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Introduction :
Le dopage est une réalité grandissante dans le milieu sportif.
Les statistiques des fédérations , la publication des résultats
positifs , les déclarations spontanées des athlètes et les
minutes des affaires judiciaires , en apportent une meilleure
connaissance. Sa principale caractéristique est l'universalité
: toutes les nations sont touchées , avec des préférences
continentales quant aux produits utilisés ; tous les sports
sont concernés , même les plus inattendus ; on le retrouve
à tous les niveaux de compétition , même les plus modestes
; toutes les enquêtes confirment la précocité d'utilisation
, dès l'enfance. Les produits sont nombreux et s'adressent
à toutes les fonctions de l'organisme : cérébrales , métaboliques
, cardio-vasculaires , respiratoires , hématologiques . La
détection est difficile et aléatoire dans un contexte réglementaire
encore peu favorable ( dépistage urinaire quasi exclusif )
Les différents modes d'action des substances dopantes concernent
à plus d'un titre le système cardio vasculaire ; il devient
nécessaire de s'intéresser à leurs complications dans un double
but de dépistage et de prévention , d'autant que les cas documentés
sont maintenant assez nombreux . Les données expérimentales
et les informations cliniques permettent de retenir 5 mécanismes
principaux :
vasoconstriction
rétention hydrosaline
hyperviscosité sanguine
stimulation sympathique
troubles lipidiques .
VASOCONSTRICTION
Le mécanisme mis en cause est une augmentation rapide des
résistances artérielles périphériques Les produits responsables
sont essentiellement les amphétamines .
Amphétamines
:
Ce sont des psycho stimulants actifs sur la vigilance , la
fatigue , la douleur , le désir de vaincre ; leur utilisation
remonte à 1940 , avec une recrudescence après la deuxième
guerre mondiale qui avait permis d'apprécier leur efficacité
; leur interdiction date de 1968 . Leur effet stimulant sur
le système nerveux autonome entraîne une augmentation des
résistances artérielles périphériques. On relève un autre
mécanisme d'action par effet vasoconstricteur direct de la
paroi artérielle ; c'est le cas avec l'érythropoïétine ( EPO
) :
EPO
:
C'est une hormone glycoprotéique d'origine rénale stimulant
la production de globules rouges en cas de déperdition ou
d'hypoxie ; les effets associent une augmentation de la consommation
en oxygène ( VO2 Max. ) , un recul du seuil ventilatoire (
anaérobie ) , une diminution de la production des lactates
, une meilleure utilisation des graisses de réserve et une
épargne glycogénique , c'est- à- dire pratiquement ceux d'un
entraînement idéal ; elle est connue depuis 1988 et interdite
depuis 1990 . Elle a provoqué de nombreuses polémiques car
sa détection directe est pour l'instant difficile , y compris
dans le sang , et ses effets indirects sur l'hématocrite controversés
; toutefois , de nombreux cyclistes reconnaissent utiliser
une centaine de doses par an .
On reconnaît à l'EPO un effet de majoration du tonus vasculaire
, par augmentation significative du calcium libre ; il s'agit
donc d'un effet vasoconstricteur direct sur la cellule musculaire
lisse et les plaquettes par altération du métabolisme calcique
; on a constaté expérimentalement que l'effet hypertensif
de l'EPO pouvait être annulé par la prise contemporaine d'indométhacine.
D'autres produits dopants ont un effet vasoconstricteur
:
la caféine
: triméthylxanthine naturelle , antagoniste des récepteurs
adrénergiques , elle augmente la contractilité de la cellule
musculaire lisse en facilitant la perméabilité au calcium
du réticulum sarcoplasmique ;
les
corticoïdes : le cortisol potentialise l'effet vasculaire
des catécholamines ; les perfluorocarbones ( PFC ) :augmentation
pour l'instant inexpliquée des résistances artérielles périphériques
;
la
cocaïne : le risque artériel est majeur par augmentation
des résistances artérielles périphériques ; une prise nasale
de 2 mg/Kg d'hydrochloride de cocaïne à 10% augmente de 35%
les résistances des artères coronaires ( 18 ) .
