Lycée Saint Michel                                                                    Samuel GUERIN, David PASQUIER et Jean-Charles TRAINEAU

Château-Gontier                                                                                                              TERMINALE SCIENTIFIQUE 1 et 2

Année 2002-2003



Sommaire

Préface

Introduction

   Partie I: Définition du surentraînement et de la notion de fatigue

   Partie II: Les formes de surentraînement

       A. La forme ou fatigue aiguë

       B. La fatigue chronique, ou évolution progressive du surentraînement

            1. Définitions

            2. Composantes comportementales

    Partie III: Les accidents physiques consécutifs au surentraînement

    Partie IV: Démarche diagnostique

       A. Le suivi de l'entraînement et l'interrogatoire

       B. La recherche des signes associés

       C. Les investigations spécialisées

    Partie V: Prévention et traitement

Conclusion

Annexes

  A. Glossaire

   B. Documents annexes aux parties

   C. Bibliographie


Préface

Notre préface se divise en trois parties. Chaque partie comporte la synthèse personnelle de chaque membre du groupe, il peut donc avoir des avis, des formes, des opinions différents ( normal car la synthèse est PERSONNELLE).

 

Synthèse personnelle de David

 

 

Le groupe étant formé de trois sportifs, le thème fut assez rapidement encadré et devait alors tourner autour du sport. De là, trois thèmes principaux ont été proposés, croissance (le développement des ressources énergétiques au service de la préparation physique des athlètes/les cellules cancéreuses et l’efficacité des traitements), sciences et aliments (effets de l’entraînement et de l’alimentation chez le sportif), espace et mouvements (modéliser les mouvements développés dans les activités physiques et sportives/les organes du mouvement/les muscles et les mouvements/les os, les articulations et les mouvements/accidents et déformation du squelette). Tous ceci nous a entraîné vers le surentraînement  car c’est un sujet qui nous touche plus ou moins directement et qui, pour ma part étant pratiquant, pouvait m’affecter. Dès le 27 septembre une problématique a été envisagée, en quoi le surentraînement peut-il être nocif ? Cependant notre documentation était trop incomplète pour envisager cette problématique et elle évolua au cours de l’année. Finalement, nous sommes tout de même retournés vers celle-ci pour aboutir à : le surentraînement peut-il être nocif au sportif ?

 

Pour traiter un tel sujet, nous sommes allés rechercher toutes documentations se rapportant au surentraînement en se séparant tout d’abord. Après chaque séance, nous procédions à un petit bilan de ce que chaque personne avait trouvé lors de ses recherches. C’est la partie la plus difficile car nous progressions en aveugle, de plus le sujet est composé de beaucoup de mots médicaux qui a mis un frein à notre progression ainsi que la lecture d’un DVD qui ne faisait que se repousser à cause d’une défaillance du lecteur DVD. Heureusement, nous avons pu nous revoir pour visualiser ce DVD et pour les mots médicaux, le docteur Albert CALLIS nous les a définis ou rectifié gentiment.

Ces TPE m’ont permis de comprendre en partie les difficultés que pouvaient rencontrer les entraîneurs de haut niveau pour que leurs sportifs soit au maximum de leurs performances sans être en surentraînement. Le surentraînement n’est pas une maladie mais une conséquence d’efforts physiques non contrôlés. Il est nocif et peut même devenir mortel si le sportif ne décide pas de s’arrêter avant épuisement total. Cependant, un remède existe à ce syndrome, c’est le repos sous toutes ses formes. Ce problème devait être connu par un maximum de personnes d’où l’idée d’exposer ce dossier en un site Internet que www.eureka-sport.com a bien voulu nous préparer. Malgré cela, nous voulions au départ en faire une vidéo mais pour faire un tel dossier le problème de matériel se posait. Je ne suis pas à mon premier dossier mais celui-ci m’a apporté plus que je pouvais en attendre. Il m’a montré l’importance du temps et surtout l’efficacité que doit avoir un groupe pour réaliser un dossier. Chaque personne doit être en accord avec le dossier pour produire quelque chose d’efficace. Ainsi, j’ai appris d’avantage sur le travail collectif et aussi sur le fonctionnement d’un ordinateur mais pas au point de faire un site Internet moi même.

Synthèse personnelle de Jean-Charles

Cette année, je suis en terminale S, le choix de la série S est devenu obligatoire vu le projet professionnel  que j’ai choisi, devenir Kinésithérapeute. De plus, depuis ma jeunesse, j’ai toujours fait beaucoup de sport. En plus, dans mon lycée, il y a une ‘Option Sport’, que j’ai pris dès la Seconde. Bien sur, cette année nous avons aussi TPE comme Option. Je l’ai tout de suite prise, car je pense que cela peut être intéressant. Cette année, je voulais avoir un sujet de TPE qui me plaise et qui soit intéressant, car l’année dernière je me suis retrouvé à travailler sur un thème qui ne me plaisait pas trop. Alors pour cette fois, je suis allé avec des personnes qui ont les mêmes goûts que moi, on s’est donc retrouvé à trois dans le groupe, et tous des sportifs.

Le choix d’une première matière pour les TPE nous a paru tout de suite évident, nous  voulions avoir un thème principal sur le sport. Ensuite, on a remarqué que tous les trois nous aimions les Sciences de la Vie et de la Terre (SVT), car nous avions tous pris ‘Spécialité SVT’ donc la deuxième matière à utiliser était SVT. De plus, leurs projets d’avenir avaient des liens avec le mien (le premier veut devenir vétérinaire et le deuxième veut faire le STAPS). Donc, on a décidé de faire un travail sur le sport avec comme matière principale  l’EPS et comme matière secondaire  les SVT et plus particulièrement la santé. Maintenant l’essentiel de nos désirs était défini, nous pouvions alors essayer de choisir un sujet.. Le premier thème qui nous est venu à l’esprit était sur l’alimentation de l’athlète mais ce sujet ne nous inspirait pas vraiment, était difficile à  traiter et trop complexe. Une ou deux séances après, un des membres du groupe nous a parlé du surentraînement, un phénomène qui pouvait nous toucher vu notre activité intensive de sportif. Ce sujet nous a alors beaucoup plu, et à ce moment là, pour pouvoir commencer nos recherches, nous avons été voir si le sujet correspondait bien aux thèmes nationaux des TPE. A partir de ce moment, notre travail était vraiment lancé mais avant de débuter nos recherches, nous avons défini plusieurs problématiques mais nous n’avions pas encore trouvé la définitive (qui est en fait un mélange des problématiques de début). Nous avons effectué beaucoup de recherches sur des sites sportifs sur Internet (car en allant à la bibliothèque nous avons constaté qu’il n’y avait pas grand-chose dans les livres de sport sur le surentraînement). Or, nous ne pouvions pas savoir si ces données étaient vraiment fiables alors nous avons décidé de rencontrer un kinésithérapeute, un médecin du sport,  un psychologue et une équipe professionnelle (fdjeux.com dirigée par les frères Madiot) car nous avions prévu de travailler sur la psychologie de l’athlète et sur le fonctionnement des muscles. Mais, peu de temps après, grâce à une émission de E=M6, nous nous sommes rendu compte que ce n’était pas au niveau des muscles que se trouvait le moteur essentiel du surentraînement. Une fois nos recherches terminées, notre idée fut de faire une vidéo pour expliquer le surentraînement mais ce projet fut vite oublié et remplacé par la création d’un site Internet ou d’un CD-Rom. En parcourant Internet, nous sommes tombés sur un site officiel créé par des professionnels (Eureka-sport), nous avons rencontré un médecin qui nous a aidé, dès qu’une difficulté intervenait dans la compréhension d’un mécanisme. Une fois notre problématique définitive trouvée, notre plan se concrétisa (il sera peu modifié par la suite). Nous avons alors confronté tous nos documents pour pouvoir répondre à la problématique. Une fois notre TPE terminé le docteur nous a proposé de le publier sur son site, vu notre travail sérieux. Comme nous n’étions pas sûr de la publication à temps de notre TPE sur le site, nous avons décidé de faire en plus un CD rom. Une bibliographie plus précise des sites utilisés est disponible à la fin de notre TPE.

Cette année de TPE m’a vraiment plu et m’a beaucoup aidé car nous avons travaillé sur un problème que je risque de rencontrer dans l’avenir, au niveau professionnel et même au niveau personnel. J’ai constaté que lorsqu’un sujet plait, le travail est meilleur et peu vraiment être de bonne qualité. De plus, le sérieux et la justesse obligatoire de notre travail du à la publication dans un site officiel de sport m’ont vraiment plu et nous ont aidés à être bien ordonné. J’espère que notre TPE sera bien compris par tous les lecteurs qui voudront étudier le surentraînement.

