Alcool et santé



Bien boire pour trop manger.

Il ne serait pas correct d’assimiler le buveur de vin au buveur d’alcool.
Le vin étant très consommé, on le considère à petites doses comme un aliment énergétique. Dans une bouteille de 3 / 4 de litre de vin à 12° il y a 525 kilo calories (7 kcal par gramme d’alcool) un peu moins que dans un litre de lait.
Si le vin, consommé avec modération, possède ses propres vertus, l’alcool lui même n’est pas un nutriment.
L’alcool ingéré passe rapidement dans le sang (alcoolémie) où il atteint un taux maximum 3 / 4 d’heures après l’absorption si on a l’estomac vide, et un peu plus d’une heure après si on boit pendant un repas.
Puis l’alcool quitte le tube digestif pour passer dans le sang, en entraînant de l’eau avec lui. Le départ de cette eau fait que l’estomac et l’intestin sont soudain moins distendus. Grâce à l’alcool on se sent donc moins " gonflé " pendant ou après un repas trop copieux.
C’est certainement ainsi qu’agit ce verre d’alcool dit " trou normand ", que l’on propose aux convives quand ils sont rassasiés, pour leur permettre de continuer à engloutir des aliments dont leur corps se serait bien passé. Sensation de meilleure digestion, supplément de calories non indispensables, voilà déjà une action vers l’excès pondéral, premier pas vers l’obésité.

Les boissons fortement alcoolisées augmentent l’alcoolémie beaucoup plus vite que les vins de consommation courante. Si la quantité ingérée est très importante, l’alcoolémie atteinte sera bien entendu plus élevée, mais le maximum se produira plus tard (1 h 30 après) et elle durera plus longtemps (2 h)
Le taux sanguin d’alcool reste plus bas s’il est absorbé au cours d’un repas, et notre corps l’éliminera plus vite si le repas est riche en protéines (viande, poisson) ou en aliments très sucrés.

Que devient l’alcool consommé ?

L’alcool étant soluble dans l’eau en toutes proportions, il ira dans le sang et là où il y a de l’eau, c’est à dire dans tous les organes de notre corps. C’est dans le foie qu’il sera dégradé, on pourrait dire " brûlé ", transformé en gaz carbonique et eau et dégagement de chaleur.
Un homme de 70 kg moyennement imprégné d’alcool, en transforme environ 7 g par heure. Une très faible quantité de l’ordre de 5 % est éliminée par les poumons (Alcootest), dans les urines et la sueur. Une partie peut aussi être transformée en graisse.
Quand l’alcool est transformé dans le foie, puisqu’il ne peut pas être stocké en réserve, il y a un fort dégagement de calories et par conséquent de chaleur.
Comme les autres aliments ingérés, et notamment les sucres et les graisses, devaient servir à produire cette chaleur, mais que l’alcool a tenu ce rôle à leur place, les excellents nutriments absorbés pendant le repas seront mis en réserve sous forme de graisses. C’est la cause du surpoids et de l’obésité de ceux qui boivent trop d’alcool.
Il faut bien noter que les calories de l’alcool n’ont servi qu’à produire de la chaleur.
Elles ne sont pas utilisées pour le fonctionnement des muscles. Il faut aussi savoir que cette chaleur n’est pas utile longtemps pour réchauffer le corps, puisque l’alcool dilate les vaisseaux sanguins qui vont vers la peau (rougeur caractéristique du visage quand on a trop bu) et ce sang qui passe sous la peau perd beaucoup des calories qu’il élimine dans l’air qui nous entoure.

Excès de boissons alcoolisées.

Parler d’excès suppose donner des limites à ne pas dépasser. Si un travailleur de force peut consommer par jour un litre de vin à 10°, un demi litre sera largement suffisant pour un sédentaire de 70 kg, un petit peu moins pour la femme. Quand on dépasse certaines limites, au delà de 150 g d’alcool par jour pour un homme de 70 kg, tout cet alcool ne peut plus être transformé en gaz carbonique, eau et chaleur. Il devient alors un redoutable toxique car un autre mode d’élimination chimique se met en route dans le foie, mais les réactions nécessaires à son accomplissement détruisent l’alcool …et le foie en même temps. Foie et pancréas subissent des altérations gravissimes du type hépatite, pancréatite avec cirrhose et hémorragies. Le foie malade se gorge de graisses. Ces lipides perturbent son fonctionnement mais n’ont pas un rôle de réserve comme les graisses de la peau. C’est un stockage de type déchet dans des cellules qui, littéralement étouffées, deviennent inutilisables. On parle de stéatose du foie.
Au-delà de ces effets toxiques, il semble prouvé que les risques de cancers du foie après cirrhose sont possibles bien en dessous de ces doses.
Le système nerveux (nerfs et cerveau) sera un des premiers à souffrir de cette dégénérescence hépatique.
D’autres effets néfastes de l’excès de boissons alcoolisées sont bien connus :
Certaines vitamines voient leur taux diminuer : Vit B, C et D.
Il y a des troubles psychiatriques, avec violence, suicide.
Des troubles cardiaques et hypertension artérielle.
Souvent une anémie et des hémorragies.
Des troubles sexuels avec impuissance.

Alors ?

Alors, prudence. Si la consommation raisonnable de vin peut être même conseillée, il ne faut pas abuser des boissons alcoolisées.
Mais j’ai, si j’ose dire, gardé le meilleur pour la fin. Les cancers du foie qui accompagnent certaines formes de cirrhoses ou leur succèdent, sont maintenant bien connus. Une étude récente vient de montrer que le risque de cancer du foie était plus important chez les hommes buvant plus de 60 g d’alcool par jour que chez ceux qui en buvaient de 40 à 60 g. Dans le cas où le sujet alcoolique serait porteur du virus de l’hépatite B ou C, le risque de cancer serait alors doublé. D’après ces chercheurs, l´alcool semble inoffensif jusqu’à 40g/j, c’est à dire bien avant le début de l’effet toxique.
Il est également très dangereux pour l’organisme humain et notamment pour la partie haute du tube digestif, d’associer des abus d’alcool à des abus de tabac. Les risques de cancers sont alors indiscutables et indiscutés.

Il faut :

BOIRE PEU
MAIS
BOIRE BIEN
POUR
BOIRE LONGTEMPS

1 dose de Whisky 14 g d’alcool
1 dose de Vodka 11 g d’alcool
1 dose de liqueur 10 g d’alcool
1 petit apéritif vin doux 12 g d’alcool (100 ml environ)
1 bon verre de vin entre 10 et 12 g d’alcool
1 bière banale (à 4,2 %) 8,5 g d’alcool
1 grand verre de cidre entre 4 et 6 g d’alcool

Alors prudence et à votre santé quand même !

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