question est donc : pouvez-vous me décrire les effets des différentes alimentations sur l’organisme et physique d’un individu sportif...
En vous remierciant par avance...
Cordialement
Flafla
Commencez par lire ça et revenez pour construire votre travail
http://cri-cirs-wnts.univ-lyon1.fr/Polycopies/Nutrition2/Nutrition-12.html
http://www.prevention.ch/lalimentationdujeunesportif.htm
http://www.club2.fft.fr/sartrouville_tc/VIE_CLUB/ARTMED.htm#haut
J’avais oublié un article qui pourrait vous intéresser que j’ai écrit il y a longtemps.
Les difficultés sur le site continuent.
421 GPL
Il y a de cela quelques années, on parlait beaucoup du 421 GPL que le professeur Creff conseillait aux sportifs. Le Ministère de la Jeunesse et des Sports le recommandait aussi vivement. De quoi s’agit-il ?
Il y a plus d’une dizaine d’années, le professeur A.F. Creff, président du Comité Français d’Information et d’Education Diététiques COFIED, hôpital Saint-Michel à Paris 15e, publiait avec la recommandation du Ministère de la Jeunesse et des Sports, un « Petit code de la diététique appliquée au sport »
Sur la page de couverture de ce petit code, une pompe à essence était représentée. Elle distribuait du 421 GPL qui alimentait des sportifs au départ d’un sprint. On pouvait lire : 421 GPL, le carburant des sportifs.
Le code comportait 14 articles :
Article I
La diététique fait partie intégrante de la préparation biologique du sportif au même titre que l’entraînement général et que l’entraînement spécialisé.
Article II
De deux sportifs d’égale valeur, toutes choses étant égales par ailleurs, celui qui a le rendement optimum est celui qui aura été alimenté de la façon la mieux équilibrée.
Article III
Mais la diététique ne vaut que dans la mesure où elle s’intègre à la « diéta » : la bonne manière de vivre (non seulement la bonne manière de manger et de boire, la bonne hygiène alimentaire, mais aussi la bonne hygiène du travail, la bonne hygiène du sommeil, la bonne hygiène mentale, la bonne hygiène génésique, la bonne hygiène corporelle)
Article IV
La diététique appliquée au sport propose des rations, ration étant pris au sens latin du mot « ratio » qui signifie la raison, la mesure, et non la restriction.
Article V
La ration la plus importante est la ration d’entraînement car c’est d’elle que procède l’organisation efficiente dans les tissus, des matériaux alimentaires apportés pendant la longue période de préparation.
Article VI
L’efficacité de la ration d’entraînement, qui est la même pour tous quel que soit le sport pratiqué, repose essentiellement sur la diversification des apports alimentaires. « De tout un peu mais de peu assez ».
Article VII
La ration d’entraînement est équilibrée quand elle apporte :
15 % de protides (dont plus de la moitié d’origine animale)
30 % de lipides (dont au moins les 2/5 d’origine végétale ou marine)
55 % de glucides (dont moins de 20 % de sucres simples)
1 ml d’eau par calorie, 7 ml d’eau par calorie protidique.
En termes plus simples, la ration d’entraînement est équilibrée quand elle s’inscrit dans le système 421-GPL c’est à dire quand elle apporte à chacun des trois repas (4 chez les enfants et les adolescents) :
4 portions de glucides : une portion de crudités, une portion de cuidités (légumes verts ou fruits cuits), une portion de sucres complexes (féculents, farineux), une portion de sucres simples (sucre, confitures, miel, etc.)
2 portions de protides : une avec calcium (laitages), l’autre sans calcium (produits de boucherie, de charcuterie, de la pêche, œufs)
1 portion de lipides : moitié d’origine animale (beurre), moitié d’origine végétale (huiles)
Une quantité suffisante d’eau pour toujours assurer une diurèse minimale de 1,5 litre par jour quelles que soient les circonstances climatiques.
Pas plus d’un verre de vin par repas.
Article VIII
La ration d’entraînement doit être variée, agréable, appétissante. La diététique n’est pas incompatible avec la gastronomie. Elle doit toutefois être dépourvue de préparations grasses, compliquées, indigestes, et des aliments riches en acide urique et en acide oxalique.*
Article IX
Si la ration d’entraînement est depuis longtemps équilibrée, il n’y a aucun intérêt, au contraire, à modifier l’alimentation les jours précédant la compétition.