Synthèse personnelle de Samuel

T.P.E., Travaux Personnels Encadrés, derrière ses trois lettres se cachent une réalisation dans laquelle les élèves ont l’occasion de mettre en œuvre un raisonnement scientifique basé sur le questionnement. Chaque élève choisit, suivant une liste de quatre thèmes (Image, Croissance, Espace et Mouvement et Sciences et aliments), sa préférence et se questionne sur le contenu. Interrogation après interrogation, il établie un questionnement favorisant le choix d’un sous-thème, proposé par la liste des thèmes, qu’il pourra mener au cours de l’année dans le but d’y répondre.

            La formation du groupe s’est déroulée dès la première séance due à la bonne entente et à l’assiduité de chaque membre du groupe, ainsi, cette bonne coopération pourra permettre d’éviter les mêmes erreurs que l’année dernière. Pour ce qui me concerne, le choix du thème vînt aussitôt à l’esprit et se tourna en relation avec le sport. De-là, trois thèmes faisaient nettement intervenir l’éducation physique et sportive (croissance avec le développement des ressources énergétiques au service de la préparation physique des athlètes/les cellules cancéreuses et l’efficacité des traitements, sciences et aliments avec effets de l’entraînement et de l’alimentation chez le sportif, espace et mouvements avec modéliser les mouvements développés dans les activités physiques et sportives/les organes du mouvement/les muscles et les mouvements/les os, les articulations et les mouvements/accidents et déformation du squelette). Chaque membre du groupe a eu l’occasion de choisir les sous-thèmes de la liste suivant son affinité. Ainsi, lorsque chacun donna son avis sur le sous-thème à adopter, le thème de la nutrition chez le sportif naquit. La problématique ne se fit pas attendre et l’on déboucha sur « En quoi une bonne nutrition est nécessaire chez un sportif de haut-niveau ? ». Mais, au fil de la deuxième séance, la recherche d’un plan et de documents n’apportait rien. Dès lors, le groupe se questionna sur le devenir de ce projet et aboutit à un abandon. Lors de la troisième séance, notre choix convergea vers le surentraînement car en surfant sur le site de E=m6 nous avons vu une question en rapport avec le surentraînement et avons voulu connaître ce syndrome. De plus, pratiquant tous du sport, nous voulions savoir si nous pouvions être atteint. Suite à ce choix, la problématique s’intitula « En quoi le surentraînement peut-il être nocif ? ». Ce thème me tient à cœur car, bien que je pratique du sport, je suis également entraîneur depuis quelques années dans deux sports, je me trouve donc dans deux situations, c’est-à-dire celui qui donne les exercices et celui qui les exécute. Ainsi, une étude de ce syndrome pourra me permettre de mieux gérer mes entraînements et de mieux les planifier. De plus, après le baccalauréat, je souhaite faire des études dans le milieu sportif et entrer dans une faculté de Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives (STAPS). J’aurais, dès lors, un avant goût et quelques notions de ce qui m’attend l’année prochaine.

            Après avoir choisi le thème, le sous-thème et la problématique, nous nous sommes lancé dans la recherche de documents. Le cumul et l’analyse des recherches ont permit de définir une nouvelle problématique et un plan (« Comment réagissent les muscles et la psychologie face au surentraînement ? »). Ce plan donnait lieu à des visites chez un kinésithérapeute, un médecin du sport, un psychologue et à une équipe professionnelle (fdjeux.com dirigée par les frères MADIOT) mais l’apport de nouveaux documents (tel qu’un DVD de e=m6) conduit à un abandon à la fois de la problématique et du plan mais aussi des visites. De plus, le manque d’informations nous permettait pas d’établir un interview fiable. J’ai, tout de même, demandé à un kiné et à un médecin du sport ce qu’ils pensaient de ce syndrome, l’un m’a répondu qu’il n’était pas spécialisé dans ce domaine et l’autre m’a émis l’hypothèse que le surentraînement n’a pas encore été défini par la médecine. Ainsi, il nous a fallu acquérir une nouvelle problématique tout en continuant la recherche de documents. Face à la faiblesse du CDI en matière de document sur le sport, nous sommes allés à la bibliothèque municipale afin de trouver peut-être de nouveaux documents. Mais, nous nous sommes heurtés au même problème que le CDI du lycée, la non-présence d’une faculté de sport dans les environs ne permet pas l’apport de documents dans ce domaine. Lors de la séance du 10 janvier, le groupe s’est concerté à propos du plan afin de définir un nouveau plan étant donné que certaines parties étaient tabous et hors-sujets. Le nouveau plan et la problématique (NB : elle avait déjà été trouvée dès la troisième séance mais n’avait pas été acceptée) ont été établit grâce à une meilleure analyse des documents («Le surentraînement peut-il être nocif au sportif ?») . Celui-ci changea selon la proposition du Dr Albert CALLIS du site Eureka Sport à qui nous avions demandé un avis. Cette personne nous aida tout au long de la rédaction de notre projet. Le choix de la production finale évolua au cours de l’année suivant la confection du plan, elle passa d’une vidéo à un CD-Rom puis un site Internet. La création d’un site Internet était, je pense, une manière de divulguer une information pour les entraîneurs non seulement au lycée mais aussi à travers tout le pays afin que des jeunes entraîneurs prennent conscience de l’existence de ce syndrome. Après avoir fini la rédaction, chaque membre du groupe pris un exemplaire afin de corriger les fautes éventuelles. La correction terminée, nous avons envoyé notre travail à Eureka Sport afin qu’il le publie sur leur site.

            Ma tache, dans ce TPE, était, dans les premières semaines, d’amasser les documents nous permettant de réaliser notre projet, puis de réfléchir sur le contenu et sur la forme. Après cette analyse, je fis la rédaction de certaines parties du projet. Puis, lorsque chacun eu fini sa propre rédaction, je me suis occupé de la relation avec le site Eureka Sport et la mise en forme à l’ordinateur.

            Les critiques de cette année, sur les TPE, sont largement positives. En effet, ce projet m’a permis de comprendre le surentraînement que je peux rencontrer au cours de l’année lors des entraînements dont je suis responsable. Je peux maintenant interpréter les différentes fatigues des sujets à la charge et établir un suivi sur l’évolution de la forme de mes athlètes (NB : j’effectue ce suivi depuis que j’ai trouvé le test). Ma tache d’entraîneur est ainsi tourné sur autre chose que la confection de séances. Dès lors, le surentraînement est lié à un manque de récupération et une reprise trop soudaine d’activités physiques.

            De plus, la bonne entente et l’assiduité du groupe a permis de travailler dans de bonnes conditions. Etant donné que je m’occupais seul de la mise en forme, les deux autres membres du groupe se renseignaient sur l’évolution du projet (ce qui m’a bien plu). Notre production finale devait être un site que nous devions faire nous-même, mais, puisque aucun membre du groupe ne savait comment faire, nous avons décidé de confier cette tache à Eureka Sport, dont je remercie encore.

Introduction

       Les grands sportifs sont les stars de notre époque, du moins, tant qu’ils battent des records, décrochent des médailles ou marquent des buts. Mais après, qui sait que beaucoup d’entre eux sont physiquement abîmés par la pratique intensive de leur discipline. Il est urgent de prendre conscience des dangers du surentraînement.

Le sport a mains effets positifs, aussi bien sur l'organisme que sur le mental, car il est un facteur d'harmonie dans la gestion de son propre corps, à de nombreux points de vue. En améliorant les performances musculaires et la coordination des gestes, le sport aide à la construction d'une meilleure image de soi-même. Il permet de prendre conscience de ses capacités et de ses limites. Il a un effet relaxant bien connu, et participe à la régulation des grandes fonctions de l'organisme: le sportif dort mieux, s'alimente correctement et est souvent obligé, s'il veut rester à un bon niveau, d'éliminer au moins partiellement de mauvaises habitudes comme le tabagisme et l'alcoolisme. Pratiqué de façon modéré mais continue, tout au long de la vie, il a un effet remarquable sur le système cardio-vasculaire et respiratoire. Le cœur sportif est plus lent, plus fort, et présente moins de risque d'insuffisance cardiaque. Toutefois, après l'âge de quarante ans, il est indispensable de contrôler, par des électrocardiogrammes d'effort, que le cœur est effectivement en bon état.

        Certains sportifs, qu'ils soient amateur ou professionnel, ont subi à, un moment donné, une fatigue prolongée ne permettant pas le bon fonctionnement d'un entraînement et/ou d'une compétition. Cette fatigue peut, si les sportifs continuent de s'entraîner, entreprendre une situation qui s'aggrave au cours du temps. Cette situation se nomme dans le monde sportif : le surentraînement. Il est l'objet d'une accumulation de fatigue n'étant pu être récupérée par l'organisme pendant un temps de repos assez long. De plus en plus de sportifs de haut niveau sont fatigués et blessés (muscles, articulations, tendinites, manque de réussite,...). Les médecins ont été amenés à étudier ces cas et ils ont décrit "une situation" de mauvais état physique et mental.