Les
effets de la vasoconstriction :
hypertension artérielle aiguë ( pic hypertensif ), chronique
œdème pulmonaire aigu, insuffisance cardiaque chronique
tachycardies : tachycardie sinusale, possibilité de troubles
du rythme .
L'apparition d'une hypertension artérielle inexpliquée chez
un sportif jusque là sans antécédent constitue un élément
important de dépistage du dopage.
PETIT GLOSSAIRE DU LANGUAGE MEDICAL
Système
nerveux autonome :
Encore appelé système nerveux végétatif. Ce système nerveux
n'est pas sous le contrôle de la volonté, il agit tout seul
et règle le fonctionnement des organes internes. Il est composé
du système sympathique et du système parasympathique. Il y
a des centres dans la moelle épinière et des ganglions nerveux.
Ces deux systèmes se contrôlent et se surveillent. Par exemple,
la fréquence cardiaque ne dépend pas de notre volonté. Les
nerfs parasympathiques diminuent la fréquence cardiaque, les
nerfs sympathiques l'augmentent. Le système nerveux autonome
surveille des tas d'organes sans même que l'on ne s'en rende
compte, le diamètre de la pupille de l'œil, les glandes salivaires,
le cœur, les glandes sudorales, la sécrétion des bronches,
le diamètre des artères, le fonctionnement du tube digestif
et de ses glandes, les organes sexuels, la vessie, l'utérus,
etc.
effet
vasoconstricteur :
Un effet vasoconstricteur est un effet capable de diminuer
le diamètre des artères, donc de gêner la circulation du sang
et par là même d'imposer au cœur un travail supplémentaire
qui se concrétise par l'augmentation de la tension artérielle
(hypertension).
hormone
glycoprotéique :
Les protéines simples ne sont formées que d'acides aminés
liés entre eux. Certaines protéines contiennent autre chose
que des acides aminés, cette autre chose étant appelée groupement
prosthétique. Une protéine contenant un groupement prosthétique
de nature glucidique, est une glycoprotéine. Protéine avec
lipide = lipoprotéine.
épargne
glycogénique :
Le glycogène correspond à du glucose mis en réserve dans le
muscle pour servir à a contraction musculaire. Il y a aussi
une réserve glycogénique dans le foie. L'épargne glycogénique
décrite dans le texte signifie que si les muscles consomment
mieux leurs graisses, ils économiseront leur glucose du stock
glycogénique.
récepteurs
adrénergiques :
L'adrénaline et la noradrénaline (catécholamines) sont des
médiateurs chimiques (N.A. sécrétée par le système nerveux
sympathique et adrénaline par la glande surrénale). Pour agir
sur le fonctionnement des organes, il faut bien qu'ils soient
captés par les cellules, c'est pour cela que les cellules
possèdent des récepteurs à leur surface. Il existe des récepteurs
nommés " alpha " et des récepteurs nommés " bêta " Certains
médicaments vont empêcher l'action de l'adrénaline et de la
noradrénaline en bloquant ces récepteurs (alpha bloquants
et bêta bloquants)
réticulum
sarcoplasmique :
Le réticulum sarcoplasmique est une partie des cellules musculaires
formé de compartiments fermés disposés parallèlement aux myofibrilles,
qui sont des tubules longitudinaux qui servent de réservoir
au calcium. Quand l'influx nerveux arrive sur ces tubules,
le calcium peut sortir vers les fibres et permettre la contraction.
Puis le calcium retourne dans les tubules et le relâchement
musculaire devient possible.
corticoïdes
:
La glande surrénale est composée de deux parties : son centre
ou médullosurrénale, et sa périphérie ou corticosurrénale.
La glande corticosurrénale secrète des produits nommés corticoïdes.
Ce sont des hormones. Les corticoïdes sont divisés en gluco-corticoïdes
comme le cortisol, les minéralo-corticoïdes comme l'aldostérone
et des substances à propriétés intermédiaires comme la corticostérone.
catécholamines
:
L'adrénaline et la noradrénaline, formées et sécrétées par
le cerveau, le système nerveux et la médullosurrénale, sont
des dérivées du catéchol, c'est pourquoi on les nomme catécholamines.
chronique
:
Une maladie chronique s'installe lentement et dans la durée.
aigu
:
Un trouble aigu s'installe rapidement et apparaît de façon
soudaine, en quelque sorte sans signes précurseurs.