Article X
Le dernier repas doit précéder la compétition de 3 à 4 heures de façon à éviter tout antagonisme entre la circulation autour des organes digestifs (digestion laborieuse) et la circulation cardio-cérébro-musculaire (diminution du rendement)
Article XI
Toutefois, une ration d’attente (1/8 à ¼ d’eau sucrée-10 g de miel toutes les ½ heures ou toutes les heures entre la prise du dernier repas précédant la compétition et le début de celle-ci) peut être proposée aux sujets anxieux, de façon à entretenir la stabilité de la glycémie, donc la vigilance et par conséquent un bon niveau de performance.
Article XII
Les rations de compétition varient en fonction de la durée et de l’intensité de l’effort d’une part, et des conditions climatiques et d’environnement dans lesquelles ce effort est pratiqué d’autre part. Les rations de compétition ont essentiellement pour but d’assurer le remplacement des réserves hydriques et glucidiques spoliées par l’effort, mais aussi lorsque l’effort est de longue durée, des réserves protidiques, voire lipidiques, minérales et vitaminiques.
Article XIII
La ration de récupération, comme la ration d’entraînement, doit être la même dans tous les sports. Elle a essentiellement pour but l’élimination rapide des « toxines de fatigue », surtout d’origine musculaire, de façon à favoriser la réparation rapide des tissus. Elle doit donc être quantitativement peu abondante (un athlète fatigué n’a pas faim), très riche en eau, pauvre en protides (donc en viandes ou poissons), normale en glucides (sucres, féculents, farineux) et en lipides (graisses) pendant les 24 heures qui suivent l’effort. Toutefois, si l’effort doit se poursuivre plusieurs jours d’affilée, elle sera hyper glucidique.
Article XIV
Le but de la diététique appliquée aux sports ne doit jamais consister à essayer de majorer la performance et de dépasser ses limites, mais surtout à éviter la contre-performance. Faute de quoi, utilisant des manipulations diététiques, elle s’apparenterait aux pratiques critiquables du dopage.
Complément eureka
Aliments riches en acide urique :
Ris de veau +++, rognons ++, foie de veau, ++ cervelle +, pigeon +, langue de bœuf +, saucisse +, viande de porc + / et Poissons : anchois +++, sardine +++, hareng ++, truite + , carpe + saumon +
Aliments riches en acide oxalique :
Légumes : betterave rouge +++, épinards +++, oseille +++, persil ++, / Fruits : rhubarbe +++, figue sèche + / autres : cacao +++, thé +++, bière +++, chocolat +.
Cet article que j’aie écrit devrait aussi vous aider
Régime dissocié scandinave.
On en a beaucoup parlé, depuis 1967, date à laquelle deux spécialistes (Saltin et Hermansen) l’ont en quelque sorte inventé.
SUITE
Il a eu beaucoup de succès, pas mal de critiques, et finalement il n’est plus pratiqué tel qu’on l’avait préconisé. Sagement, les entraîneurs l’ont édulcoré pour en prendre l’idée sans en garder la rigueur.
Comment le présentait-on ?
Le principe est simple, mais, une fois de plus, il fallait y penser !
Principe :
Ce qu’il faut d’abord savoir
Les muscles consomment des quantités importantes de glucose. Ce glucose (carburant) est stocké dans les fibres elles-mêmes, mais sous forme de glycogène, c’est à dire d’un très grand nombre de glucoses accrochés entre eux, qu’il a fallu relier les uns aux autres, et qu’il faudra libérer un par un quand les muscles en auront besoin.
(Pour ceux qui auraient des difficultés à comprendre la relation glycogène / glucose, il suffit de comparer le glucose à une perle et le glycogène à une réserve de perles unies entre elles sous forme d’un collier. Il faut fabriquer le collier en enfilant les perles dont on n’a pas besoin tout de suite, puis couper le fil du collier pour récupérer des perles l’une après l’autre dès que cela devient nécessaire. Chaque perle est un glucose et le collier, réserve de perles, est le glycogène musculaire. Il y a aussi une réserve de glycogène en quantité moins importante dans le foie.)
Pour transformer le glucose en glycogène, il faut d’abord qu’il y ait du glucose disponible en quantité suffisante et même excédentaire dans les muscles, et il faut aussi que des enzymes musculaires entrent en action avec la stimulation de certaines hormones naturelles du corps, apportées aux muscles par le sang (sans avoir besoin de dopage)
Pour transformer inversement le glycogène stocké en glucose utilisable, il faut que les muscles aient besoin de glucose. Cette transformation nécessite de façon naturelle comme dans le cas précédent, des enzymes musculaires et des hormones sanguines.