Dans le cadre des Travaux Personnels Encadrés (TPE), nous allons vous présenter un phénomène connu de certains sportifs, qu’ils soient professionnels ou amateurs, servant de prévention pour les entraîneurs qui sont responsables de jeunes adolescents et même d’adultes ne faisant pas forcément garde à cette accumulation de fatigue. Au cours des séances, les sujets à charge voient leurs rendements, leurs performances, leurs morales, leurs capacités d’exécuter et d’enchaîner les exercices diminuer plus ou moins rapidement. Ces individus vous disent qu’ils sont « morts » et n’ont plus aucune force. Cet état peut être dangereux s’il est prolongé dans le temps. Comment peut-on définir le surentraînement? Quelles sont les différentes formes du surentraînement? Quels sont les accidents physiques consécutifs au surentraînement? Quelle est la démarche diagnostique? Quels peuvent être les préventions et les traitements ? En bref, nous pouvons nous demander si le surentraînement peut être nocif aux sportifs ?

      Partie I: Définition du surentraînement et de la notion de fatigue.

        Le surentraînement est un aspect de la fatigue chronique lié à une surcharge physique et/ou mentale, il témoigne d'un déséquilibre énergétique: le catabolisme supplantant l'anabolisme c'est-à-dire que la consommation d'énergie est supérieure à sa mise en réserve (remarque: le surentraînement n'est pas uniquement physique).

       à partir de cette définition, on peut dire que le surentraînement aura de nombreuses caractéristiques ou est polymorphe puisqu’il atteint aussi bien le physique que le mental:

- le surentraînement aboutira à une diminution de la capacité de travail, du rendement et des performances comparées ( ce sont les performances de chaque individu par rapport à lui-même). Dans une équipe si des individus commencent à moins progresser, il ne faut pas dire que l'équipe est surentraînée. Il faut vérifier si les individus n'ont pas un défaut de progression par rapport à eux-mêmes (capacités). Prenons l'exemple d’une équipe de 10 personnes, elles progressent de la même façon pendant un certain temps puis au bout de 2-3 mois d'entraînement et/ou de compétition, huit progressent toniquement et deux moins vite: cette différence ne veut pas dire obligatoirement que les deux individus sont surentraînés, ils ont un moins bon rendement par rapport au reste du groupe. Il faut voir si eux-mêmes n'ont pas une réduction du rendement spécifique à l'activité. Peut-être qu'ils continuent à progresser ou à stagner leurs performances, mais leur progression est moins nette que le groupe. Cette différence de progression ne veut pas dire qu'ils sont surentraînés, ils ont simplement moins de capacité que les autres.

- cette surcharge entraînera des signes cliniques traduisant le syndrome de surentraînement. Pour un entraîneur, savoir bien construire un plan d'entraînement en le suivant étape par étape et/ou en changeant quelques séances, permet de ne pas tomber dans ce syndrome. Avant de comprendre le surentraînement, il faut savoir établir un programme d'entraînement. Comment se présente un programme d’entraînement ?[1] Un entraîneur peut donc faire un cycle d'entraînement s'il connaît le temps de récupération des différents sportifs à la charge, par contre le non-respect entraîne le cycle de surentraînement. 

            En période de repos, les potentialités restent stables. Au cours du temps, les potentialités d'un sportif quelconque varient. Durant un entraînement, les potentialités diminuent par rapport à l'effort fourni ( pendant un entraînement, la consommation des réserves énergétiques diminuent dont l'ATP, les glucoses et éventuellement les lipides et protides). Il faut savoir que la baisse de la quantité de glucide est due à la synthèse d'ATP nécessaire à la contraction des muscles. Progressivement, la consommation d'ATP augmente alors que les potentialités diminuent. Au début de l'entraînement, les potentialités sont au maximum mais à la suite de l'effort celles-ci diminuent et les réserves sont au plus bas.

        D'où, après cette phase d'entraînement suit une phase de récupération[2] pendant laquelle il y a une refabrication des stocks consommés, c'est-à-dire refaire le stock de glycogène et éventuellement des lipides et des protides. Cette phase de récupération doit être égale au moins à la phase d'entraînement. Pour ces dernières phases, il ne s'agit pas d'un cycle d'entraînement où se suive plusieurs séances espacées dans le temps mais bien de la durée d'un seul entraînement (1 heure, 2 heures, 3 heures...). à l'issue de la phase de récupération, le niveau de potentialités est revenu au niveau d'avant entraînement ( stock de glycogène reconstitué). Ces différentes phases peuvent se représenter sous un graphique au cours du temps. Matveiev a transcrit ces phases suivant le schéma ci-dessous ( l'échelle de temps n'est pas respectée).

         On constate qu'une phase de surcompensation suit la phase de récupération pendant laquelle l'organisme, qui vient de faire face à une dépense importante, stocke un peu plus de glycogène dont il a besoin pour revenir au niveau normal; le stockage supplémentaire se fait sous construction tissulaire (phénomène de plastie musculaire avec notamment des modifications des fibres musculaires, des augmentations de fibres disponibles, une acquisition protéique, …) . A la fin de la phase de surcompensation, le stock et la potentialité sont supérieurs à la normale (I – 4). Matveiev a voulu remettre les potentialités à un niveau normal (I – 5), mais si l’organisme n’effectue pas d’efforts, les stocks ne peuvent pas diminuer donc on observe un supplément pour la phase d’entraînement à venir (au niveau de potentialité de I – 4). Ainsi, la prochaine phase possède un surplus de stock. Cette analyse date et aujourd’hui, on peut dire qu’après la phase de surcompensation, les potentialités du sportif ne reviennent pas à la normale, c’est un acquis supplémentaire pour la nouvelle phase d’entraînement. D’où après un premier entraînement, on arrive à une potentialité qui peut être notée n. Au deuxième entraînement, le sportif commence à un niveau normal n et finit à 2n (ce qui correspond, sur le schéma de Matveiev, au niveau I - 4 ); ainsi sa potentialité augmente. Ce phénomène est le principe de l'entraînement. Il exerce des modifications des structures musculaires de façon à subir des exercices plus intenses dans les prochains jours, ainsi un niveau plus élevé. Il se conclut par des modifications d’élévation des réserves glycogéniques. Prenons un exemple concret: si un sportif fait un footing de 10 minutes, à la fin il est épuisé. Un autre jour, il fera un footing de 15 minutes et sera toujours aussi fatigué mais le temps d'effort sera plus long. Ainsi, plusieurs semaines plus tard, le temps d'effort aura augmenté mais, à la fin de l'effort, le sportif sera toujours aussi épuisé, comme au premier footing. à chaque nouvel entraînement, si le sportif et l'entraîneur respectent les différentes phases, l'entraîné débute à un niveau de potentialités disponibles plus élevé que le précédent.

        Si les personnes concernées ne respectent pas ces différentes phases ( c'est-à-dire fonctionne comme le second graphique), si la phase de récupération n'est pas assez longue et que la phase d'entraînement reprend plutôt, le sportif démarre avec moins de potentialités. Donc, avant d'avoir fini la phase de récupération, au lieu de démarrer à un niveau plus élevé potentiellement, il démarre à un niveau plus bas, le niveau descend donc plus bas à la fin de l'effort. S’il démarre à un niveau plus bas, il laisse le temps à l'organisme de se régénérer puis  se surcompenser. Ce non-respect n'entraîne pas de problèmes majeurs mais si cette situation devient une fâcheuse habitude, c'est-à-dire de ne pas respecter le temps de récupération et démarrer sans cesse les entraînements à un niveau plus bas. Le sportif va progressivement accumuler une dette énergétique de plus en plus importante suivant la longueur de la poursuite. Ainsi, le catabolisme devient supérieur à l'anabolisme, les potentialités baissent progressivement: il se met en surentraînement. Sur le schéma de Matveiev, on peut représenter cette situation au niveau du II - 6.

        La durée de récupération des activités physiques et sportives n'est pas la même pour tous les sportifs et les sports. En effet, un demi-fondeur (coureur de demi-fond) qui travaille pendant 2 heures intensément, a une phase de récupération plus importante que le sportif du dimanche qui ne peut pas faire un footing de plus d'un quart d'heure. Le demi-fondeur aura une phase de récupération minimum de 18 heures et allant jusqu'à 24 heures alors que le sportif du dimanche peut recommencer un footing après 8 heures de repos. 