œdème
pulmonaire :
Un œdème pulmonaire correspond au passage d'eau (provenant
du sang) dans les alvéoles pulmonaires qui s'encombrent ce
qui entraîne la diminution de l'entrée d'oxygène dans le sang.
Le malade s'étouffe, on entend un ronflement dans ses poumons
(râles) et l'eau provoque la toux et remonte des poumons à
la bouche par les voies respiratoires (trachée) Il a de l'écume
à la bouche.
tachycardie
:
Accélération du pouls, de la fréquence cardiaque.
tachycardie
sinusale :
Accélération de la fréquence cardiaque qui reste cependant
régulière, sans extrasystoles. Le rythme est élevé mais régulier.
L'excitation du cœur n'est pas anarchique, c'est toujours
le même centre nerveux (nœud sinusal) qui commande les contractions.
Il n'y a pas arythmie.
RETENTION
HYDROSALINE
"
Note préliminaire : Certains produits dopants provoquent dans
le corps une accumulation de sel et d'eau. Retenir 7 g de
sel correspond à retenir 1 litre d'eau. "
C'est
un mécanisme fréquent avec l'utilisation des corticoïdes et
des anabolisants.
Les corticoïdes :
Ce sont des hormones du cortex surrénal .
Elles ont des effets anti-inflammatoires , anti-oedémateux
, antalgiques , mais aussi psychostimulants , légèrement euphorisants
.
Leur détection urinaire est impossible .
On sait que le cortisol des corticoïdes majore l'effet vasoconstricteur
des catécholamines ; au niveau rénal , cette vasoconstriction
entraîne un dysfonctionnement secondairement responsable d'une
rétention hydrosaline , qui fait partie du vaste syndrome
d'hypercorticisme.
Les anabolisants :
Les androgènes et stéroïdes anabolisants sont des produits
hormonaux qui augmentent la synthèse des protéines en diminuant
les effets cataboliques des glucocorticoïdes . Associés à
l'entraînement , ils augmentent la masse musculaire en facilitant
l'assimilation des protéines alimentaires .
Les substances
les plus utilisées ont été la nandrolone entre 1980 et 1985
, puis les associations à partir de 1985 ; la nandrolone réapparaît
au premier plan depuis 1998 . Les enfants et les adolescents
sont souvent concernés.
Ces produits
sont interdits depuis 1975 .
Les anabolisants
entraînent une réduction de l'élimination urinaire d'azote
, de sodium ,de potassium , de chlore et d'eau.
Les effets de la rétention hydrosaline : "Note
: si de l'eau reste en excès dans le sang, le volume de sang
augmente et la tension devient plus forte dans les artères.
Le cœur se fatigue pour faire circuler plus de sang."
hypertension
artérielle
insuffisance cardiaque .
Pour les corticoïdes , la rétention hydrosaline et l'hypertension
artérielle font partie du syndrome d'hypercorticisme qui associe
en outre hyperglycémie , hypokaliémie et acidose .
L'hypertension artérielle des anabolisants a parfois été controversée
; on s'accorde toutefois sur le fait que la courbe tensionnelle
diurne est monotone , aplatie et qu'il n'y a pas de relâchement
tensionnel nocturne
L'insuffisance
cardiaque des anabolisants est certainement favorisée par
une fibrose myocardique induite.
Petit glossaire du langage médical
Corticoïdes : La glande surrénale est composée de deux
parties : son centre ou médullosurrénale, et sa périphérie
ou corticosurrénale (cortex surrénal). La glande corticosurrénale
secrète des produits nommés corticoïdes. Ce sont des hormones.
Les corticoïdes sont divisés en gluco-corticoïdes comme le
cortisol, les minéralo-corticoïdes comme l'aldostérone et
des substances à propriétés intermédiaires comme la corticostérone.