Pour un sportif, on peut dire de façon simple qu’au repos une quantité importante de glucose apporté par l’alimentation est transformée en glycogène, et qu’au moment de l’effort c’est l’inverse qui se produit.
L’astuce des scandinaves
Si on oblige un sportif à faire des efforts longs et épuisants, il utilise le glycogène musculaire dont les réserves diminuent. Si on l’alimente en même temps de telle sorte qu’il y ait très peu de glucose dans ses repas, il ne peut pas refaire les réserves de glycogène faute de glucose. Au bout de quelques jours il n’y a plus de glycogène dans ses muscles, et le sportif est épuisé rapidement, il ne peut plus s’entraîner. Il est littéralement affamé.
C’est à ce moment-là que l’entraîneur intervient en soumettant le sportif à un entraînement modeste et doux, et en l’alimentant avec des quantités très importantes de glucides. Les muscles vidés de glycogène par manque de glucose, se trouvent d’un coup en situation inverse. Ils reçoivent des quantités énormes de glucose et ils vont se mettre alors à fabriquer du glycogène, mais de façon exagérée, car les enzymes favorables sont devenues hyper actives. C’est comme une éponge pressée au maximum que l’on plonge dans l’eau. Elle se gorge d’eau plus que son précédent contenu. Par conséquent, en quelques jours, travaillant peu et se “ goinfrant ” de calories glucidiques, les muscles du sportif (ceux dont il se sert) arrivent à emmagasiner jusqu’à soi disant 40 grammes de glycogène par kilo de muscle pour certains auteurs, alors qu’il y en a environ 20 gr par kilo chez le sujet normal. Sans pouvoir affirmer ces valeurs énormes, il est certain en tout cas que le muscle du sportif qui a subi ce régime est beaucoup plus riche en glycogène qu’avant. Et qui dit plus de réserves en glycogène, dit plus de glucose disponible et par conséquent effort plus facile en endurance pour les courses de longue durée. Le muscle ne consommera les graisses que bien plus tard, et la fatigue apparaîtra moins vite.
En pratique
Nous prendrons un exemple qui est proposé pour un marathonien (Thèse Médecine Frédéric Delalonde, Montpellier 1986) Le marathonien “ vaut ” 2 h 45 mn. Son dernier entraînement a été réalisé 8 jours avant l’épreuve. A partir de là, les 7e, 6e et 5e jours avant, il continue son entraînement de 15 km par jour avec un régime contenant uniquement des lipides et des protides apportant peu de calories. Il fait enfin une dernière sortie de 25 km à allure modérée pour finir d’épuiser le glycogène qui pourrait encore rester dans ses muscles.
On le met alors au régime hyper glucidique et hyper calorique jusqu’à l’épreuve. Il est alimenté avec 75 % environ de sucres lents. Comme effort, il ne fera qu’une sortie de 30 minutes une fois par jour jusqu’au jour de son marathon.
Remarques
Un tel régime ne pouvait être proposé qu’à des sportifs restant au dessus de 70 % de leur VO2 max. pendant plus de 90 minutes. C’était un régime pour les sports de fond. D’autre part, seuls des athlètes d’un bon niveau peuvent en tirer profit puisque pour des durées moins longues et des efforts moins intenses de sportifs amateurs, sans nécessité de performance, les lipides prennent en temps voulu le relais énergétique des glucides.
Pendant la partie épuisante sans apport de glucides, les athlètes ne se sentent pas bien, soufrent de malaises de type faiblesse hypoglycémique, stress psychologique, crampes d’estomac, acidité gastrique et insomnies. Ce régime privatif avec efforts importants est stressant et démoralisant.
Pendant la deuxième partie avec apport considérable de calories glucidiques, des troubles digestifs de surcharge alimentaire apparaissent : ballonnements, digestion difficile, pesanteurs abdominales. Comme le glycogène ne peut se stocker qu’avec de l’eau, il faudra conseiller une hydratation importante. L’hypertrophie musculaire par surcharge de glycogène peut provoquer aussi une certaine maladresse dans la coordination musculaire.
En réalité, la simple logique permet de comprendre que celui qui a eu toute sa vie un régime alimentaire équilibré, va difficilement supporter de réaliser des efforts sans recevoir de glucides, et juste après ingurgiter des glucides en grande quantité en diminuant les efforts.
Un sportif de très haut niveau n’a pas besoin de tels excès et peut très bien se contenter de réduire un peu son entraînement et augmenter la part glucidique de son alimentation trois jours avant la compétition.
Pas de régime dissocié scandinave sans surveillance médicale.