On peut observer ce phénomène suivant deux autres schémas:

        Quand un sportif enchaîne des stimulus d'entraînement trop rapprochés, le niveau des performances diminue de façon linéaire. Plus les stimulus sont rapprochés plus la pente est aiguë. Si un demi-fondeur, avec un travail de 2 heures 30 de travail, respecte les 18 heures de repos, il effectue un cycle parfait. Par contre, si le temps de récupération est de 16 heures au lieu de 18 heures, la pente diminue au fur et à mesure et le surentraînement apparaît relativement lentement. Le sportif peut le supporter mais si cette période de temps n'est pas respectée ou réduite, alors il se dirige directement vers le surentraînement. Un sportif, s'entraînant deux fois par jour, arrive plus rapidement vers le surentraînement étant donné que la phase de récupération n’est pas respectée.

        Si un athlète continue le surentraînement, il sera en surentreprise puis en surcharge, en surentraînement aigu et enfin en fatigue aigüe qui est un danger de mort. à long terme, la fatigue aigüe se transforme en danger de mort mais à court terme, c'est un épuisement total (le schéma représente une pente rapide).


Partie II: Les formes de surentraînement


A. La forme ou la fatigue aigüe[3].

La forme aigüe ou fatigue aigüe sont des cas particuliers du surentraînement On rencontre ces cas au cours d’un effort inhabituel qui entraîne des conséquences majeures et rapides. Cette fatigue survient à la fin d’un entraînement intense, le cœur bat plus vite, la respiration est plus rapide que d’habitude et l’individu est en sueur. Dans plus vite que d’habitude, on entend que l’on connaisse le pouls à la fin d’un exercice intense et que l’on compare ce résultat habituel à celui de la fatigue aigüe. Dans certains cas, l’individu peut se sentir bien dans cet état de fatigue, on l’explique par une sécrétion d’endorphine ; certains athlètes disent quand ils ont réussi, qu’ils se sont dépassés. Et bien, cette sensation est une fatigue aigüe, il faut s’en méfier car si l’effort est poursuivi, ce qui est possible car l’individu se sent bien, entraîne un épuisement aigu. Il suit la forme aiguë et se traduit par une perte de connaissance, une détresse respiratoire ou un accident cérébral, il peut conduire au décès par troubles cardiologiques et/ ou neurologiques et une destruction complète à l’effort.

On constate pour des « sportifs du dimanche » ou des athlètes de bon niveau, des décès après une compétition. Ces décès proviennent sur des personnes qui possédaient un niveau satisfaisant et qui ont voulu gagner quelque chose  et/ou quelques places dans une course, ils étaient dans un état de fatigue aiguë et/ou physiologique et étaient arrivés à l’extrême et leur volume de dioxygène maximum (VO2 max) est au-dessus du niveau habituel[4]. Malgré ce décalage, ils ont poursuivi l’effort un petit peu plus, ils ont essayé de monter encore au-dessus du VO2 max habituel. Ce cheminement a entraîné une fatigue aiguë qui s’est transformée en épuisement aigu puis une syncope voir un décès. Face à cette ignorance d’un surentraînement polymorphe, lors d’un marathon, l’équipe médicale sur place se méfie toujours des premiers qui peuvent être surentraînés mais aussi des derniers qui veulent aller plus loin que leurs limites.

La fatigue aiguë se détecte par un VO2 max au-dessus de tous les paramètres du VO2 habituel, mais aussi par une accélération de battements de cœur plus rapide que d’habitude, par des ventilations plus rapides et par des sueurs. Paradoxalement, certains individus se sentent bien dans cet état, ils ne se rendent pas compte de leurs limites : c’est une forme d’overdose à l’effort qui est liée à une sécrétion d’endorphine. S’il poursuit l’effort, il entre dans l’épuisement aigu avec perte de connaissance et éventuellement des troubles cérébraux. Il peut aussi conduire au décès soit par destruction musculaire étendue soit par troubles cardiaques et/ou neurologiques.

La fatigue aiguë est une forme un peu à part du surentraînement, elle peut se voir au cours d’un entraînement mais c’est plus une forme où le sportif va plus loin que ces possibilités et ses réserves.

 B. la fatigue chronique[5] ou évolution progressive du surentraînement.

1. Définitions

La fatigue chronique entre plus particulièrement dans le surentraînement. Elle se présente comme un cercle vicieux mais elle est moins grave. Les sportifs peuvent entrer dans la fatigue chronique suivant l’état physique et psychologique. Un sportif, ayant des entraînements trop rapprochés, se dirige vers des réserves métaboliques insuffisantes donc une diminution des possibilités et une baisse de rendement musculaire (avec schéma 4).

2. Composantes comportementales

Si on reprend le schéma de Matveiev, un individu, dépassant la deuxième récupération incomplète (II – 5), a son catabolisme supérieur à l’anabolisme. Ainsi les potentialités sont en dessous du niveau zéro, donc diminué, dès lors les performances baissent. Puis, s’il continue, les réserves sont de plus en plus minimes poussant à une baisse des possibilités suivi d’une diminution des performances ainsi de suite lors d’un prolongement…. Cet engrenage est le cercle vicieux du surentraînement.

D’après ce schéma, le premier cercle vicieux s’explique par une diminution des réserves métaboliques, elles-mêmes se traduisant par une baisse des performances. Le prolongement de l’effort abaisse les réserves donc diminue les performances etc.…Le deuxième cercle vicieux se détermine par la même baisse des performances qui entraîne un impact psychologique négatif (le sportif n’est pas satisfait). Ce dernier cause la fatigue, le stress, l’anxiété, l’asthénie ( l’individu ne se sent pas bien) qui provoquent eux-mêmes un sommeil moins important (le sportif dort moins bien). Le manque de sommeil pousse à la fatigue, au stress, à l’anxiété, à l’asthénie (espèce d’apathie = forme de dépression où quelqu’un est un peu amorphe, trop calme qui ne va pas bien). Dans le système nerveux, on retrouve la fatigue, le stress, l’anxiété, l’asthénie, puis une baisse des performances poussent un impact psychologique et ainsi de suite…

Le retour sur la définition de surentraînement permet de transcrire les cercles vicieux physiques et mentaux avec certain terme de la définition. Ainsi, le surentraînement est un aspect de la fatigue chronique lié à un surmenage physique, c'est-à-dire une diminution des possibilités et une baisse du rendement musculaire, et/ou mentale, c'est-à-dire un impact psychologique qui entraîne de la fatigue, du stress, de l’anxiété et de l’asthénie, elle témoigne d’un déséquilibre énergétique, le catabolisme supplantant l’anabolisme (=diminution des réserves glycogéniques et anabolisme protéique). Ce qui est important à voir à travers ce schéma, c’est que les sportifs peuvent rentrer dans le surentraînement par l’un des deux cotés, si un individu amorce la pompe par un des deux cotés, il fait tourner le cercle vicieux sur l’autre coté en même temps. En d’autre terme, un sportif peut rentrer dans le surentraînement par une charge mentale trop importante, il amorce la fatigue, le stress,… et s’il tombe par une charge physique, il amorce une baisse des possibilités et du rendement musculaire. Mais quelque soit le coté par lequel il l’a amorcé, il fait tourner l’autre cercle en même temps, donc il est coincé dans le cercle vicieux du surentraînement. Les schémas de Matveiev et des cercles vicieux du surentraînement sont les voies d’entrée et d’auto-amorçage du surentraînement

Le surentraînement évolue donc en plusieurs étapes : à partir du schéma de Matveiev, un individu poussant à l’extrême le graphique du bas se dirige vers le surentraînement puis en dépassement (= fin du nouvel entraînement ) et enfin dans la totalité du syndrome de surentraînement Ce qu’il faut comprendre avec ces 3 termes, c’est que le surentraînement n’est pas quelque chose qui survient du jour au lendemain, il s’installe progressivement, bien souvent institutionnellement ( c’est un peu l’inverse de la fatigue ou forme aigüe ). Le surentraînement est un syndrome qui, progressivement, s’induit dans notre pratique (quand un individu suit le deuxième graphique, il est entré dans le surentraînement mais s’il arrête ( II – 5), il est probable que les conséquences seront très minimes. Mais, s’il continue (c'est-à-dire II-5,6), il est en dépassement puis avec plusieurs jours voir semaines du surentraînement : il entre véritablement dans le syndrome de surentraînement.

 

Partie III: Les Accidents physiques consécutifs au surentraînement.

