INTRODUCTION
Le principe
de l'entraînement moderne repose sur le phénomène
de surcompensation. Il s'agit de planifier la réitération
des charges, en jouant sur l'équilibre travail / récupération
afin d'obtenir une adaptation optimale de l'organisme. Mais de
quels outils dispose l'entraîneur pour ne pas dépasser
la capacité d'adaptation d'un individu ?
On peut dire que le phénomène de surcompensation
indispensable à l'amélioration des performances
est proposé de manière empirique car il ne repose
que sur lil expert, l'expérience, et la connaissance
des athlètes par l'entraîneur. On sait que la norme
dans le sport de haut niveau, c'est l'extrême : le sport
de compétition nécessite l'astreinte à un
entraînement long, difficile, quelquefois pénible
et exténuant tant physiquement que mentalement. Dans ces
conditions, le risque reste donc non négligeable de planifier
une charge de travail trop importante, doublée d'une récupération
insuffisante.
On retrouve souvent dans les manuels d'entraînement l'adage
suivant : la récupération c'est l'entraînement
invisible, celui qui commence quand l'autre finit . Or,
le surentraînement naît justement d'un déséquilibre
entre exercice et récupération car l'organisme n'arrive
plus à surmonter l'inévitable fatigue occasionnée
par l'effort. On notera qu'avec la professionnalisation galopante
du sport contemporain (le rugby en est le dernier exemple) il
n'est plus rare de voir certains athlètes passer subitement
de quatre entraînements par semaine à un entraînement
biquotidien avec des charges de travail croissantes, et
si l'on délaisse les aspects récupération
et régénération au profit d'une plus grande
concentration sur la charge d'entraînement, on court le
risque d'épuiser les réserves d'énergie et
de diminuer rapidement la capacité de performance ..
(J. Weineck. Manuel d'entraînement, VIGOT, 1997).
Lorsqu'un athlète de haut niveau tombe dans un état
de surentraînement avancé, la seule issue possible
reste le repos prolongé avec entretien physique sommaire
et soutien psychologique, sous la surveillance respective de l'entraîneur
et d'un psychothérapeute. On comprend ainsi que la prévention
du surmenage constitue dans le contexte actuel un enjeu de plus
en plus important.
Nous nous sommes donc fixé comme objectif d'élaborer
un protocole de dépistage du surentraînement conçu
comme un outil simple, pratique, fiable, accessible et complet
pour l'homme de terrain, à visée prophylactique
(prévenir vaut mieux que guérir). Précisons
enfin que ce thème apparaît d'autant plus intéressant
qu'il relie une multitude de domaines aussi passionnants les uns
que les autres : quantification et programmation de l'entraînement,
aspect psychologique de la performance, biologie et physiologie
de l'exercice.
Résumé
Ce travail
a pour objet de proposer un protocole pouvant aider l'homme de
terrain à détecter le syndrome du surentraînement.
Notre technique, pour déterminer si un athlète a
dépassé ses limites, consiste à rassembler
divers paramètres (quantification de l'entraînement,
suivi du score de surentraînement évalué par
un questionnaire auto-évaluatif, suivi de l'indice Ruffier-Dickson,
mesure de changements dans le rythme cardiaque de repos et évolution
du poids, suivi d'un test en musculation, à compléter
éventuellement par la mesure des niveaux du sang, et l'étude
des irrégularités dans les graphes (E.C.G.) et à
les mettre en relation pour déceler un cumul de défaillances
ou de signes d'alerte. L'entraîneur dispose ainsi d'un véritable
poste de pilotage où la position des sujets sur le continuum
des états de fatigue se matérialise progressivement.
Le protocole a permis d'attirer l'attention sur le fait qu'un
des sujets du groupe test était plus en difficulté
que les autres. Cependant, le suivi des différents paramètres
n'a pas permis de mettre en évidence l'installation du
syndrome.
Abstract
The aim of
this study is to devise a system that could be used by the coach
in order to detect the overtraining syndrom. Our method of assessing
whether an athlete has bypassed the point at which recovery cannot
take place within the expected time, involved the monitoring of
several parameters (training stress, a questionnaire incorporating
a subjective scoring system, the Ruffier-Dickson index, changes
in resting morning heart rate and body mass, a squat test, that
may be completed by blood parameters and E.C.G. irregularities).
These parameters will be connected to each other in order to point
an accumulation of deficiences or warning signs. The coach thus
has a monitoring system allowing for possible determination of
where the athlete lies on the training-overtraining continuum
at his disposal. Use of the above method drawed one's attention
to the problems of one of the subjects. It was not possible, however,
to determine the installation of the overtraining syndrome from
the results obtained.
Jean-Marc
Bertrand
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de la rubrique : Jean Marc BERTRAND - E-mail : jm.bertrand@eureka-sport.com