Antalgique
: Qui combat la douleur. On les nomme aussi analgésiques.
Comme la douleur prend naissance à l'endroit douloureux, cheville
par exemple lors d'une entorse, et que cette douleur est interprétée
par le cerveau, il y a des analgésiques qui exercent leur
action sur l'endroit douloureux, et d'autres qui agissent
sur le cerveau. Action sur l'endroit lésé : analgésiques non
narcotiques (aspirine, paracétamol, certains anti inflammatoires…)
Action sur le cerveau : analgésiques narcotiques de type morphine
(codéine, morphine et ses dérivés…) On n'utilise les narcotiques
que quand les non narcotiques se sont avérés insuffisants,
car ils provoquent des effets indésirables de tolérance (accoutumance)
et surtout de dépendance physique et psychique (on ne peut
plus s'en passer)
Cortisol : C'est l'hydrocortisone. Hormone produite
par le cortex de la glande surrénale. Sa transformation chimique
donne la cortisone. (voir corticoïdes)
Catécholamines : L'adrénaline et la noradrénaline,
formées et sécrétées par le cerveau, le système nerveux et
la médullosurrénale, sont des dérivées du catéchol, c'est
pourquoi on les nomme catécholamines.
Rétention hydrosaline : Le corps humain élimine mal
le sel (chlorure de sodium ou sel de cuisine) et retient de
l'eau. Les tissus enflent et le poids augmente, 1 litre d'eau
retenue provoque l'augmentation de poids du corps de 1 kg.
(hydro = eau, saline = sel)
Hypercorticisme : Dans l'hypercorticisme, le cortex
de la glande surrénale fonctionne trop et produit des quantités
anormalement élevées d'hormones. Cette forte activité peut
avoir deux causes : soit la glande est normale mais stimulée
par d'autres hormones qui lui donnent l'ordre de s'activer
(hormones venant de l'hypophyse) soit la corticosurrénale
produit trop d'hormones car elle est malade (tumeurs de la
glande).
Glucocorticoïdes : Cortisol et cortisone. Hormones
produites par la zone dite fasciculée de la glande surrénale.
Ces hormones augmentent la concentration de glucose sanguin
en transformant les acides aminés (protéines) en glucose.
C'est leur effet catabolisant. Ils inhibent donc la synthèse
protéique. Les sportifs cherchent l'effet inverse, faire du
muscle et non le détruire. En augmentant l'effet de l'adrénaline
et de la noradrénaline, les glucocorticoïdes augmentent la
force de contraction cardiaque. Ils stimulent la production
de suc gastrique et ralentissent l'excrétion de l'eau par
le rein. A forte dose ils ont un effet anti inflammatoire
et anti allergique. Les glucocorticoïdes sont sécrétés en
plus grande concentration en réaction au stress.
Hyperglycémie : Augmentation de la concentration
du glucose dans le sang. La valeur normale est de 0,8 à 1
g/l à jeun soient 4,4 à 5,5 mmol/l. Attention, selon la méthode
de dosage utilisée, les valeurs normales peuvent varier un
peu. hypokaliémie : Kaliémie = Concentration en Potassium
du plasma sanguin.
Hypokaliémie : Baisse de la concentration en potassium
du plasma sanguin. Valeurs normales de la kaliémie vont de
3,8 à 5 meq/l (on prononce meq/l : milli équivalent par litre)
Une hypokaliémie induit une forte fatigue musculaire.
Acidose : Le sang a une acidité qui est constante.
On dit que le pH normal du sang est de 7,38 à 7,42. Toute
acidification est néfaste. Le sportif dont les muscles produisent
de l'acide lactique a un sang qui s'acidifie. Le sujet qui
n'élimine pas bien le gaz carbonique par insuffisance respiratoire
a également un sang acidifié.
Fibrose myocardique : Le cœur est surtout composé
de fibres musculaires. La membrane qui tapisse l'intérieur
du cœur et le muscle cardiaque lui même peuvent perdre leurs
qualités de souplesse et de contractilité en se laissant transformer
partiellement en tissu fibreux
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