         Les accidents physiques du sportif sont loin d'être rare, d'après les statistiques effectués chez des golfeurs (qui sont à peu près les mêmes dans les différents sports, la seule variance est le type de cassure), sur 244 personnes interrogées ( 219 hommes, 35 femmes), 34,5% des accidents sont au niveau des lombaires (bas du dos), 33% au niveau du coude, 20% au niveau du poignet, 11% au niveau de l'épaule, 9% au niveau du genou, etc. Ses chiffres sont tout à fait colossaux et la conclusion est intéressante : 62% des joueurs ont été blessés au moins une fois. Dans ces 62%, il y a vrai sensiblement x% de la moitié des accidents lié à une mauvaise pratique et le reste lié au surentraînement. Les personnes interrogées sont de tout niveau, ainsi le surentraînement apparaît sous différente forme et dans les cas des accidents, le plan d'entraînement n'a pas été respecté. Face à ce non-respect du schéma d'entraînement, les fédérations comme le ski et le canoë-kayak font ce type d'interrogatoire pour dépister le surentraînement: ce qui intéresse un entraîneur et les sportifs, c'est d'obtenir des résultats en atteignant le top niveau et sans se blesser. Le surentraînement est tout à fait l'inverse du bon niveau métabolique et cela entraîne les blessures. Il est donc facile de comprendre pourquoi les fédérations s'y intéressent. Comment les sportifs entrent-ils dans ces blessures ?

        L'entrée dans les blessures est de nouveau un cercle vicieux. Le sportif a une surcharge quelconque dans sa pratique, il possédera des lésions musculaires. Pour les réparer, l'organisme a un phénomène de cicatrisation qui est un phénomène inflammatoire, il fait mal mais si l'individu arrête la blessure se guérit. La douleur a été "inventée" par la nature pour signaler à l'organisme qu'il se passe quelque chose d'anormal,  qu'il faut en prendre en compte et intervenir pour le modifier. Si le sujet ne procède pas à un repos et qu'il poursuit l'activité, il majore la situation initiale et ainsi à plus de douleur: il est entré dans le cercle vicieux de la douleur. Si au départ, la surcharge est extérieure, elle va devenir intérieure lors d'une poursuite de l'effort qui va majorer sans cesse la blessure: ainsi le sujet rentre dans le cercle vicieux de la blessure chronique. Les blessures de ce type sont très nombreuses mais les plus fréquentes sont les périostites, les tendinites, les bursites: typiquement lié à la surcharge au niveau du coude), les myosites et tendinites sont toutes des surcharges donc sont toutes des formes physiques de surentraînement.

        Les liaisons d’artroses que les médecins observent chez le sportif un peu plus âgé, chez le gymnaste de 30-35 ans, sont toutes des surcharges. à titre anecdotique, le magazine "L'Ancêtre" a sorti, il y a une dizaine d'année, une étude sur les gymnastes. Ils avaient examiné, avec plusieurs milliers de sportifs, une comparaison de ces athlètes qui, au point zéro de leur carrière jusqu'au plus haut niveau de la compétition, sont arrivés sans lésion majeure. Par soustraction, les médecins ont défini combien il faut de gymnastes blessés pour obtenir un gymnaste de très haut niveau. Les résultats ont révélé à plus de 99 %, c'est-à-dire que sur 100 gymnastes, il faut en casser 99 pour arriver à un gymnaste de très haut niveau. Avec les golfeurs, les résultats ont dévoilé un niveau encore au-dessus mais sur cet exemple les sportifs de haut niveau ne sont pas différenciés des amateurs. Ces blessures sont en partie du à l'ergonomie et en partie à des manifestations du surentraînement. 

        Les fractures de fatigue sont également dues à la fatigue dans les cas du surentraînement, elles peuvent être complètes (très rare, l'os est complètement cassé) mais sont beaucoup plus souvent partielles et peuvent passer inaperçues. Les fractures de fatigue partielle ne cassent pas, elles entraînent une douleur et à 25 ans elles restent de façon minime. L'os est réparé mais ne retrouve pas sa rigidité d'en temps et casse à 40-50 ans sous forme dartrose: ces fractures partielles sont des fractures complètes réduites.

 

Partie IV: Démarche diagnostique

 A. Le suivi de l'entraînement et l'interrogatoire.

        Après avoir compris comment programmer un cycle d'entraînement et ainsi éviter de tomber dans le syndrome de surentraînement, il faut que l'entraîneur soit capable de mettre en évidence si un individu est surentraîné. Ce n'est pas tout de dire qu'il est surentraîné, il faut le soigner. L'entraîneur doit se dire que cet individu est peut-être surentraîné, il faut qu'il s'en aperçoive. Considérons le surentraînement comme un système de feu tricolore. Quand l'entraîneur suit le plan d'entraînement d'un sportif, il doit être capable de dire que tout se passe bien : le feu est vert, son plan d'entraînement est bon. Des petits signes doivent faire passer à l'orange et dire à l'entraîneur qu'il doit faire attention, peut-être que son sujet est surentraîné. Il doit éventuellement être capable de poser des questions à l’athlète en charge qui vont permettre de revenir au vert et poursuivre. A l’inverse, des signes peuvent faire passer à l’orange et éventuellement au rouge. Il faut donc arrêter et demander l'avis de quelqu'un d'autre (médecin, kinésithérapeute, etc.). Et enfin, l’éducateur doit être capable de dire que l'individu est surentraîné, il a donc entraîné son sujet à la zone rouge, il doit arrêter et demander un avis et un suivi médical. 

        Plusieurs études s'intéressent actuellement à la détection précoce de l'état de surentraînement. Ces méthodes consistent à faire passer des questionnaires fonctionnels et psychocomportementaux aux sportifs afin d'évaluer leur état physique et psychique. Ces questionnaires sont constitués de plusieurs items ciblés sur les signes les plus caractéristiques du surentraînement. En fonction des réponses, on peut diagnostiquer le sportif. Ce document peut servir de support aux entraîneurs et dirigeants sportifs en leur permettant de corriger individuellement les charges de travail des athlètes. Au-delà de 6 items cochés, le risque de surentraînement augmente. Chez les sportifs surentraînés, les items les plus choisis seraient: 1, 2, 4, 5, 27 et 42. Cette liste se situe en annexes et évoque quelques problèmes rencontrés par beaucoup de sportifs.

B. la recherche des signes associés.

        Le surentraînement possède des signes associés qui permettent de révéler les différents stades ( feu rouge, orange ou vert). Ces signes sont propres à chaque personne. Le site de la fédération française de canoë-kayak ont procédés à la rétrospectives des différents signes, ceux-ci doivent inciter à la prudence:

- le syndrome grippal:

        Bons nombres d'affections virales bénignes sont qualifiées de grippes parce qu'elles provoquent un peu de fièvre, des courbatures et un état de fatigue intense. Certaines d'entre elles s'accompagnent d'une atteinte du muscle cardiaque inapparente; elles ne peuvent être diagnostiquées par l'examen médical et on les accuse d'être responsables de séquelles myocardites lorsque le cœur n'est pas ménagé: des lésions fibreuses responsables de troubles du rythme cardiaque pouvant causer une mort subite (dysplasie arithmogène du ventricule droit). Laissons donc les grippés et autres infectés fatigués se reposer dix à quinze jours avant de reprendre une activité physique intense. Ce repos, trop court pour faire perdre les bénéfices de l'entraînement, permet également d'éviter un état de fatigue prolongé. Prenons un exemple concret, si dans une équipe de vingt individus, quinze ont la grippe: la question ne se pose pas. Mais par contre, s'il n'y a qu'un seul sujet malade, l'entraîneur doit se poser des questions, c'est un feu orange, le sujet à la charge est donc plus fatigué que les autres d’où une défense immunitaire en baisse causée par l'anabolisme. 

- les petits traumatismes:

        Les blessures musculaires, tendineuses ou ligamentaires guérissent pour la plupart en une quinzaine de jours, si la zone concernée est mise au repos, éventuellement immobilisée par un strapping, une attelle voire un plâtre. Lorsque cette phase de cicatrisation n'est pas respectée, le risque est l'évolution vers un état chronique et douloureux, source de contre-performances: tendinite, instabilité ligamentaire, douleurs rachidiennes, fragilité musculaire. Avec un peu de patience, un simple bobo ne se transformera pas en pathologie ostéo-articulaire invalidante. Exemple, un sportif se blessant avec une raison évidente n'aura pas de problèmes, en canoë-kayak une mauvaise chute sans gravité est "le risque du métier". Si, au contraire, aucune raison est apparente à ses petits traumatismes alors c'est un clignotant, un sportif ne se fait pas mal innocemment. Les sujets se sont faits mal parce qu'ils ont une mauvaise ergonomie, un mauvais encadrement ou se trouve en surentraînement.

