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La manifestation
de la douleur du sportif blessé est souvent accompagnée
d'une mimique théâtrale devant un arbitre dont on cherche
à influencer la terrible décision.
Ils ne sont pas tous comme ça, heureusement, mais quand on
les voit courir comme des lapins trois minutes après avoir
manifesté si violemment leur souffrance, il nous arrive de
douter
L'accident le plus banal, et le plus facile à expliquer,
est la contusion musculaire.
Elle est évidente, tout le monde a vu les deux joueurs rentrer
violemment en contact.
Le sportif ressent une importante douleur, là où il
a subi le choc, et il a du mal à bouger les muscles concernés.
Ce n'est pas de la simulation, les dégâts peuvent avoir
des conséquences.
Nous ne parlerons ici que des petites contusions, dites " bénignes
"
Que s'est
il passé ?
Comparons le muscle à une orange entière à
laquelle on aurait ôté la peau épaisse, en la
laissant recouverte de sa fine peau blanche. Si on donne un coup
violent à la surface, sans la percer, quand on ouvrira cette
orange délicatement, on va retrouver des fibres éclatées
et du liquide autour de la partie intérieure abîmée.
C'est exactement la même chose pour le muscle qui a reçu
une contusion. Des fibres musculaires éclatent sous le choc,
des petits vaisseaux sanguins (capillaires) fins comme des cheveux,
voient leurs parois brisées, du sang se répand dans
la zone de contusion à plus ou moins grande profondeur dans
le muscle, c'est un hématome. Autour de la zone abîmée
de l'eau passe du sang vers les fibres et ça fait gonfler
un peu la partie blessée (dème)
Comme c'est la surface du muscle qui reçoit le choc le plus
violent, c'est par conséquent sa partie qui est sous la peau
qui présentera les signes les plus évidents.
Si l'hématome est important, il ne s'agit plus d'une contusion
bénigne. La contusion grave nécessite des soins plus
importants et un repos plus long.
Les nerfs sensitifs (qui transmettent sensations et douleur vers
le cerveau) sont stimulés. Ils se manifestent par la douleur
que ressent le sportif. A cause de cette douleur, de façon
réflexe, les muscles de la région refusent d'obéir
aux ordres, la partie qui souffre est comme paralysée pendant
un certain temps, comme si le corps lui imposait de ne plus bouger
afin de ne pas aggraver la situation.
Que constate
le médecin ?
Il constate que le sportif souffre réellement, et qu'il a
des difficultés à faire bouger les muscles de la partie
qui est atteinte car ça augmente la douleur.
La partie douloureuse est bien limitée à une zone
précise, où la peau est plus chaude que sur le reste
du muscle, si un certain temps s'est déroulé entre
l'accident et l'examen médical.
La peau de la zone douloureuse peut être légèrement
gonflée, cartonnée, c'est l'dème.
Si le sang qui s'est répandu dans le muscle (hématome)
est près de la peau, on verra aussi une tache rouge bleuâtre
appelée ecchymose. Si l'hématome est profond, on ne
le verra pas directement. On pourrait le mettre en évidence
grâce à l'échographie.
On constate que le muscle est légèrement contracturé,
et si on veut faire bouger sa masse, il " ballotte " moins
bien. Quand on le palpe, on le sent induré dans sa profondeur.
En effet, les muscles subissent une contracture plus ou moins importante
dès qu'ils souffrent, pour quelque raison que ce soit.
Que faire
?
Il faut appliquer immédiatement de la glace une bonne heure
sur l'endroit douloureux.
Puis c'est le médecin qui prend le relais.
Le sportif est laissé au repos un temps variable selon l'importance
de la lésion, de 5 à 10 jours, et il peut être
aidé par un bandage compressif, mais serré modérément.
Pour les contusions graves le repos peut durer un mois.
Les massages et la rééducation sont contre-indiqués
au début car ils favoriseraient de nouveaux saignements dans
le muscle qui se réparera tout seul.
Si les signes douloureux sont très importants, le médecin
peut demander une échographie.
Les médicaments anti douleur, anti dème et anti
inflammatoire sont prescrits ou non selon les cas par le médecin
qui est le seul à avoir jugé de l'importance de la
lésion. Les kinés pourront appliquer en temps voulu
la chaleur et les ondes courtes ou autres moyens.
Attention au moment de la reprise, car certains muscles douloureux
ont bloqué pendant quelques jours des articulations, comme
genou, cheville, hanche, épaule et coude, et il faudra les
rééduquer également en douceur.
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