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MORPHOTYPES

Vos amis vous ont ils classé dans les "courts sur pattes" ou dans les "giguasse" ? Quelle est votre morphologie ? Pour quels sports vos enfants sont-ils ou seront-ils doués ?

En patinage artistique, nous pouvons constater qu’il y existe une grande différence entre le russe Evgeni Plushenko et le canadien Elvis Stojko. Ce n’est pas du tout le même type d’homme. Plushenko vient de la danse classique, Stojko des arts martiaux !
Comme nous n’avons pas tous la même forme, le même aspect général, nous pouvons être classés selon notre morphologie en trois catégories ou morphotypes. La morphologie est la science qui étudie les formes. Ce morphotype qui peut se modifier pendant la croissance, permet d’orienter les enfants sur tel ou tel sport, mais plus souvent de déconseiller certaines pratiques sportives qui mettraient en danger la croissance en exposant les jeunes à des risques d’accidents notamment fracturaires.
Dans les critères retenus pour juger d’un morphotype, les spécialistes de médecine et de chirurgie de l’enfant font intervenir ce qui nous porte (train portant), ce qui est porté (train porté) et ce qui nous permet de nous mouvoir et d’agir (train préhenseur)
La train portant est formé des membres inférieurs qui supportent le bassin. Il faut tenir compte des os qui sont fragiles et bougent à grande vitesse dans les courses, ainsi que des articulations et notamment de la vulnérabilité des genoux plus que des hanches.
Le train porté est surtout formé de la colonne vertébrale qui porte la tête et tout le système nerveux. Tous les viscères de l’abdomen sont également portés, et amortis dans les mouvements brusques.
Le train préhenseur est fragile car c’est lui qui par des muscles permet de se mouvoir rapidement en nous exposant à des chutes qui pourront abîmer le train portant, par exemple les entorses articulaires et les fractures osseuses.
Les trois morphotypes sont : L’endomorphe, l’ectomorphe et le mésomorphe.

Endomorphes

On les traite souvent gentiment de « courtes pattes » Ces sujets ont un centre de gravité qui est bas car leurs membres inférieurs et les muscles des jambes, des cuisses, des fesses et du bassin et des lombaires sont courts, ronds, lourds et puissants. Ils expriment leur forte puissance de la ceinture et au dessous. Ces muscles développés limitent l’amplitude des articulations inférieures.
La puissance des membres inférieurs les oriente souvent vers le rugby et le football. Ils sont gênés pour les longues courses d’endurance, mais leur centre de gravité bas les avantage pour l’équilibre à point fixe. Ils sont doués pour le lancer, le ski, le judo.
Les endomorphes de grande taille peuvent pratiquer tous les sports cités mais auront une prédilection pour le lancer du poids, du disque, du marteau. Ceux de taille moyenne, s’ils sont rapides feront d’excellents rugbymen et les petits de bons judokas et lutteurs. Les petits sont pénalisés par leur taille.
La différence de puissance entre les membres inférieurs et le bas du dos fait qu’ils ont les lombaires en lordose (dos creux en dedans au bas du dos). Ceci fragilise leur charnière lombaire (lombalgies) Les genoux sont également fragiles puisque souvent légèrement désaxés en déviation de la jambe vers l’extérieur. Ils sont aussi limités en amplitude par l’importante masse musculaire.

Ectomorphes

C’est le cas inverse du précédent avec un centre de gravité très haut. Ces sujets ont des membres inférieurs très longs. Leur musculature est longue et fine, les articulations sont fragiles et faciles à luxer. Leur colonne vertébrale est plus souvent atteinte de scoliose (incurvée à droite et à gauche)
Ces sujets sont doués pour les sports d’endurance et demandant de grandes amplitudes, les sports dans lesquels il faut plus d’élasticité que de force : GRS, saut, danse, fond et demi-fond.
Les grands s’orientent naturellement vers le volley, le basket et parfois le handball. Les moyens se retrouvent dans le saut, saut de haies, ski de fond et course de fond et demi-fond. Les sujets de petite taille seront de bons coureurs de fond, des cyclistes, on les retrouve dans l’escalade, la gymnastique rythmique et la danse.
La colonne vertébrale et certaines articulations sont fragiles.
On les traite quelques fois de « grands dégingandés » et ils donnent l’impression d’être maladroits quand ils déploient leurs membres pour faire certains gestes.

Mésomorphes

Ils sont constitués avec des proportions équilibrées entre le train portant et le train porté. Leur centre de gravité est intermédiaire entre les deux cas précédents. Ils ont des muscles puissants, souples, élastiques et équilibrés. Les articulations ont une amplitude correcte. Rien chez le mésomorphe ne le prédispose à pratiquer tel sport plutôt que tel autre. C’est souvent sur la taille ou des prédispositions personnelles que se fera le choix.
Ceux de petite taille se retrouveront en gymnastique et sports acrobatiques, ceux de taille moyenne iront vers tous les sports sauf ceux pour lesquels il faut être grand, et ceux de grande taille seront orientables sur toutes sortes de sports, sauf les sports acrobatiques.
Leur morphologie les protège de toute fragilité.

Remarques importantes

Ces critères de classement sont un peu caricaturaux, car on sait bien qu’il existe des sportifs que l’on ne peut classer aussi facilement, dont la morphologie est un mélange de notre classification restrictive. Il existe des ecto-endomorphes…et c’est naturel.
De plus, chez les enfants, la croissance peut faire passer d’un type à un autre. Le centre de gravité peut rapidement s’élever avec l’âge. A la puberté chez le garçon, quand les membres inférieurs grandissent, on passe vers l’ectomorphe, puis on revient au mésomorphe quand le garçon prend des épaules. Par contre, chez la fille, comme à la puberté c’est le bassin qui s’élargit, il y aura alors tendance à un retour vers l’endomorphe.
La pratique d’une activité sportive dès le jeune âge pourra faire évoluer dans le bon sens l’équilibre corporel, sans s’opposer ni contrecarrer la morphologie de base. Il sera par exemple intéressant de développer les épaules et le thorax d’un endomorphe. La pratique abusive de la course de fond ne lui apporterait que des problèmes de genoux.
En réalité, le suivi de l’enfant sera important pendant sa croissance, surtout s’il pratique un sport qui provoque un surmenage de la colonne vertébrale.
Il existe des spécialistes qu’il faut savoir consulter.

Lecture conseillée : Les traumatismes du sport chez l’enfant et l’adolescent, sous la direction de A. Dimeglio. Masson éditeur 1997

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