- les symptômes survenant à l'effort ou après l'effort

        Malaise, syncope, palpitations, douleurs thoraciques ayant pour particularité de survenir pendant ou après l'effort doivent inquiéter et justifier le recours au médecin. Ces troubles peuvent être l'expression d'une maladie cardiaque et méritent un examen clinique, un électrocardiogramme de repos et selon l'avis médical des explorations plus spécialisées (échocardiographie, ECG d'effort, profil tensionnel d'effort, holter). Tous ces signes sont représentables par un feu rouge.

        Le risque d'un accident cardiaque à l'effort est majoré lorsqu'il existe des antécédents familiaux d'affections cardiaques ou métaboliques et chez le sportif de plus de 40 ans lorsqu'il est fumeur, atteint d'anomalies des métabolismes des lipides ou du glucose, ou lorsque son entraînement est intermittent et sa pratique déraisonnable.

- l'athlète fatigué

        Un état de fatigue peut-être la conséquence d'un surentraînement ou bien plus souvent d'un entraînement mal planifié, "malmenage": mauvaise répartition des séances, séances trop prolongées, trop intenses, mal structurées. Cette fatigue étant physique ou psychique est un feu rouge parce que, pour la fatigue physique, l'entraîneur peut s'en apercevoir facilement avec un individu qui ne répond plus aux entraînements successifs et semble "crevé", mais si la fatigue est psychique, le sportif est un peu dépressif et ne se sent pas bien. Bien sur le réconforter, l'encadrer sont bien pour lui mais en même temps c'est pour l'entraîneur un feu rouge du surentraînement: c'est la partie psychologique du cercle vicieux du surentraînement. Ces symptômes traduisent derrière ou un catabolisme très important ou un déséquilibre hormonal ou un désordre huminitaire.

        Il faut savoir tenir compte du travail professionnel ou des résultats scolaires et de la qualité du sommeil (les heures de sommeil doivent être assez suffisantes pour permettre une totale récupération). Un état de fatigue matinal disproportionné avec l'activité du sujet peut être révélateur d'un trouble anxieux voire dépressif.

        Le surentraînement et le malmenage s'accompagnent de troubles cardiaques évocateurs (tableau ci-dessous). Le sujet n'a pas faim, maigrit. Il devient irritable, a des difficultés d'endormissement. Les traumatismes et les infections sont plus fréquents et apparaissent comme un refuge ou une excuse à l'échec. Les performances diminuent et l'entraîneur est tenté d'accroître le travail pour maintenir les résultats: course aboutissant au découragement et à l'abandon du sport. Là encore, une mise au repos au bon moment puis la reprise d'une activité adaptée permettent de préserver l'avenir. En cas de malmenage, la fatigue est disproportionnée à la charge de travail et ce n'est pas le repos, mais l'adaptation des séances dans leur rythme et leur contenu qui permettra de retrouver la forme. Rappelons que, pour obtenir une surcompensation, origine de l'amélioration des performances, l'organisme doit passer inévitablement par une phase de récupération de quelques minutes à quelques jours (selon le type et l'intensité de l'effort) pendant laquelle la répétition de l'exercice a un effet nocif: compter 48 heures de récupération après un entraînement en endurance bien conduit ou une journée de compétition. Sur le plan bio-énergétique, ce droit à la paresse est une obligation ! Cette nécessaire récupération est bien évidemment en contradiction avec le nécessaire apprentissage des techniques et surtout avec les idées d'entraîneurs qui doivent occuper leurs équipes et pour qui les résultats seraient proportionnels avec la charge d'entraînement.

Tableau : les signes de surentraînement ou de « malmenage » sportif :

• État de fatigue prolongé.

• Baisse des performances et des résultats scolaires.

• Récupération plus longue ou imparfaite.

• Augmentation habituelle de la fréquence cardiaque au repos.

• Réapparition d'anciennes erreurs

• Diminution du rapport testostérone/cortisol.

• Fragilisation osseuse avec des risques de fractures de fatigue

• Douleurs musculaires.

• Modification de la pression artérielle (plusieurs mesures).

• Profil tensionnel d'effort anormal.

• Perte d'appétit (= asthénie, syndrome de dépression).

• Guérison plus longue des coupures et petites éraflures 

• Diminution des défenses immunitaires avec apparition d'infections de la sphère ORL, dentaires ou broncho-pulmonaires.

• Baisse des facteurs de croissance avec ralentissement de la croissance chez l'enfant

• Poids inférieur à celui de forme.

• Irritabilité (= syndrome de dépression).

• Troubles du sommeil.

• Nausées occasionnelles

• Perturbations gastro-intestinales ( diarrhée ou, plus rarement, constipation)

• Tendance à l'anémie

• Troubles cardio-vasculaires (hyper ou hypotension; tachy ou brachycardie).

• Baisse des hormones sexuelles avec troubles des règles (femme) et de la libido

        En reprenant le schéma du cercle vicieux du surentraînement, les différents signes du tableau peuvent être remis. En effet, les diminutions des réserves expliquent la perte de poids, les troubles métaboliques qui entraîne des troubles huminitaires, plus grande vulnérabilité aux infections, baisse des performances et des résultats scolaires,... mais aussi un impact psychologique avec l'asthénie, les troubles scolaires, le syndrome dépressif, la fatigue, l'irritabilité,...

        Sur le site de la fédération française de ski, on retrouve les mêmes altérations qui doivent donner des signaux d'alertes chez les sportifs mais surtout chez les entraîneurs qui doivent absolument réagir: altérations d'ordres psychologiques, diminution des motivations, modifications de l'humeur, logorrhée irritabilité ( élément complémentaire, un individu dépressif peut la manifester sous une forme dite asthénique, c'est-à-dire qu'il est fatigué, il a la « flemme »: c'est une dépression facile = clignotant. Elle se manifeste de façon hystériforme, c'est-à-dire que l'individu est tout le temps agité, ne tient pas en place, parle tout le temps, fait un commentaire sur tout. Les deux formes ont la même valeur; l'agité hystérique, l'asthénique fatigué: syndrome dépressif, il faut s'en méfier). Les petits accidents sont intégrés dans les troubles de la coordination qui correspondent bien à une phase physiologique, sous support biologique. La baisse des performances et les petits accidents, quand les sportifs sont surentraînés, aboutissent à un déficit des structures hormonales d'où une altération du bon fonctionnement du circuit. Une baisse de la coordination endurcit les petites blessures. Une augmentation de la fréquence cardiaque, des tensions artérielles et de l'anxiété sont d'autres signes de mise en garde. Le site ajoute des problèmes digestifs (= diarrhée, constipation excessive, etc.), des troubles de la minorée ( règle trop longue, trop courte ou inexistante ) qui sont aussi des signes de surentraînement.

Tous ces signes énumérés précédemment doivent être des signes que les entraîneurs doivent reconnaître. 

C. Les Investigations spécialisées.

        Dès que l'entraîneur a mis en évidence par l'interrogatoire un doute, sur un surentraînement possible et que le doute soit de type feu orange: il doit faire attention, surveiller, prendre avis de quelqu'un, soit de type feu rouge: arrêt immédiat de l'entraînement pour la "victime", le responsable prend avis de quelqu'un (souvent un médecin, car il peut mettre en évidence le surentraînement d'abord par l'interrogatoire, comme l'entraîneur avec tous les éléments précédemment cités, et par des examens complémentaires biologiques notamment sanguin, le sportif aura une augmentation de la vitesse de sédimentation, une anémie, des troubles de la formule blanche c'est-à-dire des globules blancs en trop ou pas assez, dans le grand nombre des cas une hypercagnénie, une hyponatrémine, des problèmes pathologiques urinaires, des enzymes métaboliques en augmentation, etc. Tous ces signes sont la patrie d'examen dont dispose un médecin pour dépister ou compléter le dépistage, la présence chez un individu du surentraînement. Il faut avoir en tête cette démarche d'une part lorsque l'entraîneur construit un plan d'entraînement, d'autre part lorsque ce plan est mis en action. Cette démarche consiste aux trois hypothèses possibles: feu vert, orange ou rouge, ce n'est pas basé uniquement sur l'interrogatoire et l'observation des sportifs.

        Pour mieux comprendre la fatigue du sportif et aider ainsi son médecin à faire plus facilement un diagnostic, eureka-sport.com donne les 50 symptômes de la fatigue qui ont servi à établir une échelle d'évaluation nommée " échelle d'évaluation clinique G.E.F. 10"

        Les médecins qui ont conçu cette échelle (L. Crock et P. Bugard) l'ont divisée en trois parties mais cette division n’apporte rien de plus. Pour simplifier l'exposé, il est préférable de rester sur 10 rubriques comportant chacune 5 symptômes. Ces examens médicaux ne correspondent pas à un suivi médical mais à une simple visite à la suite d’une sensation de fatigue qui pourrait être engendré par un surentraînement.

Rubrique 1 : Etat général
Faiblesse, Pâleur, Lassitude, Sueurs, Petites pertes de connaissance (lipothymies)

Rubrique 2 : Appétit et digestion
Baisse de l'appétit, Ballonnements, Nausées, Spasmes digestifs (crampes d'estomac ou d'intestin), Amaigrissement

Rubrique 3 : Sommeil
Endormissement difficile, Insomnies du matin, Réveils nocturnes, Fatigue au réveil, Cauchemars

Rubrique 4 : Activité sexuelle
Baisse du désir, Ejaculation précoce, Activité sexuelle diminuée, Impuissance ou frigidité, Erection difficile (les troubles sexuels semblent concerner surtout les hommes)

Rubrique 5 : Fatigue musculaire
Courbatures, Epuisement physique, Crampes, Fatigue à l'effort, Tremblements

Rubrique 6 : Fatigue intellectuelle
Baisse de la lucidité, Baisse de la mémoire, Lenteur du psychisme, Difficulté de concentration, Difficulté à rester attentif.

Rubrique 7 : Symptômes cérébraux et sensoriels
Maux de tête, Sifflements d'oreilles (acouphènes), Peur de la lumière (photophobie), Vertiges, Vision floue

Rubrique 8 : Anxiété, Angoisse
Inquiétude, Gorge serrée, Appréhension, Sensation de thorax serré dan s un étau (striction thoracique) Pessimisme

Rubrique 9 : Troubles du caractère
Emotion facile, Repli sur soi, Irritabilité, Intolérance aux contrariétés, Hypersensibilité à l'ambiance

Rubrique 10 : Volonté et Elan vital
Pas de volonté, Inhibition, Désintérêt, Baisse de l'élan vital, Baisse de l'initiative

Score de fatigue à la date de = Note totale sur 100

Les mots entre ( ) sont des explications des mots précédents. Cette liste n’est qu’un échantillon des symptômes que chacun peut compléter. Dans chaque rubrique, l’athlète peut se donner une note de 0, 1 ou 2 par symptôme, (zéro s’il ne l'a pas, 1 s’il  l'a un peu, 2 si c'est souvent) ce qui donne entre 0 et 10 par rubrique qu’il inscrit dans chaque petite case carrée. En faisant la somme des 10 rubriques, il obtiendra une note sur 100. Ce sera sa note de fatigue. Cette fatigue ne doit  pas être trop élevée. Ce test doit se faire toujours à la même heure.

        Il faut aussi faire attention aux signes qui pourraient paraître accessoires comme les résultats scolaires, les troubles d'humeur, etc. L'entraîneur doit, à tout moment, les replacer dans le schéma des hypothèses et être capable de calquer son interrogatoire avec ce schéma pour ensuite les comparer avec les graphiques de Matveiev: ainsi il pourra mettre en évidence le surentraînement. Un entraîneur ne posera pas les diagnostics du surentraînement de façon biologique ou médicale, ce n'est pas son domaine. Son métier est de dire qu'il a un doute, il demande alors l'avis d’une personne qualifiée. L'avis peut être tellement sévère que le sujet peut s'arrêter complètement et l'entraîneur demande un avis ou au contraire, il n'a pas de doute. Mais, la certitude du non doute vient toujours après les autres (le doute). Ainsi, il s’invite à toujours avoir un doute qui pourra être mieux réfuté. Il suffit de suivre les athlètes par un interrogatoire. Ne jamais se mettre dans une position où les sportifs ont un bon rendement, il faut sans cesse se poser la question afin de savoir si le plan d'entraînement marche bien, dès lors il sera plus difficile de passer en surentraînement. Dans la plupart des cas, le surentraînement complet est rare sauf si l'équipe est vraiment poussée à bout. Les médecins et entraîneurs rencontrent plus souvent le surentraînement sous une forme un peu larvé qui est les accidents du sportif.

 

Partie V: préventions et traitements

        De nombreux entraîneurs sont capables de voir quand leurs athlètes ont dépassé leur niveau de tolérance et que leurs performances commencent à diminuer, mais il est souvent trop tard et il leur faut des jours, voir des semaines de repos. Bien qu’il existe des techniques pour déterminer si un athlète a dépassé ses limites, la mesure du changement dans le rythme cardiaque (RC) au repos est la technique la plus simple à utiliser (elles comprennent les mesures des niveaux d'enzymes dans le sang, de la consommation maximale d'oxygène et des irrégularités des graphiques de l’électrocardiogramme (ECG)).

       Il faut comparer le RC au repos pour pouvoir mesurer les variations du RC. Pour le mesurer avec précision au repos, l'athlète doit prendre son pouls le matin au lit, dès son réveil pendant 15 secondes, multiplier ce résultat par 4 pour avoir le nombre de pulsations par minute. On peut établir le point de comparaison en prenant une lecture quotidienne pendant une ou deux semaines. Si le RC au repos de l'athlète commence à monter chez une personne bien entraînée, c'est peut-être le signe annonciateur du surentraînement. La diminution du nombre d'heures et de la qualité du sommeil est aussi une autre façon facile de mesurer le surentraînement. Un journal d'entraînement où sont notées les heures de sommeil, le RC, le poids, le désir de participer à une compétition, l'appétit et les douleurs musculaires peut être un outil précieux pour déceler tôt le syndrome de surentraînement.

        Le traitement le plus évident du surentraînement est l'arrêt de l'entraînement. Cependant, les entraîneurs craignent parfois que l'athlète souffre d'un arrêt prolongé et proposent parfois un entraînement plus léger de quelques jours par semaine. Des études ont montré que les athlètes surentraînés récupèrent plus rapidement en 3 à 5 jours de repos complet. Selon la cause du syndrome, une consultation psychologique pourrait aider l'athlète à surmonter les problèmes émotifs qui contribuent à son état. En outre, un changement de régime alimentaire peut accélérer la récupération. Par exemple, la prise d'une plus grande quantité de glucides avec protéine et gras essentiel peut aider à favoriser un repos optimal (sans abus). Les changements importants dans le régime alimentaire ne devraient être discutés qu'avec un spécialiste en nutrition.

        Comme pour tous les problèmes de santé, il est préférable de prévenir le syndrome de surentraînement que de le traiter. Voici quelques conseils pratiques qui aideront à conseiller les entraîneurs et athlètes afin qu'ils demeurent en pleine forme.

- Pour minimiser le risque de souffrir des symptômes du syndrome de surentraînement, les athlètes devraient respecter un protocole d'entraînement cyclique qui comprend des périodes d'entraînement intensif suivies de périodes d'entraînement facile ou modéré.
- Se réserver au moins une journée de repos par semaine.
- S’informer des activités de ses athlètes en dehors des entraînements afin d'avoir un portrait réaliste du stress auquel leur corps et leur esprit sont soumis.
- Connaître le nom d'au moins un psychologue sportif et d'un conseiller en nutrition de confiance qui pourrait être recommander aux athlètes, le cas échéant.
- Vérifier régulièrement le journal d'entraînement de ses athlètes. Le diagnostic rapide du surentraînement peut diminuer le temps de récupération de l'athlète et les réintégrer plus rapidement à un plein régime d'entraînement.

Maintenant que les différents aspects des signes du surentraînement ont été définis, il faut avoir une bonne conduite à suivre. Cette conduite est simple selon la couleur du feu tricolore : ainsi au feu orange ou rouge : arrêt complet de l’entraînement et demande de l’avis d’un professionnel (règle de base à partir de l’avis qui doit être pris tout de suite, il peut déboucher sur plusieurs conduites).

-Si l’individu est surentraîné ou cassé, cela entraîne un arrêt de toute activité parce qu’une fracture de fatigue s’installe, une telle dépression hormonale[6] est complètement épuisée, conséquence de, cet individu sort du circuit sportif, il ne s’entraîne plus ou à un niveau moindre.

-le sportif n’est pas surentraîné, il peut continuer au même niveau. Sur le plan pratique, si un groupe a l’occasion de travailler avec un médecin, les individus surentraînés sont sortis du circuit sans les exclure, il faut les mettre, selon la possibilité, à un programme d’entretien minime (20 à 25% de ce qu’ils font d’habitude), il ne faut pas rompre complètement la pratique. Les sujets passent d’une pratique d’entraînement à une simple pratique d’entretien quasiment ludique. Sur l’exemple du demi-fondeur en surentraînement, l’entraîneur doit lui proposer de passer à un footing léger tous les deux jours. L’objectif est purement d’entretenir sa condition physique pour ne pas avoir une régression, une installation d’une charge pondérale et de dépression aigüe par l’exclusion et pour le remettre à l’entraînement après ce stade de récupération forcée. Il est évident qu’une liaison de type entorse ou fracture nécessite une immobilisation ainsi la pratique disparaît.

            Le maintien d’un entraînement minimum qui est ludique et d’entretien, sera associé vraisemblablement à un traitement, selon la possibilité (aspect de rééquilibre métabolique : vitamines, oligo-éléments mais tout dépend des observation du médecin, psychologique : soutien psychique avec une forme médicamenteuse ( un médicament pour dormir le soir, un antidépresseur,… ), avec une forme de dialogue, dans les centres d’entraînement des clubs professionnels, des psychologues sont capables de prendre en charge des individus pour les faire parler de leur surentraînement : Pourquoi sont-ils arrivés à ce stade ? Comment sont-ils arrivés ? Comment le prendre en main ? Comment le faire évoluer ?

            La forme médicamenteuse ne soigne pas, elle peut aider au début pour se calmer, dormir mais ne résout rien dans le temps. Pour le reste, c’est un traitement purement symptomatique ne traitent pas la cause, il est indispensable de prendre en charge l’état psychologique est mis en place par les clubs professionnels avec des psychologues associés mais dans une petite structure, ce sont les entraîneurs qui doivent remplacer les psychologues. Autre cas de figure, la réponse du médecin et de l’individu est surentraîné, il ne faut pas l’arrêter, le responsable prend ses entraînements en main’ c’est à dire qu’il prend le niveau d’entraînement actuel de l’individu et le diminue pour atteindre 20 à 25% du niveau normal puis il le laisse à ce niveau (remarque ; si le sportif est surentraîné, le travail demandé était trop fort, il faut revoir les choses). Il faut descendre en intensité mais en allongeant le temps de repos de 20 à 35%. Le plan d’entraînement set ainsi adapté. Ensuite, le sportif est ramené progressivement au reste du groupe, il est probable que l’individu a besoin d’un appui d’un médecin donc d’un soutien médicamenteux et psychologique. L’entraîneur ne doit pas tomber dans le piège de prêter attention uniquement avec des médicaments (vitamines…). Il faut surtout vérifier l’impact psychologique, le recalcule d’un programme d’entraînement avec trois voies (la poursuite de l’entraînement, la réduction, l’encadrement et le soutien : Passage à l’entraînement zéro, dit entretien ludique, pour le maintenir dans le circuit avec un long soutien médical).

            Il faut faire attention, certains sportifs amateurs peuvent se dire que le surentraînement se voit uniquement dans le haut niveau mais le surentraînement est très polymorphe. Les médecins ne rencontrent pratiquement pas le syndrome de surentraînement avec l’individu complètement épuisé, dépressif, ils voient beaucoup plus souvent des individus en baisse de performances, faisant de mauvais résultats scolaires, se blessant, ayant une lassitude du sport. Les médecins rencontrent beaucoup plus souvent des mosaïques où ils constatent qu’une petite partie du syndrome de surentraînement qui est présente (chez les adolescents et les enfants ayant une ou deux bouche(s) du syndrome sont surentraînés, ce sont pas parce qu’ils ont deux ou trois signes du surentraînement qu’ils ne sont pas surentraînés). Le maintien de l’effort entraîne soit vers une cassure, soit vers une absence de résultats donc dans tous les cas le sportif est perdant et est en danger.

 

 

CONCLUSION

Le surentrainement peut-il etre nocif pour le sportif ?

            Le surentraînement n’est pas une maladie mais bien un symptôme car il n’existe aucun remède médical permettant le rétablissement de l’individu concerné. Le sportif est le seul mettre de sa guérison. Cependant, certains facteurs peuvent l’aider dans cette démarche de guérison suivant le type de surentraînement. En effet, le surentraînement est polymorphe et peut affecter n’importe quel sportif, qu’il soit professionnel ou amateur. Le surentraînement peut être superficiel mais s’il est prolongé dans le temps et dans l’intensité des activités, il peut devenir mortel à l’extrême. Sa détection doit être effectuer le plus rapidement possible afin d’éviter une amplification des accidents physiques et moraux consécutifs à celui-ci. Il faut savoir qu’un surentraînement négligé peut provoquer un arrêt définitif d’une quelconque pratique sportive et ainsi gâcher une carrière. Quelque soit la gravité, le surentraînement reste toujours nocif pour le sportif. La seule prévention est le suivi des sujets à la charge pour un entraîneur. Pour être au haut niveau de ces performances et de ces capacités, ne faut-il pas être à la limite du surentraînement ? En attendant la leçon à retenir c’est récupérer.  « Le sport machine à victime !» 

 

ANNEXES

A. glossaire.

amorphe: qualifie une personne sans énergie

anabolisme: processus de synthèse par lequel un être vivant transforme des matériaux nutritifs en tissu vivant. Les anabolismes sont des substances (ordinairement dérivées des hormones mâles) qui favorisent ce processus.

asthénie:  forme de dépression.

bursite voir dans son contexte de phrase. Cela peut être l'inflammation des bourses ou d'autres enveloppes.

catabolisme: processus de dégradation de la matière organique et des matériaux assimilés par les tissus. Ce processus libère de l'énergie et produits des déchets (gaz carbonique, eau, urée, etc.).

dysplasie arythmogène : maladie cardiaque qui affecte le ventricule droit. C'est une maladie congénitale du ventricule droit qui est énorme et très fin comme une feuille et qui se contracte mal. Cette maladie provoque des troubles du rythme cardiaque.

endorphine: terme générique donné à une nouvelle classe de substances, découvertes dans le cerveau en 1975, et dotées de propriétés analgésiques (substance qui diminue ou supprime la sensation de douleur) et euphorisantes. Les endorphines sont des hormones produites par le lobe antérieur de l'hypophyse au moment du sport de longue durée, du stress physique et émotionnel. Elles arrêtent la douleur et provoquent l'euphorie, retentissent sur l'alimentation et les glandes génitales féminines.

ergonomie : organisation méthodique du travail et aménagement de l'équipement en fonction des possibilités de l'homme.

hypermagnésémie augmentation du taux de magnésium du plasma sanguin au-dessus des valeurs normales.

hyponatrémie : diminution du sodium du plasma sanguin au-dessous des valeurs normales.

logorrhée : paroles désordonnées et rapides de quelqu'un d'excité.

myocardite : inflammation du muscle cardiaque.

myosite : inflammation des muscles.

phénomène de plastie musculaire devrait correspondre à la masse et à la forme du muscle, de construction de muscle.

potentialité: qui peut ou qui doit devenir autre chose. Par exemple, en chaque sportif il y a la potentialité de devenir champion.

progestérone: Hormone stéroïde à 21 atomes de carbone ( C 21 H 30 O 2 ), dérivée du cholestérol et de la delta S pregnanolone. Chez la femme, elle est sécrétée par le corps jaune durant la phase post ovulatoire du cycle menstruel et au cours de la grossesse jusqu'à la 12e semaine, puis par le placenta jusqu'au lendemain de la délivrance. Elle est essentiellement à l'origine de la phase sécrétoire du cycle et des modifications de la muqueuse utérine destinées à préparer la nidation de l'œuf fécondé.

surcharge : c'est souvent utilisé pour un travail supplémentaire exigé des muscles, donc aussi du cur. On dépasse la limite possible et on entre dans la zone dangereuse. Les surcharges sont souvent utilisées dans certains gestes de musculation avec haltères. Voir le mot dans son contexte. Quand le cur travaille au max. et qu'on essaie d'aller encore plus vite, on le surcharge.

surentraînement aigu : C'est un surentraînement qui se manifeste brutalement en quelques jours et pas insidieusement en plusieurs mois.

syncope: perte de connaissance avec arrêt momentané des fonctions respiratoires et éventuellement cardiaques.

B. Documents annexes aux parties

 Partie IV : Démarche et diagnostique, A. Suivi de l’entraînement et l’interrogatoire

    LISEZ ATTENTIVEMENT CETTE LISTE ET COCHEZ LA RÉPONSE "OUI" OU "NON" SELON VOTRE ÉTAT ACTUEL. VEUILLEZ RÉPONDRE A TOUTES LES QUESTIONS MÊME SI ELLES NE VOUS SEMBLENT PAS TRÈS ADAPTÉES A VOTRE CAS. SI VOUS HÉSITEZ, ENTOUREZ CE QUI CORRESPOND LE MIEUX A VOTRE ÉTAT D'AUJOURD'HUI.

1)

Ce dernier mois mon niveau de performance sportive, mon état de forme a diminué

oui

Non

2)

Je ne soutiens pas autant mon attention

oui

non

3)

Mes proches trouvent que mon comportement a changé

oui